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Comment remporter la lutte contre le frelon asiatique sans impacter les autres espèces ?

La lutte contre le frelon asiatique s'intensifie partout en France ; un plan national vient d'être lancé. Dans le Puy-de-Dôme, le GDS prend également des mesures contre l'espèce envahissante, à commencer par des stratégies pour trouver les nids.

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La lutte contre le frelon asiatique s'intensifie partout en France.
© Denis Thierry, Nevile Maher / Inra Bordeaux

Fredon France, un réseau français d'organismes à vocation sanitaire, s'est allié à GDS France et à InterApi, l'interprofession des produits de la ruche, pour mettre en place un plan national de lutte contre le frelon asiatique (Vespa velutina).

Ce dernier est présent sur tout le territoire et cause régulièrement des dégâts. Dans un communiqué, Fredon et GDS avancent un chiffre de 11,9 millions d'euros de pertes économiques estimées par an pour la filière agricole.

Quant aux autres insectes, une colonie de Vespa velutina pourrait en consommer jusqu'à 11,32 kilos en une saison, ce qui réduit grandement les populations d'abeilles domestiques et d'insectes auxiliaires

À lire aussi : Nourrir les abeilles pour éviter le scénario catastrophe

 

Lutte contre le frelon asiatique : protéger la biodiversité

Les 3 objectifs du plan national sont les suivants : préserver l'activité apicole, protéger la biodiversité et la population. Parmi les moyens mis en place, on trouve le piégeage raisonné, la destruction des nids et la protection des ruchers.

Cependant, cette stratégie de lutte contre le frelon asiatique n'est pas aussi simple qu'elle en a l'air. Pour Jean-Luc Borot, référent frelon au GDS 63: « le plus difficile n'est pas de détruire les nids, c'est de les trouver. Quand les arbres sont feuillus, c'est difficile. En 2024, nous avons mis en place des balises sur les frelons pour les suivre à distance et voir où ils repartent ». Cela n'a pas permis de trouver des nids ; des pistes d'amélioration ont donc été apportées pour l'année 2025. « Nous avons bon espoir d'en trouver cette année. »

Alors, quelle stratégie adopter ? « C'est le piège Beevital qui fonctionne le mieux, car les autres espèces arrivent à en sortir. C'est celui qu'on conseille aux collectivités qui nous contactent. Il est plus cher, donc certains ont tendance à prendre des pièges plus basiques, mais les autres insectes en meurent. »

Si les recommandations du plan sont nationales, des adaptations existent localement. « Par exemple, le paintball pourrait être autorisé cette année pour la destruction, mais nous y sommes opposés dans le Puy-de-Dôme », indique le référent frelon. « Cette utilisation de billes à pesticides fait bien partir les frelons, mais cela nécessite beaucoup de tirs pour peu d'efficacité, et on met des pesticides partout. Notre objectif est de protéger les abeilles. »

À lire aussi : Des hivers doux qui favorisent le frelon asiatique

 

Une caisse solidaire pour les destructions

Le GDS 63 a mis en place une caisse solidaire. Les adhérents (1 200 dans le département) participent à hauteur de 30 euros. Et l'argent est versé à ceux qui ont subi une destruction dans l'année.

Enfin, une expérimentation est en cours pour capturer les fondatrices. « Les futures fondatrices hivernent jusqu'au printemps. Du 1er mars au 15 mai, nous posons des pièges pour les capturer lorsqu'elles se rapprochent des ruchers pour se nourrir. » 75 pièges ont déjà été distribués à des techniciens agricoles.

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