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FNO
Congrès FNO : "La contractualisation donne des perspectives d'avenir à notre métier"

Cinq intervenants ont débattu sur l'application, en filière ovine, de la contractualisation rendue obligatoire par la loi Egalim II.
Retour sur la table ronde du 75ème congrès de la FNO.

 La table ronde était animée par l'agence Excepto, société qui édite votre journal la Haute-Loire Paysanne.
La table ronde était animée par l'agence Excepto, société qui édite votre journal la Haute-Loire Paysanne.
© © HLP

L'un des grands temps forts de ce congrès fut la table ronde qui s'intéressait aux enjeux et perspectives de l'application de la contractualisation obligatoire en ovins lait et viande. La FNO avait invité Alexandre Saunier, membre du bureau FNO, Jean-François Cazottes de France Brebis Laitière, François Monge de la coopération agricole, Emmanuel Fontaine des OPNC (Organisation de Producteurs Non Commerciales) et deux experts techniques (Théo Gning et Vincent Bellet). Un intervenant manquait, celui qui représentait la distribution... Une absence remarquée et jugée peu surprenante en cette période d'application de la loi Egalim 2... Rappelons que la loi s'applique dès le 1er octobre 2022 en lait de brebis et dès le 1er janvier 2023 en viande ovine
Alexandre Saunier a rappelé toute l'importance de cette loi qui vise "une amélioration du revenu et de la qualité de vie des éleveurs". Alors certes, "le changement fait peur, aux éleveurs comme aux opérateurs d'ailleurs. Car c'est un gros changement dans les habitudes de commerce". Du côté de la coopération agricole, la loi Egalim 2 va dans le sens du travail des coopératives : "il nous suffira d'intégrer les indicateurs dans les contrats dont disposent déjà les agriculteurs et de faire évoluer le règlement intérieur des coop" explique François Monge. Quant aux OPNC, Emmanuel Fontaine signale une certaine crainte à l'égard des contrats "mais le contrat existe déjà dans certaines filières. Ce sera donc une simple formalisation".
En ovins lait, la contractualisation existe déjà à hauteur de 70%. "La loi a donc été accueillie plutôt favorablement. A l'heure actuelle nos coûts de production explosent (+150€/1000 L), il est donc capital de pouvoir bénéficier de cette loi !" affirme Jean-François Cazottes qui annonce la préparation d'un guide des bonnes pratiques contractuelles pour accompagner les acteurs de la filière dans sa mise en œuvre.

Dérogations
La FNO entend par ailleurs demander quelques dérogations à la contractualisation obligatoire pour certaines catégories d'ovins (plus de 12 mois (réformes), pour les chiffres d'affaires inférieur à 200 000 €, pour les ovins de moins de 12 mois qui partent pour la boucherie/engraissement, pour les petits lots d'agneau dont le chiffre d'affaires est inférieur à 5000 €). Sur ce point Yannick Fialip, membre du bureau de la FNSEA et grand témoin de cette table-ronde, a conseillé "de ne pas trop déroger à la contractualisation sinon tout fonctionnera comme avant !".
La contractualisation qui prévoit la fixation d'un prix en marche avant en intégrant les coûts de production permettra de mieux rémunérer l'éleveur. Et en la matière, la FNO défend un revenu atteignant 3 SMIG.
Egalim 2 rend le contrat obligatoire mais ceux qui passent outre seront-ils sanctionnés ? Un jugement récent intervenu en bovins lait montre que les sanctions pourraient tomber "à l'image du groupe Savencia condamné à 26 millions d'€ de pénalités pour non respect de la loi" explique Yannick Fialip. D'autre part dans le cadre d'un contrat, le prix de la matière première agricole ne pourra pas faire l'objet d'une négociation entre industriels et distributeurs ; une forme de sécurité pour l'amont. Enfin, la FNO a confié sa volonté de pouvoir établir  à terme des contrats tripartites, jusqu'au distributeur.

Le contrat : un outil à saisir
Tous les intervenants se sont accordés sur la nécessité de contractualiser et ont encouragé les éleveurs à saisir cet outil à disposition. "Dépêchez-vous de contractualiser car, demain, je suis sûr que l'on va vivre une pénurie de viande !" a confié le grand témoin.
"Notre métier a un prix. Si on veut pérenniser la filière ovine, on aura besoin des nouvelles générations d'éleveurs, de perspectives et de stabilité. Or la contractualisation donne des perspectives d'avenir à notre métier" a conclu la présidente de la FNO, Michèle Boudoin.
 

 

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