Aller au contenu principal

Ceta : « La mission des députés est d’être cohérents dans leurs votes ! »

Interview de Bruno Dufayet, président de la FNB.

© Actuagri

La filière des bovins viande vit encore une année difficile et le cheptel se décapitalise rapidement, ce qui fait craindre pour l’avenir de cet élevage en France. À l’occasion du Sommet de l’élevage, qui se tient du 2 au 4 octobre à Clermont-Ferrand, Bruno Dufayet, président de la FNB, souligne que les EGA n’ont eu aucun effet dans la filière et que les éleveurs ont besoin de cohérence ainsi que de perspectives économiques et politiques pour assurer leur futur. Il rappelle aussi que face aux phénomènes climatiques qui impactent la filière les pouvoirs publics doivent être plus réactifs.

Quelle est la situation actuelle de la filière bovine ?

Aujourd’hui pour la filière de bovins allaitants la situation est alarmante avec des prix toujours très bas. Nous n’avons même pas besoin de faire de syndicalisme, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Depuis quelques années, le nombre de vaches allaitantes diminue de 1 500 têtes par an, en 3 ans, il a diminué de 6,6 %, les chiffres de l’Institut de l’élevage prévoient une baisse de 8 % fin 2019. Il y a une vraie décapitalisation, nous sommes très inquiets, ces chiffres sont le reflet du manque de perspectives économiques et politiques pour la filière. En plus de ces difficultés, les éleveurs allaitants subissent une crise climatique avec deux années de sécheresse qui ont énormément pesé sur la filière. Il faut que les pouvoirs publics prennent conscience de la nécessité d’enclencher plus rapidement les procédures de calamité. Dans certains départements, les éleveurs n’ont pas touché les compensations sécheresse de l’an passé, c’est inacceptable ! Il faut accélérer les procédures administratives, c’est indispensable pour que les éleveurs puissent acheter des aliments, maintiennent leurs troupeaux et se projettent à la sortie de l’hiver prochain !

Pourquoi manquez-vous de perspectives économiques ?

Concernant la situation économique, les prix très bas marquent l’échec des EGA pour notre filière. En 2017, lorsque le président de la République a fait le discours de Rungis, la cotation bovine, toutes catégories confondues, était à 3,65 €, la semaine dernière elle était à 3,57 €. Le prix du broutard, pour l’export en vif, a diminué de 10 à 15 % (selon les espèces) entre 2018 et 2019, il y a donc zéro effet des EGA près d’un an après le vote de la loi ; le mécanisme d’inversion de la construction des prix ne fonctionne pas, les éleveurs ne sont pas mieux rémunérés… L’aval n’a effectué aucun changement de pratique ; lorsque les entreprises de l’aval devraient mettre en place des stratégies collectives pour augmenter les prix, et donc la rémunération des éleveurs, elles se contentent de stratégies individuelles nuisibles aux producteurs.

Qu’entendez-vous par le manque de perspectives politiques pour la filière ?
La loi EGA a été votée, les députés ont donc approuvé l’article 44, qui interdit l’importation de denrées alimentaires qui ne respectent pas les standards européens, ces mêmes députés ont voté en faveur du Ceta donnant ainsi leur accord à l’importation de produits qui ne respectent pas nos standards, nous sommes face à une vraie incohérence politique. Nous parlons donc des députés hors-la-loi, car la ratification du Ceta ne respecte pas la loi EGA. La mission des députés est d’être cohérents dans leurs votes ! On parle également beaucoup de la nécessité de faire évoluer l’agriculture, mais je rappelle que le modèle agricole est défini par les orientations politiques, les syndicats ne font pas les modèles agricoles ! Ce manque de cohérence entraîne un manque de visibilité pour la filière. Un éleveur en difficulté économique ne sait plus quel cap il doit suivre, cela se reflète donc par la perte de producteurs. Le Président doit être alerté à ce sujet, car cela menace notre souveraineté alimentaire, un principe sur lequel il avait insisté lors de son discours au dernier salon de l’agriculture. Il y a urgence à réagir et à présenter aux agriculteurs une politique précise qui donne une ligne de perspective claire.

Les plus lus

Concours de Varennes-sur-Allier : « Un moment convivial et attendu de tous »

Tradition depuis plus de 160 ans, le concours de Varennes-sur-Allier a fait son grand retour du 15 au 17 mars.

Julie Rigal, présidente de Bienvenue à la ferme Cantal, devant le point de vente de la Ferme des fourches, installé dans un ancien sécadou
Qui est la nouvelle présidente de Bienvenue à la Ferme du Cantal ?

Une jeune productrice de viande d’aubrac transformée à Junhac, a pris les rênes de l’association départementale de producteurs…

Un taureau salers défile sur le ring des enchères.
Pourquoi les enchères n'ont pas flambé pour la salers ?

Trente-sept jeunes reproducteurs salers, dont trois du rameau laitier, étaient à vendre mercredi à la station d’évaluation du…

Les quatre Ifas cantaliens unis pour attirer les candidats

La formation d’aide-soignant recrute ses futurs étudiants. Deux réunions d’informations en visio sont proposées.
 

Eleveur au milieu de son troupeau de vacjes.
Ils ont osé la monotraite !

C’est une nouvelle vie professionnelle et familiale qui s’est ouverte pour Rémi Andrieu depuis le 1er janvier 2013 et le…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière