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Coptasa : priorité au sanitaire

La Coptasa - coopérative d'estive collective cantalienne - renforce encore son règlement sanitaire, notamment sur la traçabilité.

Vaches laitières dans un pâturage de montagne
En dix ans, la coopérative a volontairement réduit les effectifs accueillis de 500 têtes.
© Patricia Olivieri

La Coptasa est l’une des estives collectives françaises à avoir pris très tôt à bras-le-corps la question du 
sanitaire dans son règlement intérieur, faisant figure de pionnière d’ailleurs. Dès 2018, elle était ainsi agréée “groupement pastoral indemne IBR” et son règlement sanitaire n’a cessé de se renforcer depuis avec des dispositions relatives à la BVD (seuls les bovins non IPI sont acceptés) et à la besnoitiose (sérologie négative pour les 
bourrettes, doublonnes et vaches). Mais en matière sanitaire, le risque zéro n’existe pas, a rappelé Georges Lours, président de la coopérative d’estives réunie en assemblée générale le 27 mars à Aurillac. Ainsi, huit veaux de génisses ayant estivé sur l’unité de Pradiers ont été détectés positifs à la naissance, ce qui laisse supposer une circulation virale transitoire en estive sans signes cliniques apparents au moment des faits, comme l’a expliqué Justine Gaudré, vétérinaire conseil du GDS. La maladie a ainsi probablement été transmise à des doublonnes gestantes d’un lot par un ou plusieurs animaux non IPI virémiques transitoires. 

Lire aussi Coptasa : la sécurité sanitaire comme priorité

Épisode BVD en 2025

“Entre le 30e et le 130e jour de gestation, une femelle crée le système immunitaire du fœtus et si elle a été contaminée pendant cette phase, elle peut créer un IPI qui va fortement excréter le virus toute sa vie, les IPI sont des bombes à retardement pour tout le troupeau”, a-t-elle détaillé. Avec un impact sanitaire majeur (avortement, infertilité, mortalité embryonnaire). Sept élevages sont concernés par cette contamination dont la Coptasa n’est en rien responsable ; des élevages au sein desquels une centaine de vêlages potentiels sont encore à venir. Les éleveurs ont été contactés, des conseils de biosécurité leur ont été délivrés et le conseil d’administration de la Coptasa a décidé de prendre en charge les analyses sérologiques requises pour les animaux qu’ils souhaitent estiver pour cette campagne, a précisé Laurent Bouscarat, directeur. Surtout, cet épisode vient souligner que la recommandation du règlement sanitaire de vacciner les femelles avant la mise à la reproduction n’a rien de superflu.

DNC : mouvements tracés et introductions à éviter

Et dans cette période où les épizooties se succèdent, dont la redoutée DNC, la responsabilité individuelle comme collective est plus que jamais de mise, en faisant preuve d’anticipation. C’est ce qui a poussé la Coptasa à solliciter auprès de l’Arsoe un développement du logiciel Synel afin que les éleveurs puissent annoncer sur cet outil les animaux qu’ils projettent d’estiver. C’est une évolution du règlement sanitaire 2026 de la Coptasa ses adhérents (80 % utilisent Synel), sachant qu’une fois les bovins effectivement transhumés, il convient de notifier les animaux réellement montés à l’estive. Ce développement, financé par l’EDE, est ouvert à toutes estives collectives intéressées (celle du Limon et du Mont Mouchez vont l’utiliser) et pourrait servir à tracer tous les mouvements, y compris ceux au sein d’une même exploitation (entre son siège et sa montagne par exemple). La réflexion est en cours au sein d’un groupe de travail associant la Chambre d’agriculture, la DDT, la DDCSPP et le GDS. 
Pour se prémunir de la dermatose nodulaire bovine, en lien avec le GDS, la Coptasa demande à ses adhérents d’éviter d’introduire un nouvel animal dans l’élevage (de même que les retours de pension ou rassemblements) dans les 45 jours précédant la montée en estive. C’est en effet la durée d’incubation maximale de la DNC. Et sur les unités pastorales de la coopérative, le pâturage alternant sera pratiqué vis-à-vis de parcelles du voisinage, ou à défaut, une double clôture sera implantée.
 

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