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Comment sauvegarder le potentiel de production des prairies ?

Impact du piétinement autour des zones des râteliers.
Impact du piétinement autour des zones des râteliers.
© CDA 23

Après les conditions particulièrement sèches subies dans le Limousin jusqu'en octobre 2018, on constate un verdissement de l'herbe sur les prairies temporaires récentes et bien fertilisées. Un pâturage bien géré sur ces parcelles permettra de limiter l'affourragement au champ tout en préparant une bonne production sur la campagne 2019.

Quel chargement faut-il prévoir ?
Au maximum 1 UGB/ha

Pâturage continu ou tournant ?
Le tournant s'impose en découpant la surface pâturée en 6 paddocks (minimum).

Comment découper les paddocks ?
La portance (et donc la fragilité du couvert végétal) détermine le positionnement des clôtures qui limitent chaque paddock. Les prairies les plus fragiles sont les jeunes prairies de moins de 2 ans les plus humides ainsi que celles dont le couvert a été dégradé par la sécheresse. Chaque paddock devrait disposer d'une aire abritée pour le couchage des animaux (surtout pour les jeunes veaux en condition pluvieuse), l'idéal consistant à disposer de bosquets ou de haies hautes. En l'absence de ces éléments, l'éleveur peut créer une zone de couchage avec de la paille ou des plaquettes de bois.

Comment organiser l'abreuvement et l'affourragement ?
La distance maximum entre le point d'eau et la zone d'affourragement ne doit jamais excéder 200 m. Au-delà de cette distance, les animaux réduisent leur consommation d'eau ainsi que la matière sèche ingérée avec pour conséquence une perte de performances.
L'autre inconvénient concerne l'augmentation des déplacements des animaux avec pour conséquence un piétinement excessif et une destruction du couvert végétal.
Pour l'affourragement, l'idéal consiste à choisir la zone de distribution en déroulant quotidiennement les balles. La solution « râtelier » en libre-service est envisageable, dans ce cas, il faut déplacer les râteliers pratiquement quotidiennement dès que le couvert commence à se détériorer. On choisit l'emplacement des râteliers en priorité sur une zone portante couche de plaquettes bois.
Pour diminuer la pénibilité d'ouverture/fermeture des barrières des paddocks, il est judicieux de mettre en place des passages canadiens électriques ou des portes « western » en fibres de carbone.

Quand faut-il changer de paddock ?
L'objectif étant la non-dégradation de la prairie, il faut choisir de faire pâturer les paddocks les plus fragiles (les moins portants) uniquement quand le sol est ressuyé. Le changement de parcelle s'effectue quand l'herbe sur pied est consommée (la prairie n'est plus verte) ou dès que de la dégradation du couvert commence à être observée.
Dans la bibliographie existante, il est fait état qu'au-delà de 500 jours d'UGB par hectare le couvert végétal des prairies est détruit.
Exemple : Un lot de 20 vaches + 20 veaux qui pâturent un paddock de 3 ha sur une durée de 20 jours, génère un équivalent de 133 jours d'UGB pâturant/ha (ce niveau inférieur à 500 permet d'espérer une absence de dégradation du couvert végétal)

Quand arrêter le pâturage hivernal ?
Au printemps 2019, pour une mise à l'herbe normale à 300 °C, le temps de repos d'une prairie est de 70 jours en hiver. Si les 300 °C sont atteints le 1er avril 2019, il faudra cesser le pâturage au plus tard le 20 janvier. À cette date, s'il est impossible de loger les animaux en bâtiment, il est préférable de sacrifier un seul paddock ou une surface très restreinte sur lequel l'affourragement se fera pendant les 2 mois et demi qui restent avant d'atteindre le cumul de 300 °C. Le couvert de cette praire sera alors très impacté et il ne pourra pas être utilisé lors des 2 premiers cycles de pâturage au printemps. Le sur-semis (à base de raygrass) sera réalisé dès le départ des animaux.
Comment remettre en état de production les surfaces impactées ?
Les zones dégradées se situent en général autour des points d'eau et des emplacements des râteliers. À partir de mars (en condition portante) il est préconisé un nivelage avec une herse lourde suivie d'un sur-semis à base de ray-grass (à la volée) et d'un roulage.
Ces zones sont ensuite mises en défens à la clôture électrique et ouvertes au pâturage seulement à partir du 2e cycle.

Y a-t-il un intérêt à ébouser ?
L'ébousage systématique à chaque sortie de paddock est indispensable (sauf par temps de gel). En 2019, une légère fertilisation azotée (30 unités) au cumul de 200 °C (base 1er janvier) sur un ou deux paddocks va permettre de doper le redémarrage en végétation pour assurer de la disponibilité précoce en herbe pour un pâturage à 300 °C (base 1er février).

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