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Congrès FNB : Le ministre de l’Agriculture secoué par des éleveurs «à poil»

Les producteurs de viande bovine étaient réunis, la semaine dernière à Bourg-en-Bresse, dans l’Ain, à l’occasion du congrès de la Fédération nationale bovine (FNB).

aLes JA en mode déshabillés : une manière spectaculaire de dire au ministre que les paysans se
retrouvent à poil, dépouillés par la chute des cours, éreintés par la hausse des charges et les tracasseries administratives.
aLes JA en mode déshabillés : une manière spectaculaire de dire au ministre que les paysans se
retrouvent à poil, dépouillés par la chute des cours, éreintés par la hausse des charges et les tracasseries administratives.
© APASEC

C’est dans un contexte explosif que s’est tenu, la semaine dernière, le congrès de la FNB. A l’heure où les trésoreries des éleveurs sont plus qu’exsangues, où les perspectives de prix sont incertaines et où les mesures du plan d’urgence annoncées en septembre dernier tardent à se concrétiser, le cahier de doléances des représentants des éleveurs était copieux.«Vous êtes responsable en tant que ministre de la situation. Les pouvoirs publics ont tardé à prendre conscience de l’ampleur de la crise», a lancé Jean-Pierre Fleury, le président de la FNB à l’adresse de Stéphane Le Foll. Un ministre qui s’est dit habitué des sifflets et des huées… Autant dire qu’à Bourg-en-Bresse, il en a pris pour son grade.


Faire bouger les choses à Bruxelles

«Les intentions sont bonnes», notamment en matière d’année blanche a convenu Jean-Pierre Fleury, mais pour préciser aussitôt «que l’argent n’est pas suffisant». Sur l’étiquetage de l’origine de la viande dans les pro- duits transformés, Jean-Pierre Fleury a estimé qu’il fallait «y mettre les moyens notamment à Bruxelles». Toujours à Bruxelles, le ministre serait bien inspiré selon le président de la FNB, de regarder ce qui se passe en matière de politique agricole : «La signature des accords de libre-échange, hier avec le Canada, aujourd’hui avec les États-Unis, demain avec le Mercosur par la Commission européenne est plus qu’inquiétante».


Installations classées

Aux pouvoirs publics, il est également reproché de ne pas procéder aux contrôles et aux sanctions sur les manquements aux relations commerciales, comme le prévoit la loi.Accumulation des normes et des règlementations, rejet des dossiers calamités sécheresse, déclarations PAC chaotiques, gestion calamiteuse de la FCO… Les raisons de la colère des éleveurs sont multiples. Et force est de constater que le ministre a été bien en peine de l’apaiser. Dans l’Ain, il a annoncé la parution imminente d’un nouveau décret sur la pesée/classement/ marquage pour moraliser les relations commerciales entrel’éleveur et l’abatteur. Ce texte à paraître prochainement fixera un laps de temps pendant lequell’éleveur pourra accepter ou contester le classement de ses animaux. Le ministre a par ailleurs annoncé un assouplissement du régime des installations classées pour l’environnement (ICPE). Sur le modèle déjà en vigueur pour le porc et la volaille, un régime d’enregistrement va se mettre en place entre 400 et 800 places. Stéphane Le Foll a également confirmé qu’il allait publier un décret sur l’origine des viandes dans les produits transformés, sans attendre le feu vert de Bruxelles.

Sophie Chatenet

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