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Chambre régionale d'agriculture, le climat au cœur des enjeux pour 2023

À l’occasion des traditionnels vœux à la presse, Luc Servant, président de la chambre régionale d’agriculture, accompagné de Tony Cornelissen, président de la chambre d’agriculture de Corrèze, est revenu sur l’année singulière écoulée et sur les défis qui attendent l’agriculture néo-aquitaine en 2023.

Tony Cornelissen et Luc Servant.
Tony Cornelissen et Luc Servant.
© P. Dumont

Les exploitations agricoles ont été fortement éprouvées en 2022. Entre les aléas climatiques (gel, sécheresse,…) et économiques, l’année a été rude et 2023 débute sous les mêmes auspices. Avant d’évoquer les chantiers à venir, Luc Servant est revenu sur les faits marquants de 2022, rappelant qu’ils mettent à mal la souveraineté alimentaire du pays. « La production régionale a été très faible et les résultats économiques ne sont pas bons, a-t-il rappelé. Les agriculteurs doivent s’adapter au changement climatique, l’anticiper et la Chambre régionale doit les accompagner. » La chambre régionale cherche aussi à développer son action dans l’atténuation du changement climatique. Elle vient pour cela de rejoindre l’association régionale Aquitaine Carbone (NDLR – devenue l’ACCLENA : Association Carbone CLimat Environnement Nouvelle-Aquitaine) pour œuvrer de concert sur la question de la compensation des émissions de gaz à effet de serre et de sa valorisation économique. Sur la question de l’élevage, Tony Cornelissen a manifesté son inquiétude, rappelant que sur les 5 dernières années, le cheptel bovin a chuté de près de 10 %. « Entre le dérèglement climatique, le détournement vers les grandes cultures et les attaques incessantes contre l’élevage qui finissent d’écœurer ceux qui voudraient s’installer, on assiste à un lent arrêt de la production, résume-t-il. Et ce sont les productions à haute valeur ajoutée qui trinquent le plus ». Même si les cours de la viande ont augmenté, ils ne suffisent pas à compenser la hausse des charges. « On a demandé à l’élevage bovin de monter en gamme, rappelle Luc Servant. Or, aujourd’hui les débouchés ne sont pas au rendez-vous y compris en bio car le consommateur voit son pouvoir d’achat baisser ». Autre sujet d’inquiétude, la hausse des charges qui se poursuit. Si celle de l’énergie reste encore contenue, l’agriculture faisant partie des dernières catégories qui seraient touchées, elle est plus inquiétante pour le secteur de l’agroalimentaire, gros consom­ma­teur. La hausse du prix des aliments ou de l’engrais est aussi préoccupante. « Quand le consommateur ne pourra plus payer plus cher et que les intermédiaires chercheront à limiter leurs pertes, cela aura forcément des répercussions sur le producteur, indique Tony Cornelissen. Face à ces constats, de nombreuses interrogations se posent sur l’avenir. Si les installations sont plutôt en hausse (hormis pour l’élevage), elles concernent surtout des surfaces réduites et des activités de transformation. Pour le président de la Chambre régionale, tous les projets sont les bienvenus à condition qu’ils soient viables économiquement et qu’ils intègrent des réflexions autour du changement climatique. Ces projets comme ceux des agriculteurs déjà en place doivent aussi pouvoir être accompagnés financièrement. Pour le président de la chambre d’agriculture de Corrèze, les aides prévues par la Région notamment dans le cadre de la feuille de route Neo Terra ne sont pas forcément adaptées. « Il faut aider celui qui cherche à s’améliorer mais il faut aussi reconnaître celui qui est déjà vertueux et accompagner les projets qui correspondent à la demande de la société et du marché », souligne-t-il. En 2023, plusieurs événements seront décisifs pour l’agriculture notamment la mise en œuvre de la nouvelle PAC, les travaux du Conseil national de la refondation ou le projet de la future loi d’avenir agricole.

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