Aller au contenu principal

Comment prévenir les mammites en élevage laitier ?

Les mammites constituent la pathologie n° 1 des élevages laitiers et touchent plus de 40 % des vaches en production. Les impacts sont multiples : stress et surcroît de travail pour l’éleveur, réformes subies, perte économique importante…

vache laitière de race prim'holstein dans un bâtiment d'élevage.
Les mammites c'est pas automatique. Hygiène optimal de la traite et environnement spacieux et nettoyage régulier peuvent limiter leur développement.
© Sophie Chatenet

C'est quoi une mammite ?

La mammite est une infection de la mamelle par des bactéries qui pénètrent par le sphincter du trayon. Cette infection déclenche une réaction inflammatoire associée à un afflux de globules blancs (ou leucocytes) dans la mamelle, ce qui augmente le nombre de cellules somatiques dans le lait. C’est une réaction naturelle de défense contre l’agression par les bactéries. Les trois principales bactéries en cause sont Staphylococcus aureusStreptococcus uberis et Escherichia coli.

De multiples facteurs peuvent entraîner l’apparition de mammites dans les élevages

C’est pourquoi il est parfois difficile d’en identifier les causes. Cependant, les conseillers sont formels. Entre les traites, les bactéries proviennent du « réservoir environnement ». La prévention concerne alors principalement le logement des vaches laitières (litière, ambiance du bâtiment, densité des vaches,…). Au moment de la traite, les bactéries proviennent du « réservoir mammaire ». La prévention concerne alors la traite (nettoyage du matériel de traite, pratiques de traite, nettoyage et désinfection,…)

Lire aussi : A Mercœur, trois robots de traite nouvelle génération pour gagner en souplesse de travail

Le coût global des mammites est de l’ordre de 20 à 30 euros par 1 000 litres de lait produit

L’éleveur a donc tout intérêt à définir, avec son conseiller, les actions prioritaires, adaptées à son élevage. Ces mesures sont d’autant plus faciles à mettre en place qu’elles sont préventives.

Face aux mammites, beaucoup d’éleveurs réagissent trop tard ! Deux indicateurs doivent déclencher une action préventive contre les mammites : un taux de mammites cliniques supérieur à 20 % (d’où l’importance d’enregistrer les mammites cliniques) ou un taux de cellules supérieur à 300 000 cellules par ml. 

"Les mammites sont un problème multifactoriel et complexe, il ne faut pas hésiter à se faire aider. En effet dans un élevage où la situation est mal maîtrisée, le coût global des mammites est de l’ordre de 20 à 30 euros par 1 000 litres. D’autre part, n’oublions pas que les mammites cliniques rallongent les temps de traite (tri du lait, marquage des vaches…) et font donc perdre du temps à l’éleveur. Sans compter le stress quand l’éleveur découvre une nouvelle mammite dans son troupeau", explique Laurent Courtot conseiller ACSEL Conseil Élevage.

Lire aussi : Robot et pâturage : mission possible

La génétique peut-elle aider à limiter la survenue des mammites chez les vaches laitières ?

Stéphanie Minery de l'Institut de l'Élevage précise que les éleveurs laitiers peuvent choisir des taureaux améliorateurs en santé de la mamelle grâce à l’index « cellules » (« CEL »), basé sur les comptages de cellules somatiques, à l’index « mammites cliniques » (« MACL »), basé sur les mammites cliniques et à l’index synthétique « santé de la mamelle » (« STMA »), combinant ces 2 index. "L’ISU", index de synthèse unique donnant la valeur génétique globale de l’animal, intègre ces index.

D’autre part, grâce au génotypage, l’éleveur peut connaître, très tôt, la valeur de son veau sur le critère « santé de la mamelle ». Un outil essentiel pour le choix des femelles de renouvellement.

La maîtrise de la traite, des conditions de logement, l’équilibre alimentaire…. sont les clés pour produire un lait de qualité.

Lire aussi : Une machine à traire neuve, d'occasion ou rénovée ?

Mammites cliniques ou subcliniques : comment faire la différence ?

  • En cas de mammites cliniques, l’infection se caractérise par l’apparition de signes visibles au niveau du quartier, de la mamelle ou même de l’animal. On peut observer une modification de l’aspect du lait (présence de cailles, de grumeaux…), un ou des quartier(s) gonflé(s), chaud(s), dur(s) ou douloureux et, dans les cas les plus sévères, une atteinte de l’état général de l’animal.
  • Dans le cas des mammites subcliniques, la vache « lutte » contre l’infection en produisant des leucocytes dans la mamelle. Il n’y a pas de signe visible chez l’animal. Seul le comptage cellulaire individuel de chaque vache ou le CMT (Califorina Mastitis Test) permet d’identifier la présence de cette infection.

Les plus lus

Quand les incohérences fragilisent l’agriculture

Pour la FDSEA de la Creuse, remettre de la cohérence dans les décisions publiques est devenu une urgence absolue.

Depuis le 19 janvier, Murat retrouve un cabinet vétérinaire

Emma Mondy et Alexis Ferrières viennent de s’installer à Murat, en sortie de ville pour soigner les animaux de compagnie. Un…

Limagrain construit le plus grand magasin de semences d'Europe à Ennezat

Annie Genevard a posé aux côtés de Sébastien Vidal, président de Limagrain, la première pierre du projet Athenza, doté de 200…

Des brunes au pré
Lait : Le prix fond comme neige au soleil

En cette période hivernale, le constat est sans appel : le prix du lait de vache fond, lui aussi, comme neige au soleil. L’…

Latuka Maituku, Aurillac pour port d’attache

Après avoir fait les belles heures du Stade aurillacois auquel il est toujours resté fidèle, l’ex troisième ligne Latuka…

Élevage allaitant : « Le Puy-de-Dôme est avant tout un département de naisseurs, pas d'engraisseurs »

David Chaize, président de la section bovine du Puy-de-Dôme, répond à 3 de nos questions avant l'ouverture du Congrès de la…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière