Aller au contenu principal

SANITAIRE
Concours et sanitaire, ce qu'il faut savoir avant de se lancer

Les concours sont sources d'enjeux mais peuvent être aussi des évènements à risques au niveau sanitaire.

concours bovin
Les cheptels participants doivent être officiellement indemnes de brucellose, leucose, tuberculose, en appellation indemne d’IBR et ne pas être infectés de BVD.
© Mélodie Comte

Les rassemblements d'animaux sont des évènements importants pour valoriser le travail quotidien des éleveurs. Concours, comices, expositions, foires et marchés sont de belles opportunités pour créer du lien et gagner en notoriété. Toutefois, il est primordial de concilier lors de ces manifestations les enjeux de la compétition avec ceux du sanitaire. Chaque élevage possède des micro-organismes qui lui sont propres (microbiome), influencés par le régime alimentaire, l'environnement, les pratiques d'élevage et la génétique des animaux. Cette diversité microbiologique peut être bénéfique mais peut également représenter un risque lorsque des animaux provenant de différents élevages se retrouvent en contact lors de rassemblements. Ceux-ci peuvent parfois être la source de transmission rapide de micro-organismes pathogènes. Les conditions de stress, de promiscuité et de déplacement favorisent la propagation des agents infectieux augmentant la diffusion de maladies contagieuses. C’est pourquoi les organisateurs d’évènement, le GDS et les services de l’Etat échangent régulièrement sur les éventuels dangers sanitaires.

 

Comment s’organise un concours sur le plan sanitaire ?

  • L’organisateur d’une manifestation doit déclarer au moins 7 jours avant, auprès des Services Vétérinaires, les conditions de son déroulement et de surveillance. Un vétérinaire sera alors désigné.
  • L’organisateur définit son règlement sanitaire seul ou en lien avec le GDS pour ensuite le communiquer aux éleveurs. Il est responsable de l’évènement et des risques associés. 
  • Les éleveurs réalisent les analyses attendues en lien avec leur vétérinaire et signent le certificat sanitaire. La traçabilité de l’élevage et des animaux, ainsi que le respect des délais de prélèvement (souvent dans les 21 jours avant le rassemblement) sont essentielles pour valider la participation des animaux aux concours.
  • L’ensemble des documents est ensuite transmis au laboratoire. La vérification des résultats est assurée par le GDS, puis en fonction des résultats d’analyses et de la concordance des animaux prélevés avec ceux que l’éleveur a inscrit sur le certificat sanitaire. Le GDS valide ou non la participation des animaux. 
  • Pour finir, le jour du déchargement des animaux, une personne de l’organisation est en charge de contrôler les animaux et de vérifier administrativement le certificat sanitaire validé par le groupement de défense sanitaire. Ce dispositif permet de garantir une sécurité sanitaire collective.

Le non-respect de ce processus engendrera une suspension du statut IBR de tous les cheptels participant à la manifestation. Le risque d’infection potentiel sera écarté après recontrôle de l’intégralité des animaux. Les troupeaux participant à des rassemblements non autorisés verront également leurs statuts suspendus.

 

Comment objectiver le risque sanitaire et identifier les dangers ?

Le danger est différent du risque. On entend par danger tout événement de santé indésirable tel qu'une maladie, un traumatisme, un handicap ou un décès. Le risque est une probabilité. En d’autres termes, il indique la possibilité de voir le danger se réaliser à la suite d’une exposition à l’« agresseur ». Sans exposition à cet agresseur, le risque est égal à zéro.

Ainsi, il faut distinguer le danger du risque pour mener une réflexion. Par exemple le danger est représenté par les pathologies qui peuvent entraîner la mort de l’animal et/ou des pertes économiques importantes. Le risque étant dans ce cas-là l’infection du troupeau par ces pathologies.

 

Le risque est caractérisé par trois critères :

  • La probabilité/fréquence que se produise un événement non souhaité. La prévalence d’une maladie à l’échelle nationale, régionale ou départementale permet d’objectiver au mieux une situation.
  • La gravité des conséquences potentielles de cet événement, en termes de dommages, pertes financières, etc. pour une exploitation.
  • Les mesures de protection existantes, qui sont pour la réalisation d’un rassemblement la réalisation d’analyses (IBR, BVD, Besnoitiose, MHE, FCO…) et la mise en œuvre de mesures de biosécurité, exemple : quarantaine. Les règles de gestion (réglementation) d’une maladie sont également des éléments complémentaires à prendre en compte.

Les certificats sanitaires sont donc différents en fonction des organisateurs, de l’analyse de risques réalisée, et du contexte sanitaire global (MHE et FCO par exemple).

 

Toutefois, pour les bovins, certains critères sont obligatoires pour tout rassemblement :

  • Les cheptels participants doivent être officiellement indemnes de brucellose, leucose, tuberculose, en appellation indemne d’IBR et ne pas être infectés de BVD
  • Les animaux doivent être identifiés, avec un passeport et une carte verte valides et être en bonne santé ;

Les organisateurs font ensuite le choix des analyses complémentaires à réaliser (IBR, BVD, Besnoitiose, FCO, MHE, paratuberculose, néosporose ou autres).

Pour les petits ruminants (ovins/caprins), les cheptels doivent être officiellement indemnes de brucellose, et les animaux doivent être en bonne santé (exempts de parasites).

Le GDS recommande la réalisation d’analyses (IBR, BVD, Besnoitiose, MHE, FCO ou autres selon le contexte) et la mise en œuvre de mesures de biosécurité pour éloigner les dangers. De plus, les coûts analytiques par rapport à la gravité potentielle d’une infection pour un élevage renforcent cette recommandation. La balance bénéfice/risque est souvent en faveur des analyses sanitaires qui sont un excellent moyen de gagner en sécurité sanitaire.

 

Les plus lus

Deux attaques de loup dans le Puy-de-Dôme

Deux attaques de loup ont eu lieu à Perpezat dans le Puy-de-Dôme les nuits du 8 et 9 mai. Elles viennent s'ajouter à celle…

Deux génisses salers croisées au pâturage.
Perles du Massif : pourquoi Jean-Paul Bigard a sollicité la FDSEA du Cantal ?

Jeudi 6 juin, le PDG du groupe Bigard en personne sera à Trizac pour présenter la filière de génisses bouchères “Perle du…

une urne et des bulletins de vote
Le panorama législatif cantalien se dessine petit à petit

Le dépôt officiel des listes sera bouclé ce dimanche soir en préfecture. En attendant, les binômes se dévoilent peu à peu…

Chassé-croisé de mai, à l'estive de Récusset

La “fête” de l’estive à la Coptasa, c’était cette semaine avec la montée d’une bonne partie des bovins sur les unités de…

Hôtellerie-restauration dans le Cantal : début de saison pourri

Début de saison touristique compliqué pour le secteur CHR dans le Cantal, remontés contre l’implantation de chaînes nationales…

Deux personnes attablées en extérieur
Pourquoi leur aventure se poursuivra loin du Cantal ?

Élevage limousin réputé, ferme-auberge et innovations agrotouristiques (tente bulle, food-truck, etc.) auront marqué le…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière