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Comment la géobiologie aide à maîtriser les courants parasites des panneaux solaires ? 

L'installation de panneaux solaires sur un bâtiment d'élevage peut engendrer des courants parasites auxquels les bovins sont sensibles. À Tauves, Pierre Chassard a eu recours à un géobiologue pour se prémunir des effets indésirables sur ses animaux.

Avant l'installation de sa centrale solaire, Pierre Chassard, éleveur à Tauves, a fait appel aux conseils d'un géobiologue.
Avant l'installation de sa centrale solaire, Pierre Chassard, éleveur à Tauves, a fait appel aux conseils d'un géobiologue.
© Mélodie Comte

La pose des panneaux solaires sur les toits des bâtiments agricoles s'est accélérée ces dernières années. Tandis que les effets sur la santé humaine des courants parasites sont largement étudiés et documentés, les connaissances sur la santé des animaux d'élevage sont en revanche bien moins maîtrisées. Il semble toutefois que tous n'ont pas la même sensibilité. 

Les bovins et les chevaux ressentent davantage les courants électriques que les petits ruminants, les poules ou encore les porcs. Les témoignages s'accumulent : vaches qui ne boivent pas leur saoul, boiteries, logettes boudées, entrée dans la salle de traire laborieuse... 

La faute bien souvent à ces courants vagabonds dont l'intensité est assez faible pour ne pas être ressentie par l'Homme mais suffisamment puissante pour impacter les animaux

Les courants parasites ne sont ni plus ni moins que de l'électricité qui s'est échappée et qui circule là où il y a le moins de résistance » explique Jérôme Crouzoulon, géobiologue. 

D'ordinaire, ces courants sont gérés par l'installation de prises à la terre mais celles-ci sont dimensionnées en fonction de l'existant. À Tauves, Pierre Chassard, producteur laitier, a fait intervenir le géobiologue avant la pose de sa centrale solaire pour redimensionner ses prises de terre mais aussi placer les différents équipements afin de limiter leur impact.

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Panneaux photovoltaïques en bâtiment d’élevage : l’exemple de Pierre Chassard et l’importance des mises à la terre

vache laitière dans bâtiment acier

En 2020, Pierre Chassard débute la réflexion autour de son bâtiment d'élevage. Deux ans plus tard, les 100 vaches laitières de l'exploitation investissent la stabulation flambant neuve. Rapidement, l'éleveur s'intéresse à la pose de panneaux photovoltaïques, non sans quelques appréhensions: 

on avait entendu parler des courants parasites et de leurs effets au long terme sur les vaches laitières »

Le jeune éleveur fait appel à Jérôme Crouzoulon pour lever les doutes. Le géobiologue se déplace sur l'exploitation et après expertise, lui prodigue plusieurs conseils et avertissements notamment sur les mises à la terre

Bien qu'elles aient toutes été installées, leur dimensionnement ne permettait pas d'emmagasiner le volume généré par la centrale. » 

Plus de 150 kilowatt-crête de panneaux photovoltaïques s'apprêtaient en effet à prendre place au-dessus des vaches.

Le géobiologue a aiguillé l'éleveur, et l'entreprise d'installation, pour positionner les mises à la terre à un endroit précis. « La charpente du bâtiment est en acier, sur une fosse à caillebotis. De plus, les maçons et électriciens mettent souvent la mise à la terre en fond de fouille. Le bâtiment fait donc bloc. La nature du sous-sol joue aussi sur l'évacuation de cette électricité. Par exemple, il est très difficile de faire une mise à la terre dans le Livradois-Forez parce que les sols sont peu conducteurs. » Fort heureusement pour Pierre Chassard, le sol de l'Artense-Sancy a permis d'installer sans trop de difficulté les mises à la terre avec des cablettes isolées.

À lire aussi : Géobiologie : « Que ce soit invisible ne signifie pas que ça n'existe pas ! »

Installation photovoltaïque : comment l'emplacement de l’onduleur réduit les risques pour les bovins

Le géobiologue a également positionné l'onduleur « l'appareil qui décharge le plus de courant parasite ». Il a été positionné à l'extérieur, le plus loin possible des animaux et orienté au nord

mise à la terre de l'onduleur

« L'entreprise n'avait pas prévu de le mettre à cet emplacement » précise Pierre Chassard. Malgré tout, l'éleveur et le géobiologue sont parvenus à les convaincre de le déplacer. 

Les équipementiers solaires s'intéressent de plus en plus à la géobiologie, suite à des témoignages d'éleveurs rencontrant des problématiques sur leurs animaux » ajoute Jérôme Crouzoulon.

L'onduleur a également été installé sur une dalle en béton pour l'isoler du sol. Sa prise de terre a été orientée et installée dans un pré voisin pour décharger l’électricité vagabonde à plusieurs dizaines de mètres de la stabulation.

Toujours sur le conseil du géobiologue, la liaison entre le point de livraison et le transformateur a été réalisée avec du câble torsadé pour diminuer les champs magnétiques. Là encore, l'entreprise n'avait pas prévu cet équipement plus cher, et surtout plus difficile à installer.

Géobiologie et bien-être animal : un faible investissement pour éviter les problèmes sanitaires

Toutes ces préconisations ont un objectif préventif. L'intervention du géobiologue représente à peine 1 % du coût du bâtiment et cela peut éviter les problèmes sanitaires sur les animaux » explique Pierre Chassard

L'éleveur regrette d'ailleurs de ne pas avoir fait venir le géobiologue avant la construction de son bâtiment. La pratique est de plus en plus courante « et même recommandée » selon Thierry Roche, en charge des dossiers bâtiments à la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme.

Depuis la mise en route des panneaux, Pierre Chassard n'a pas eu à déplorer de changement de comportement chez ses bovins, ni de problème sanitaire. Convaincu, l'éleveur s'apprête d'ailleurs à refaire appel au géobiologue pour l'installation d'une seconde centrale solaire sur un autre bâtiment.

À lire aussi : Avec le photovoltaïque, compléter un revenu sans travail supplémentaire

 

 

 

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