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Conjoncture agricole : entre stabilité et défis sanitaires pour la filière bovine

Les éleveurs bovins se sont retrouvés à Tulle pour une réunion départementale d’échanges et d’informations.

La filière bovine traverse une période marquée par des défis structurels et conjoncturels. Entre la baisse des disponibilités, une reprise dynamique sur certains segments, et des enjeux sanitaires complexes, les éleveurs doivent s’adapter à un contexte en constante évolution.

Une décapitalisation ralentie, mais persistante

Au 1er septembre 2024, le cheptel bovin allaitant affichait une baisse de 1,5 % par rapport à 2023. Cette tendance, bien que moins marquée qu’en 2022, reste préoccupante. La baisse des naissances, concentrée sur le premier semestre 2024, atteint 76 000 veaux par rapport à la campagne précédente.

Sur les abattages, on observe une dynamique contrastée :

• Les abattages de jeunes bovins viande (JB) augmentent de 2,5 %, soutenus par une bonne demande.

• En revanche, les abattages de vaches laitières reculent de 1,5 %, et ceux de vaches allaitantes se stabilisent malgré des disponibilités limitées.

Un marché du maigre sous tension

Les broutards profitent d’une forte reprise de la demande européenne, notamment en Espagne et en Italie. Toutefois, l’offre réduite limite les exportations vers les pays tiers. Seules 6 000 têtes ont été expédiées cette année vers la Tunisie et 1 500 la Libye. Le marché algérien quant à lui reste fermé aux exports français par décision politique. La perspective de nouveaux marchés sera sûrement du côté de la Turquie qui ouvre progressivement ses portes aux animaux français.

Les prix des animaux maigres connaissent une hausse notable, portée par la demande nationale et européenne. Les éleveurs bénéficient également d’une stabilisation des prix pour les femelles allaitantes malgré les pressions observées sur les laitières.

Un prix de revient toujours insuffisant mais qui se rapproche des cotations

Le constat est là : la stabilité voir l’embellie des cotations pour certains segments, ne permet toujours pas de couvrir la hausse des charges subie par les éleveurs sur l’année écoulée. L’écart entre coût de production interprofessionnel et cotation ne diminue que très légèrement sur les diverses catégories animales. Les signes d’une amélioration de la rémunération des éleveurs bovins ne sont pas tout à fait au rendez-vous.

Avec un coût de production en légère baisse en août (-1,2 point sur l’IPAMPA viande bovine), les marges pourraient s’améliorer. Cependant, la vigilance reste de mise face à la volatilité des marchés et aux enjeux sanitaires.

La filière bovine française, malgré des signaux positifs sur certains segments, doit faire face à des défis multiples : gestion de l’offre, pressions sanitaires, et maintien de la compétitivité sur un marché européen en mutation. Les éleveurs attendent des actions ciblées pour accompagner la transition et sécuriser l’avenir de la production bovine.

A lire aussi => https://www.la-viande.fr/economie-metiers/economie/chiffres-cles-viande-bovine

Laurent Boisset, Président de la section bovine de Corrèze déclare :

Je tiens à alerter tout particulièrement sur la situation sanitaire préoccupante de notre département."

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