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Collectif
Comment attirer les jeunes vers les Cuma ?

Décrits comme plus individualistes, les jeunes agriculteurs seraient-ils moins séduits par l’aventure collective proposée par les Cuma ? Si les mentalités évoluent, la situation est plus nuancée qu’il n’y paraît. Le point avec Manon Bossa et Damien Gayet de la Fédération régionale des Cuma d’Auvergne-Rhône-Alpes.

Les Cuma recrutent des jeunes agriculteurs.
© Réussir

Très engagé sur les projets de recherche et de développement, proposant de plus en plus des services en matière d’emploi partagé, de formation…le réseau des Cuma au niveau d’Auvergne-Rhône-Alpes l’est tout autant sur le renouvellement de ses adhérents. A l’heure où le nombre d’agriculteurs diminue et où l’individualisme gagne toutes les dimensions de nos sociétés modernes, le réflexe « Cuma » serait-il moins évident qu’autrefois ? L’agriculture n’échapperait donc pas à ce repli sur soi ? « La taille des exploitations et la fiscalité plus avantageuse ne favorise pas le travail en collectif », analyse Manon Bossa, chargée de mission Stratégie et Agroéquipement à la FR Cuma Aura. Et pourtant la flambée actuelle des charges interroge et devrait donner l’avantage au modèle Cuma qui peut apporter des réponses solides.

En 2020, nombreux sont encore les agriculteurs à y avoir recours en adhérant à l’une des 1 680 structures que compte la région. 41 millions d’euros de chiffres d’affaires ont été générés par les Cuma en 2020, qui ont investi 67 millions d’euros soit en moyenne 67 000 euros par Cuma. Leur dynamisme est donc une réalité confortée cette année, par un accompagnement substantiel du plan de relance.

Lourdes charges de mécanisation

« Plus de 50% des charges sont générées par la traction et le carburant. Deux postes où le collectif ne joue pas pleinement. Ce n’est pas le levier que les agriculteurs actionnent en premier lieu, ils vont d’abord s’attaquer à l’alimentation. Aller toucher au tracteur c’est moins séduisant, moins facile à mettre en œuvre et plus multifactoriel. Pour aller au-delà, et bouger les lignes, cela nécessite de travailler davantage sur les relations humaines », explique Damien Gayet, chargé de mission Expertise Machinisme et Numérique.

C’est toute l’ambition du projet Co-Agil, porté par les Cuma, qui propose aux collectifs de « parler travail » pour mieux coopérer entre générations et améliorer leur fonctionnement (gouvernance, organisation ...) :  aider les jeunes à s’intégrer, leur faire une place au chaud le temps qu’ils prennent leurs marques, transmettre progressivement l’exploitation comme l’engagement en cuma, mettre en place des administrateurs stagiaires, les accompagner dans les transitions du numérique… les initiatives sont nombreuses pour tenter de capter les jeunes qui ont fait de l’agriculture leur métier. Le numérique est l’une des plus innovantes qu’a saisie la fédération régionale des Cuma d’Aura. Elle s’est ainsi adossée à la fédération nationale dans la plateforme « myCumaLink » qui permet aux Cuma de se faire connaitre dans leur environnement. « Elle sert surtout aux responsables à savoir quels matériels possèdent les autres groupes et à contacter en direct leurs collègues », précise Damien Gayet. Les Cuma de la région Aura ont parallèlement mis en place l’outil « myCuma Planning ». L’objectif est de faciliter la réservation et apporter de la fluidité dans la circulation des matériels entre les adhérents d’une cuma. Autant d’outils 2.0, complémentaires à la collaboration et la convivialité propres aux Cuma, capables de séduire un nouveau public d’agriculteurs.

 

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