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Back to Earth
Ce qu’il faut retenir de la saison 1 d’un « retour à la terre » lancé depuis Clermont-Ferrand

Imaginé par un groupe de bénévoles se revendiquant apolitique et emmené par une ex cadre du groupe évènementiel GL Events, l’association Back to Earth a fait phosphorer durant deux jours, les 9 et 10 novembre, à Clermont-Ferrand, les acteurs du monde rural. On vous en dit plus en quatre questions.

Qui est derrière Back to Earth ?

A l’origine du projet, il y a Emmanuelle Coratti. Diplômée d’HEC, la jeune femme rejoint rapidement un think tank de dirigeants d’entreprises questionnant leur impact dans la société. Elle y découvre le développement durable, qu’elle met ensuite en pratique au sein du groupe GL events, dont elle devient la directrice RSE. En 2020, elle crée l’association Back To Earth, qui promeut le retour à la terre et aux territoires et la reconnexion au Vivant. L’association œuvre au travers de différents media : une chaîne Youtube, du plaidoyer, des événements, un Observatoire, un programme de parrainage entre agriculteurs et jeunes urbains. Une centaine de bénévoles composent l’association, et dans le cadre des Rencontres nationales, de nombreux partenariats ont été tissés avec des organisations comme la chambre régionale d’agriculture, le Conseil régional, les Safer, le réseau Terres de Lien, Sols et Civilisations…

Quelle est l’ambition du collectif ?

« Face à l’impasse du modèle consumériste urbain, nous promouvons avec Back to earth, un retour à la terre, qui n’est en rien un retour à l’âge de pierre », explique la fondatrice. Le modèle est décliné en trois fondamentaux : redonner une place centrale aux agriculteurs, « à ceux qui nous nourrissent, car ils ont un rôle capital à jouer demain », un retour aux territoires, comprenez un rééquilibrage face à des métropoles immenses, avec une conviction profonde : demain les politiques n’auront de sens qu’à l’échelle territoriale ; et « la vitale reconnexion au vivant alors qu’en l’espace de deux générations, un décrochage complet entre la nature et les hommes s’est créé ».

Quels sujets ont été abordés durant les deux jours de rencontres organisées les 9 et 10 novembre à Polydôme ?

Difficile d’être exhaustif, puisque les quelques soixante-dix intervenants et les 400 participants ont été particulièrement prolixes. Il a été question d’accès au service, de financements, d’attractivité, de désenclavement, de sobriété, de circuits cours… et en filigrane toujours et encore d’agriculture, colonne vertébrale des territoires ruraux. Parmi les thèmes abordéS la question des transitions agricoles avec un débat autour de l’agroécologie, et la reterritorialisation de l’agriculture et de l’alimentation à travers des exemples concrets contre la démarche Porc de Montagne, Agrilocal ou encore les fermes de Figeac. Des responsables professionnels du monde agricole ont participé à ces ateliers parmi lesquels Sabine Tholoniat, présidente de la FNSEA 63, Clément Rivoire et Jocelyn Dubost responsable installation et président des JA Auvergne-Rhône-Alpes, Benoît Julhes, de la chambre d’agriculture du Cantal, Anthony Fayolle, de la chambre d’agriculture de Haute-Loire…Chacun a rappelé la nécessité d’analyser les problématiques dans leur ensemble, faisant le constat que le marché dicte les pratiques, en référence notamment au « mirage » de la bio en difficulté ces derniers temps faute de consommateurs. « En agriculture, nous sommes sur des temps longs. Que ce soit dans le végétal ou l’animal, le sol a de la mémoire, et on ne peut pas modifier d’un claquement de doigts les pratiques. Les agriculteurs ont l’adaptation dans leur ADN, le challenge c’est d’arriver à trouver des équilibres économiques entre le végétal et l’animal. Nous sommes à la croisée des chemins, et les multiples crises que nous traversons sont une opportunité pour redonner de la valeur à l’agriculture », indique Anthony Fayolle.

Et après : y-aura-t-il une saison 2 ?

Quel devenir pour un rendez-vous voulu comme multi-acteurs, aux thèmes transversaux, et dont la pérennité doit, on l’imagine, beaucoup à la fidélité de ses partenaires. Les organisateurs ont été très clairs. Les rencontres nationales version clermontoises, ont vocation à se déployer un peu partout. « Ce n’est que le début d’une aventure de décloisonnement entre les mondes qui gravitent autour du retour à la terre pour mieux les relier entre eux et les médiatiser », insiste Emmanuelle Coratti. Un pari ambitieux « pour croiser des mondes qui ne se croisent pas ou trop peu (recherche, agriculture, entrepreneuriat, finance, étudiants, arts, politique) et dont la rencontre créerait beaucoup d’inspiration, de valeur et déclencherait l’accélération dont nous avons besoin ».

Bernard Delcros, président du Parlement rural français : « Colmater les brèches ne suffit pas »

Structure qui rassemble des élus, des parlementaires, des collectivités, des associations ou fédérations qui œuvrent pour la ruralité…des géographes, des universitaires, des chercheurs…Le Parlement Rural est non seulement une instance de réflexion mais également de proposition, comme en témoigné Bernard Delcros, sénateur du Cantal, qui préside cette instance : « Nous n’avons plus de stratégie pour la ruralité et depuis longtemps, on colmate des brèches, alors que les enjeux autour de l’écologie, de l’aménagement du territoire, et de la cohésion sociale sont immenses. La ruralité peut être source de solutions à condition de dynamiser l’offre de services, sans réinventer des modèles qui ne fonctionnent plus, mais en sauvegardant des fondamentaux : l’accès au service de santé, à l’école, aux modes de gardes, l’habitat, tiers-lieux, espace de télétravail, culture… ».
 

Exode urbain : mythe ou réalité ?

A l’exception de certains départements du quart Nord-est, on peut dire que l’exode rural est terminé. Dans le Sud et l’Ouest, les espaces ruraux se repeuplent depuis un moment déjà. Y a-t-il des différences entre les néoruraux d’aujourd’hui et ceux des années 60 ? Il y a beaucoup de différences. Le contexte économique n’est pas du tout le même. Il est à la fois plus facile et plus difficile. Le panel de candidats à l’exode urbain est beaucoup plus large. Certaines personnes ne peuvent plus vivre en ville du fait du coût des loyers et se tournent alors vers le périurbain voire les espaces plus éloignés des villes. D’autres décident de s’installer par choix. Il s’agit généralement de jeunes, plutôt diplômés. Certains ont des projets d’installation très concrets, d’autres recherchant plutôt un cadre de vie.

 

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