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Avant l'installation
Conjuguer racines et horizons lointains... Irlande, Californie, Estonie...

Avant de s’installer en agriculture, Nicolas Bombal (23 ans), se forge  une trajectoire entre élevage familial, formation d’ingénieur et ouverture à l’international. Autre jeune Cantalien, Baptiste Bruel revient lui d’un stage en Californie, changé et motivé.

Deux jeunes garçons aux activités liées à l'agriculture.
Après de nombreux stages, dont un en Irlande, Nicolas Bombal est alternant au sein de la coopérative Altitude. Baptiste Bruel , lui, réalisé son rêve de partir en Amérique.
© Renaud Saint-André

Expériences à l'étranger avant de s'installer

S’il trace aujourd’hui une voie solide vers l’avenir, Nicolas Bombal n’a rien d’un jeune homme pressé. À l’aube de ses 23 ans, il privilégie les projets mûris, les expériences solides et les engagements cohérents. “Le but, c’était de travailler à l’extérieur avant de passer à l’installation”, explique-t-il. 

Fils d’éleveur de salers à Prunet, il a grandi au rythme des vêlages des 150 vaches, des travaux sur les 130 hectares de l’exploitation familiale et des montées sur les 70 hectares d’estive à Pradiers. Bac STAV au lycée Georges-Pompidou d’Aurillac, BTS Productions animales à La Roque, à Rodez : un choix inspiré par son père. 

Ce BTS, mon père l’avait fait dans le même établissement. Et puis l’Aveyron, moi, ça m’a toujours attiré : c’est déjà un peu le sud !”, sourit-il. Mais plus que le cadre, c’est la passion du métier qui oriente ses choix. Dès le bac, il effectue un stage au Gaec Serre de Fageolles, près de Mauriac, en production mixte. 

Stages en fermes

En BTS, il part en Saône-et-Loire, à plus de 200 km de chez lui, sur une exploitation charolaise. “Le lien a été facilité par un marchand de bestiaux.” Il complète sa formation avec deux semaines en production porcine au Gaec du Puech-Laborie à Badailhac, puis huit semaines dans le groupe Altitude, pour plancher sur les coûts alimentaires des très jeunes bovins (TJB). 

À la fin de son BTS, il souhaite se perfectionner en alternance. Ses enseignants l’encouragent à viser plus haut qu’une licence pro. 

Mes profs ont pensé que je pouvais aller plus loin, ils m’ont conseillé d’essayer de passer le concours d’ingénieur.” Nicolas Bombal (23 ans)
 

Il tente sa chance, choisit trois écoles et est reçu à VetAgro Sup Clermont-Ferrand, son premier choix. “J’ai été pris directement à Clermont.” Il lui faut alors trouver une entreprise d’accueil en alternance. “J’ai fait plusieurs demandes dans le secteur Aveyron-Auvergne, Corrèze...” C’est finalement Altitude qui lui confie une mission de trois ans : élaborer des bilans carbone sur des élevages volontaires et construire des plans d’action pour réduire leur empreinte. 

En terres irlandaises

L’été dernier, il sollicite une pause pour ajouter une expérience à sa formation : un stage à l’étranger. Son maître de stage, Sébastien Salat, l’aide à trouver une place en Irlande, au sein de l’organisme Teagasc, équivalent de l’Inrae, sur une ferme expérimentale ovine. “Mon stage était axé sur la recherche liée aux émissions de gaz à effet de serre.” Une immersion aussi riche sur le plan scientifique qu’humain, qui lui permet aussi de relever un défi personnel : améliorer son anglais, indispensable pour décrocher son diplôme d’ingénieur agronome en septembre prochain. 

Il n’oublie pas son objectif initial : revenir un jour sur l’exploitation familiale, aujourd’hui tenue par son père et son oncle. Pas tout de suite, pas à la hâte, mais dans dix ou 15 ans, “quand un des deux associés partira en retraite”.  Il veut éviter les installations précipitées : “Si c’est pour acheter du foncier en plus pour un jour finir tout seul, ça vaut pas forcément le coup.”     

Baptiste Bruel devenu glob-trotter

Baptiste Bruel (21 ans en septembre) incarne également la nouvelle génération avide d’expériences à l’étranger. Originaire d’Arpajon-sur-Cère, ce fils d’agriculteur a déjà un parcours, marqué par la curiosité et l’audace. Après un bac général au lycée agricole Pompidou - spécialités biologie et mathématiques - Baptiste intègre l’école d’ingénieurs de Purpan, à Toulouse. 

“Un peu perdu, comme tout le monde”, au moment de son orientation, il est séduit par la diversité des débouchés offerts par cette école.  “On part de l’agriculture, mais avec une ouverture sur une  multitude d’autres domaines”, explique-t-il. Si l’exploitation familiale  -  l’EARL de Combelles, tenue par son père Jean-François Bruel - reste un horizon lointain, le jeune homme préfère “multiplier les expériences” avant d’y songer sérieusement. 

Le rêve américain

Une “obligation” de séjour dans un pays anglophone pour valider le Toeic (certification d’anglais professionnel) tombe à pic pour Baptiste, passionné par les États-Unis.  La “banque de stages” que propose l’école dispose justement de quelques places dans les domaines viticoles, autre centre d’intérêt depuis la découverte de ce secteur d’activité, dans l’Aude.  

En 2023, il décolle donc pour la Californie et rejoint le domaine viticole Gary Farrell, à 1 h 30 de San Francisco. Pendant trois mois, il participe à l’entretien des vignes, à l’embouteillage et surtout aux analyses de raisins. “Un gigantisme à la mode américaine, et une certaine liberté”, résume-t-il. 

Financièrement avantageux

Le stage est aussi financièrement avantageux : payé 20 dollars de l’heure (contre 4 € en France), avec des majorations pour heures supplémentaires - pouvant aller jusqu’au double - il profite d’une rémunération rare pour un stagiaire. Il garde un souvenir enjoué et inoubliable de l’ambiance au sein d’une équipe très cosmopolite, “avec des Argentins, des Allemands, des Indiens”...

Une super période, peut-être les trois mois les plus beaux de ma vie”. Baptiste Bruel (21 ans). 

Au-delà des compétences techniques, ce stage lui offre une leçon d’humilité. “Quand on est trop sûr de soi, convaincu qu’ici on sait tout faire, qu’on est les meilleurs, partir à l’étranger remet les idées en place. On découvre d’autres compétences, d’autres façons de travailler.” Une richesse humaine et professionnelle qu’il veut prolonger. 

Multiplier les expériences : une chance pour l'avenir

En septembre 2024, après un semestre à Purpan, il partira six mois en Estonie, via le programme Erasmus, pour étudier l’ingénierie agricole à Tartu, ville étudiante réputée. Puis viendra l’année de professionnalisation, en alternance. Un père fier et encourageant Jean-François Bruel, son père, soutient sans réserve ces choix. 

L’agriculteur voit dans les expériences de son fils un atout, lui qui regrette de ne pas avoir pu faire un BTS  : “Car le métier a changé, il faut être mécano, secrétaire, plombier, vétérinaire... Voir d’autres choses ne peut qu’aider.” Baptiste le reconnaît : il a de la chance. Mais son message est clair : “Toutes les expériences, quelles qu’elles soient, lointaines ou plus proches, sont bonnes à prendre.” Il encourage les jeunes à oser sortir de leur zone de confort, afin de revenir avec un bagage enrichi.

 

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