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Essais Céréales
Céréales montagne : des rendements élevés mais des poids spécifiques faibles

Céréales La Chambre d’agriculture de Haute-Loire et l’Association Céréales Montagne ont mis en place des essais variétaux en céréales sur le secteur de St Paulien. Lecture des résultats…

Plateforme d'essais céréales à St Paulien en 2021
Les rendements en grain comme en paille sont très élevés pour les céréales cette année.
© Chambre d'Agriculture

Les conditions climatiques fraîches et pluvieuses en fin de cycle des céréales ont été très bénéfiques au remplissage des grains des céréales. Les rendements aussi bien en grain qu’en paille sont très élevés pour les céréales cette année. Seule ombre au tableau, les PS (poids spécifiques) ont été dégradés par les pluies fréquentes de cet été au moment où les céréales approchaient de leur maturité physiologique.

Triticales plus productifs que les blés

Les triticales se démarquent une fois de plus des blés quant à leur productivité. En moyenne dans l’essai à Saint Paulien, ils ont produit 15 qx/ha de plus que les blés. Les triticales présentent aussi l’avantage de produire une quantité élevée de paille et d’être plus rustiques que les blés face à des conditions pédoclimatiques difficiles. Ils tolèrent beaucoup mieux que les blés les sols acides et résistent aux à-coups climatiques.
RGT RUTENAC et TRICANTO tirent leur épingle du jeu tant pour leur productivité en grain qu’en paille. La tolérance aux maladies de RGT RUTENAC est très intéressante également, tant par rapport à la rouille jaune, qu’à la rhynchosporiose. Cette variété nouvellement inscrite mérite d’être suivie de près. TRICANTO confirme son haut niveau de productivité en paille. En grain, son niveau de production a été plus élevé que l’an dernier ; cette variété a profité des conditions très favorables cette année pour le remplissage des grains. TRICANTO et RGT RUTENAC présentent également des qualités de grain supérieures aux autres variétés de triticale tant pour le PS que pour la teneur en protéines.
RAMDAM confirme son très haut niveau de productivité en grain. En revanche, sa productivité en paille est plus limitée, et la qualité des grains laisse à désirer. Les PS et teneur en protéines de cette variété sont les plus faibles de l’essai.
BREHAT déçoit par rapport aux années précédentes avec le rendement grain le plus faible de l’essai. Sa productivité en paille en revanche est élevée mais c’est la seule variété de l’essai qui ait versée…
LUMACO est trop sensible à la rhynchosporiose pour s’imposer dans le Massif Central, région où la pression de cette maladie est élevée

ANGELUS sort du lot en blé

Concernant les blés, une variété a particulièrement bien profité des conditions de cette année : ANGELUS. Sa productivité tant en grain qu’en paille est excellente dans cet essai et la classe 3ème de l’essai pour son niveau de PS. De plus, ANGELUS a été peu attaquée par la rouille jaune contrairement à d’autres variétés qui lui ressemblent comme EMILIO et ADESSO. Il faut garder en tête cependant que cette variété est tardive et qu’en cas de chaleur et sécheresse en fin de cycle, elle souffre plus de l’échaudage que des variétés plus précoces. Cette variété est donc intéressante pour les sols assez profonds et pour les secteurs en altitude où les risques d’échaudage sont plus limités.
RGT SACRAMENTO et GRAVURE se distinguent par leur haut niveau de productivité en grain et une productivité en paille correcte. Ces deux variétés sont, en revanche, assez sensibles à la rouille jaune et leur poids spécifique est nettement inférieur à des variétés comme ADESSO ou ANGELUS.
Parmi les nouvelles variétés, deux semblent intéressantes : AURELIUS et EVERY. AURELIUS est assez productive et présente une belle qualité de grain (PS et teneur en protéines élevés). Sa productivité en paille est dans la moyenne. En revanche, son profil maladies est moins bon, notamment vis-à-vis de la rouille jaune. Elle n’est pas aussi sensible qu’EMILIO ou ADESSO mais doit être surveillée de près. EVERY se distingue par sa très bonne tolérance aux maladies et une productivité en paille élevée. Son niveau de PS et sa teneur en protéines sont supérieurs à la moyenne des autres blés. Mais sa productivité en grain est plus limitée. Cette variété a été inscrite pour l’agriculture biologique.
KWS ULTIM, nouvelle variété inscrite en 2020, figure parmi les variétés les plus productives de l’essai en grain. Sa productivité en paille est en revanche beaucoup limitée. Côté qualité, c’est décevant ; c’est la variété avec le PS et la teneur en protéines les plus faibles de l’essai. Elle présente un bon profil vis-à-vis des maladies hormis pour l’oïdium. Cette variété très précoce peut être intéressante dans les sols peu profonds où les risques d’échaudage de fin de cycle sont élevés.
PIBRAC et LG ARMSTRONG sont aussi des variétés précoces. Cette campagne culturale les a peu mises en valeur du fait des conditions fraîches et humides en fin de cycle. Ces variétés peuvent néanmoins être intéressantes dans les sols peu profonds ou sableux.
ADESSO, EMILIO et ENERGO sont intéressantes pour leur productivité en paille et leur belle qualité de grain. Mais leur forte sensibilité à la rouille jaune les pénalise fortement ; sensibilité qui s’est renforcée ces dernières années. En cas de contexte climatique favorable à la rouille jaune, plusieurs passages de fongicide sont nécessaires pour les protéger efficacement.

Essais dans l’Allier pour les orges

La plateforme d’essais variétés orge d’hiver en montagne n’a pas pu être exploitée à cause d’une trop grande acidité du sol. Une plateforme de variétés d’orge d’hiver conduite dans le bocage Bourbonnais confirme les résultats des années précédentes, à savoir que les orges deux rangs sont en moyenne plus productives que les orges six rangs. MEMENTO, LG CASTING et KWS CASSIA restent les variétés références pour les orges fourragères dans le Massif Central. CALYPSO est intéressante pour son potentiel de production en paille, mais sa productivité en grain est moins régulière.
Les orges d’hiver présentent l’avantage de terminer leur cycle tôt l’été et libérer la place pour l’implantation de prairies ou de colza. Elles souffrent moins de l’échaudage en cas de fin de cycle chaude et sèche. Mais les orges sont plus sensibles aux maladies foliaires que les blés et triticales, sont plus exposées aux gelées tardives au printemps et produisent moins de paille.
Mathias Deroulède - Chambre d’Agriculture

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