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Carrefour s’engage dans la démarche « Cœur de gamme » de la FNB

Après quelques jours d’actions syndicales, Carrefour s’est engagé, le 7 septembre, à suivre la démarche « Cœur de gamme «, instaurée par la Fédération nationale bovine (FNB), visant à revaloriser le prix des races allaitantes. Le syndicat attend que les autres distributeurs suivent, dans un contexte où une surproduction de viande est prévue.

© Pamac

À l’issue d’une journée d’action nationale et d’un long échange de vues sur l’avenir de la filière bovine, la direction du Groupe Carrefour s’est engagée dans la mise en place du « Cœur de gamme », a annoncé la Fédération nationale bovine (FNB), le 7 septembre dernier dans un communiqué. « Les coûts de production constitueront désormais pour Carrefour une référence dans la construction des prix et de leur révision «, continue le syndicat. Seul Super U avait pour l’instant accepté la mise en place d’un tel système de paiement. Interrogé le 5 septembre, Dominique Daul, vice-président de la FNB, annonçait que « des actions d’étiquetage, de distribution de tracts, des filtrages de camion, etc. commenceront dès le 6 septembre sur toute la France ». Effectivement, à Caen, une quinzaine d’éleveurs ont distribué des prospectus, comme à Lormont, près de Bordeaux où les tracts appelaient notamment à la mise en place du « cœur de gamme ».

Une « stratégie » pour la FNB

C’est à l’issue d’une réunion de trois heures avec des représentants de Carrefour, dont son PDG Georges Plassat, que Jean-Pierre Fleury, président de la FNB, a annoncé avoir conclu un accord avec le distributeur, ouvrant ainsi une « nouvelle ère » pour les éleveurs. « L’intégralité des demandes de la FNB a été acceptée par le groupe Carrefour «, a-t-il déclaré. Il n’en dira pas plus le lendemain, lors de l’assemblée générale d’Elvea France à Périgueux, organisation qui fédère les associations d’éleveurs bovins, expliquant que cela fait partie d’une « stratégie ». Le prix de la viande sera dans tous les cas basé sur le coût de production des éleveurs et revu trimestriellement. « C’est historique, cela ne s’était jamais fait jusqu’à ce jour avec une enseigne », souligne Jean-Pierre Fleury, qui espère « une application dès la semaine prochaine ». D’après lui, Carrefour s’est engagé à mettre en place « un processus de traçabilité inversée pour garantir que l’argent que va injecter le groupe descende bien chez le producteur ».

« Il va falloir naviguer entre les icebergs, cet automne »
Lors de l’assemblée générale d’Elvea France, Jean-Pierre Fleury a évoqué l’arrivée de 250 000 vaches laitières supplémentaires sur le marché de la viande européenne en lien avec la crise laitière (source : Institut de l’élevage). « Je suis très soucieux de ce qui va se passer », a-t-il déclaré. Le président de la FNB évoque aussi l’impact de la sécheresse et une décapitalisation qui s’amorce dans le secteur allaitant. Il rappelle le retrait de la FNB des commissions de cotations car le syndicat « ne veut pas cautionner le bazar qui va arriver dans les jours à venir ». Le syndicat attend que les autres enseignes de distribution s’engagent comme Carrefour dans la même démarche ». La FNB n’oublie pas qu’il y a toujours des acteurs de la distribution qui demeurent silencieux au regard de cette démarche d’avenir. Les éleveurs seront très attentifs à leur comportement dans les prochains jours «, concluait le syndicat dans son communiqué du 7 septembre. Jean-Pierre Fleury va plus loin: « J’ai donné jusqu’à lundi pour que mon téléphone sonne... ». Selon lui, un seul des distributeurs ferait encore de  la résistance.

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