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Chasse : une mission de service public rendue, sans la convivialité habituelle

Une saison "sans plaisir, sans convivialité", note le président des chasseurs du Cantal qui, pour la seconde année consécutive, n'a pu tenir d'assemblée générale, autrement que par correspondance.

Le président Picard et son directeur Arnaud Semeteys, devant l'écran géant dont la Fédération 
des chasseurs a fait l'acquisition, pour suivre des réunions en visio-conférence.
Le président Picard et son directeur Arnaud Semeteys, devant l'écran géant dont la Fédération
des chasseurs a fait l'acquisition, pour suivre des réunions en visio-conférence.
© R. S.-A.

Cette année, le gibier n'avait pas la même saveur. Celle de la convivialité qui fait qu'on aime se retrouver ensemble et notamment autour d'un banquet. Dans leur immense majorité, les chasseurs du Cantal ont, en plus des règles de sécurité liées à l'exercice de la pratique,
respecté aussi celles liées à la situation sanitaire.  
Lors du confinement d'automne, la mission de service public qui leur a été demandée n'a pas toujours été bien comprise. "C'est une obligation de répondre à la demande de l'État  
d'organiser et de réaliser le prélèvement de gibier susceptible de faire des dégâts"(1), rappelle la fédération départementale des chasseurs du Cantal.
En outre, cette mesure a eu pour effet pervers de diviser les rangs, puisque seuls ceux qui prélèvent de gros animaux étaient autorisés à tirer ; pas ceux qui chassent plutôt le petit gibier. Le président fédéral, Jean-Pierre Picard, grand amateur de chasse à la bécasse, en sait quelque chose... Des oiseaux en pagaille, alors qu'il rongeait son frein.

30 % pas chassables

C'est donc un tableau en demi-teinte qui est enregistré (voir par ailleurs) mais avec le sentiment de la mission accomplie, comme en témoigne le nombre de dégâts observés. Le Cantal est à 1 000 lieues de départements comme les Landes, par exemple, où les montants à indemniser frisent les 2 millions d'euros, mettant les fédérations en très grande difficulté. Dans le département, la question se limite à la nécessité de payer, y compris dans des territoires où les chasseurs ne peuvent pas aller : "30 % du territoire n'est pas chassable, soit parce qu'il s'agit de chasses privées, soit en raison des oppositions de conscience", explique le directeur de la fédération, Arnaud Semeteys. Un phénomène qui va croissant, avec des propriétaires qui interdisent le passage de chasseurs sur leurs terres(2).    
Il reste aussi le problème récurrent du renouvellement des générations. Même si on compte chaque année entre 15 et 20 candidats supplémentaires au permis de chasse, le ratio demeure négatif. Heureusement, les formations réalisées en plein air à Cros-de-Montvert n'ont pas été trop freinées par les exigences sanitaires

La sécurité d'abord

D'autant qu'elles concernent essentiellement la sécurité et qu'il s'agit là de l'absolue priorité, comme le martèle la Fédération départemental des chasseurs. "L'accident qui s'est produit dans le Lot, et qui n'aurait jamais dû arriver, nous fait beaucoup de tort", souffle le président Picard. Alors, le Cantal, plus que jamais, met l'accent sur la prévention et continue de devancer les directives. Il avait ainsi rendu obligatoire et les gilets fluos et le panneautage lors des battues, avant la parution d'un décret national. En outre, la fédération dispensera, dès cet été, la "formation décennale" décrétée par arrêté ministériel. Il s'agit d'une réforme qui rend obligatoire une "remise à niveau des compétences" ; les chasseurs ont dix ans pour s'y soumettre.
Toujours au chapitre des nouveautés, un travail est engagé pour le renouvellement du Schéma départemental de gestion cynégétique. Rendu cet automne, il tiendra la même ligne que le précédent et, promet la Fédération départementale de chasse, "se fera en lien toujours plus étroit avec les associations, les agriculteurs et sylviculteurs". Enfin, il est à noter que 2022 sera une année élective. Les présidents départementaux, régionaux remettront leur siège en jeu, même le très ancré Willy Schraen au niveau national.

(1) Sur les cultures, en forêt ou là où la prolifération multiplie les accidents de la route.
(2) Margot Lacombe, recrue en charge des relations avec les Acca, instruit également les
demandes d'oppositions cynégétiques.

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