Aller au contenu principal

Ce qui anime les francs-maçons de la Grande loge de France

Toujours associée à un fonctionnement secret, elle s’ouvre pourtant davantage : le Grand maître de la GLDF donnera une conférence à Aurillac, le 14 octobre, accessible à tous.

Le grand maître de la Grande loge de France, Marc Henry, inter- viendra au Centre des congrès d'Aurillac le 14 octobre.
Le grand maître de la Grande loge de France, Marc Henry, inter- viendra au Centre des congrès d'Aurillac le 14 octobre.
© R.Saint-André

Le 14 octobre, la Franc-maçonnerie fête un anniversaire au Centre des congrès d’Aurillac : le “Sillon arverne”, l’antenne cantalienne de la Grande loge de France (GLDF), célèbre ses 30 ans. À cette occasion, le Grand maître de l’obédience, Marc Henry, donnera une conférence ouverte à tout public. Un moyen de réaffirmer la volonté d’ouverture et de mieux connaître ce que l’on appelle encore aujourd’hui une “société secrète”. Le grand maître de la Grande loge de France interviendra sur le thème “Construire l’homme pour construire la cité”.



Qu’est ce qui distingue la Grande loge de France des autres obédiences maçonniques ?


Marc Henry : “Ce qui caractérise la GLDF, c’est qu’il n’y a pas de débat politique ou religieux, même si chaque frère est prié de s’investir dans la cité. Notre travail, c’est de faire de profanes, des initiés, issus de toutes croyances, de toutes strates de la société civile. C’est ce que résume Kipling dans le poème de la Loge mère(1). Globalement, c’est retrouver les valeurs de “liberté, égalité et fraternité”. Et ce n’est pas gagné ! Car on se construit avec l’éducation que l’on reçoit et que l’on n’a pas choisie, mais qui nous enferme. L’idée est donc de changer le regard, sur soi-même et sur le monde : “connais-toi toi-même”, ça commence par là. C’est ensuite voir l’autre avec dignité, qui qu’il soit, d’où qu’il vienne. Voilà le fond de notre travail.”



Comment, concrètement, les membres peuvent-ils se montrer utiles ?


M. H. : “Il y 10 000 manières. En fonction de leur position dans la société, ça peut être dans un comité de  quartier, dans  une  ONG,  unsyndicat ou même un engagement politique. C’est un travail individuel qui découle du rite maçonnique(2). C’est œuvrer pour un progrès moral et spirituel de l’humanité. Il est écrit dans notre constitution que, dans sa quête de la vérité et de la justice, un franc maçon ne connaîtra aucune entrave, aucune limite. Nous sommes des   cherchants.”


La Grande loge est implantée depuis 30 ans dans le Cantal. La ruralité vous intéresse aussi ?


M. H. : “On se doit de s’intéreser à tout, puisqu’on cherche l’individu. Y compris dans des orients (NDLR : des associations locales) qui n’ont pas la même taille, mais toutes la même valeur ! La condition première, que l’on retrouve partout, c’est d’avoir un  grand  cœur  et d’être quelqu’un de sincère. Après, on ne demande aucun diplôme, et tous les corps de métiers sont les bienvenus, pas uniquement des professions intellectuelles. On peut très bien être artisan ou agriculteur et se poser desquestions. Chacun, qui qu’il soit, où qu’il  soit,  peut  essayer  de  faire avancer ou de rederesser des choses.”


Quelles seront les grandes lignes de votre intervention à Aurillac ?


M. H. : “Construire l’homme pour construire la cité”, c’est une invita- tion à changer de regard, une prise de conscience ; ce n’est pas un jugement. Et que l’homme paie sa pierre pour s’améliorer, se perfectionner dans son comportement, ses choix, dans la tolérence et le respect de l’autre.”


Et l’occasion de lever un coin du voile sur le secret maçonnique ?


