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Conseil départemental : sortie de route pour les agents qui font part de leurs appréhensions face aux élus

Vendredi, avant que s’ouvre la séance publique, les agents départementaux en charge des routes, qui manifestaient, ont présenté leurs doléances aux élus.

Un “contexte anxiogène” qui a conduit à une manifestation qui pourrait être suivie d’autres actions.
Un “contexte anxiogène” qui a conduit à une manifestation qui pourrait être suivie d’autres actions.
© R. S.-A.

C omité d’accueil pour les élus de l’Assemblée départementale. Sur le parvis de l’Hôtel du département, les agents techniques chargés des routes avaient enfilé leur gilet orange et brandissaient les drapeaux rouges de la CGT. Le président du Conseil départemental a accepté que, non pas une simple délégation, mais que tous les manifestants montent dans la salle Pierre-Raynal pour faire entendre leurs craintes à tous les élus du Département, par la voix de leur représentant syndical.
Cette journée du 15 novembre est symbolique a deux titres : les conseillers départementaux ouvrent les débats des orientations budgétaires ; tandis que c’est le premier jour des astreintes systématiques hivernales pour les agents(1). Objectifs de la manifestation : tenter d’infléchir certaines décisions relatives, notamment, à la mutualisation des moyens, aux conditions de travail, mais aussi d’alerter sur des projets inquiétants nourris par le gouvernement et d’entendre les réponses du président.

“Faire face aux difficultés plutôt que de les fuir”

Michel Soulié, porte-parole, reproche à ses employeurs de faire confiance à une étude dont les conclusions n’auraient pour objet que d’abonder dans le sens de ceux qui l’ont commandée. “Rien n’apportera une amélioration, ni du niveau de service que les Cantaliens sont en droit d’attendre, ni des conditions de travail des agents concernés.” À regret, il rappelle que deux ans plus tôt, l’assemblée avait déjà validé une réorganisation “qui pouvait améliorer le service de proximité, mais qui n’a jamais été mise en œuvre”. Selon Michel Soulié, tel qu’il est proposé, le nouveau plan prévoit des fermetures de centres routiers qui induiront des délais d’intervention plus long ; la privatisation de certaines missions (curage de fossés, élagage, signalisation horizontale, traitement des revêtements...) ; des mises en danger du personnel (par la réduction des effectifs avec un agent par engin, par exemple) ; des “mutualisation inutiles, sauf à affirmer que les agents n’ont pas assez de missions à effectuer” ; etc.
Pour le président Faure, dans le contexte toujours très contraint des finances,  “l’assemblée a décidé de faire face aux difficultés plutôt que de les fuir. On n’a pas le droit de ne pas s’interroger sur l’ensemble de nos politiques publiques (...) ; je ne m’en suis pas caché lorsque je me suis rendu sur les centres techniques”. Son souci : conserver le même niveau de qualité à l’usager - voire l’améliorer - sans dépenser plus, conformément au Pacte financier passé avec l’État. “J’attends que celles et ceux qui font partie des groupes de travail me remontent leurs propositions. Autant il me semble difficile que vous vous opposiez à l’engagement d’un travail de réflexion, autant je comprends qu’il puisse engendrer des inquiétudes, des appréhensions.”

Le Département ne veut pas de la RN 122


À propos d’inquiétudes, Michel Soulié n’a pas manqué d’interpeller les élus départementaux sur un possible transfert du réseau routier national (voir notre édition précédente). “Par rapport à la RN 122, nous avons la même interrogation. Mais comme tous les départements de la Région Aura, nous avons porté le message auprès des ministères que nous refusions ce transfert... tant que l’État nous associe à la réflexion. Si un transfert était validé par la loi, nous n’aurions plus de droit de cité”, relève Bruno Faure.
En revanche, le président reste perplexe face aux remarques des manifestants sur l’intégration prochaine d’un nouveau bâtiment à proximité d’Aurillac, au lieu-dit Les 4 Chemins (investissement de 1,33 million pour 1 500 m2 couverts sur une parcelle de 11 000 m2), qui vise, certes à rationaliser le patrimoine immobilier, mais surtout à améliorer les conditions de travail.

(1) “Le personnel d’astreinte a fait le choix du service public plutôt que le rassemblement ici”, a tenu à préciser le porte-parole syndical.

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