M. H. : “La conférence sera ouverte à tout public, et absolument toutes les questions seront les bienvenues. Plutôt que “société secrête”, je préfère le terme de “société discrète”. Et d’ailleurs, elle ne l’est pas tant que ça, puisque les rituels sont tous en vente dans les librairies. Le seul vrai secret, c’est celui du vécu et chacun a le sien ; il n’est pas communicable. C’est un parcours individuel au milieu des autres avec son propre bagage intérieur. Pour autant, je ne suis pas sûr que nous autres, êtres humains, ayons conscience que nous sommes tous sur le même bateau. Celui d’un monde qui continue d’évoluer sur des paradigmes qui ne sont plus les bons. On en est à une gestion parcellaire- mon pays, mon groupe, ma religion - alors que les problèmes ne sont pas frontaliers, à l’image des problèmes climatiques, de l’énergie... Et pour l’économie, c’est la même chose. Il nous manque les outils pour gérer avec humanisme. Nos politiques ont bien du travail, car on fonctionne encore sur des vieux schéma de pensées : produire plus, consommer plus…  Et  pendant  ce  temps,  on assèche le bassin de fourniture et on y ajoute de la pollution.”


La Grande loge, c’est l’incitation à une nouvelle philosophie ?


M. H. : “C’est prendre du recul vis- à-vis du quotidien, pour réfléchir. Être franc-maçon, c’est passer du verbe avoir au verbe être.”



(1) “Dehors, on se disait : Sergent, Monsieur, Salut, Salaam. Dedans, c’était : “Mon Frère”, et c’était très bien ainsi.”

(2) La GLDF, ordre initiatique, travaille aux trois premiers degrés du “rite écossais ancien et accepté”, qui compte 33 degrés d’engagement.


Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Les plus lus

Mickaël Vignal, au centre, a investi dans une centrale photovoltaïque de 36 kWc dont une partie de la production est autoconsommée.
Avec la baisse des tarifs de rachat d'électricité, l’autoconsommation est-elle devenue rentable ? 

À Sugères, Mickaël Vignal, éleveur laitier, a investi dans l'énergie solaire pour réduire sa facture d’électricité de 28…

Un nouveau kit d’introduction dérogatoire a été mis en place par le GDS. Il concerne les lots d’au moins 10 bovins âgés de moins de 24 mois, destinés uniquement à la boucherie ou à l’export.
Au 1er avril 2026 : les règles d'introduction des bovins évoluent

Les règles d’introduction des bovins en Haute-Loire évoluent le 1er avril 2026 afin de mieux concilier sécurité…

portrait de Domniqué Chargé, président de La Coopérative Agricole.
Dominique Chargé voit les coopératives “prêtes à reconstruire de la souveraineté”

Dans un pays aux 2 100 coopératives et où trois agriculteurs sur quatre sont adhérents, le chef de l’organisation faîtière des…

tank à lait avec des gens
Surproduction laitière : « L’enjeu est de faire la marche arrière la plus basse possible sur les prix »

Florent Kaplon, président du CRIEL et directeur amont des fromageries Dischamps analyse la conjoncture laitière et apporte un…

Le Cantal est le département de la région où la collecte laitière a le plus progressé fin 2025.
Lait de vache : Pourquoi la collecte laitière augmente ?

Depuis la fin de l'année, la production laitière a fortement augmenté à la faveur d'un automne clément et de fourrages…

De gauche à droite : Pierre Prallon, JA 43, Lionel Guy, président de la section lait de la FDSEA 43, Éric Richard, administrateur de la FNPL et vice-président  section lait de la FDSEA 43, Ludovic Blin, vice-président de la FNPL, J-Paul Peyral, administrateur FNPL et Géraud Bruel, président de la section lait du Cantal.
Tournée régionale FNPL : les éleveurs paient l’addition d’un manque d’anticipation industriel dans la crise laitière

En 2026, les éleveurs laitiers français paient le prix fort d’un manque d’anticipation industriel. C'est l'analyse portée par…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière