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Car tel est ton Destannes

Plus vieux commerce d'Aurillac, la coutellerie Destannes a près de 120 ans d'existence. Le maître des lieux ne manque pas d'idées pour créer de nouvelles pièces, à l'image du Coq aurillacois.

Après le Centenaire, le Saint Géraud, le Marathon et l'Orgue, Gérard Destannes, artisan coutelier de la cité géraldienne, présente le Coq aurillacois, avec le soutien de la municipalité.
Après le Centenaire, le Saint Géraud, le Marathon et l'Orgue, Gérard Destannes, artisan coutelier de la cité géraldienne, présente le Coq aurillacois, avec le soutien de la municipalité.
© J.-M. A

G érard Destannes parle de ses couteaux avec autant de passion qu'il parle de sa ville, Aurillac. Dernier né, le Coq aurillacois, un couteau "moderne qui rend hommage à notre belle ville, à son fondateur Géraud, à Gerbert, Pape de l'An mille et à la Jordanne, notre rivière".
Après le Centenaire, le Saint Géraud, le Marathon et l'Orgue, l'artisan coutelier de la cité géraldienne propose donc une nouvelle création(1) à dimension historique puisque la plus ancienne poutre en chêne de l'abbatiale apparaît sur le manche d'une lame en inox et magnifiée au laser.

Saint Géraud "est l'âme d'Aurillac"
Gérard Destannes perpétue ainsi quatre générations de savoir-faire, dans un commerce qui lui aussi vaut le détour puisqu'existant depuis le XVIIIe siècle visiblement(2). Mais là n'est pas le sujet. Fier de son patrimoine et de son histoire, le coutelier a, dans un premier temps, relancé le blason familial avec l'Aurillac, créé par son arrière grand-père Jean, avant de rajouter des lames à son arc.
De sa première collaboration avec la Fondation du Patrimoine, Gérard Destannes produit le Saint Géraud, en 2013. "C'est la première fois qu'une entreprise avait l'idée de valoriser un patrimoine à partir d'un matériau qui avait une histoire(3). Cela n'était jamais arrivé", confie l'artisan. Un enthousiasme d'autant plus renforcé que "près de 15 000 demandes ont été faites alors que nous n'avons pu réaliser qu'un peu plus d'un millier de pièces", glisse le coutelier, reversant au passage près de 10 000 EUR à la Fondation du Patrimoine.
Gérard Destannes va même plus loin dans sa réflexion estimant que "Saint Géraud est l'âme d'Aurillac", lien peut-être de cause à effet qui marque l'attachement des Aurillacois à tout ce qui touche au "fondateur" de la ville, structurant celle-ci "autour de l'abbaye". Des histoires comme celle-là, il en a à la pelle et pour toutes ses créations. Ainsi, il se souvient du Marathon (issu des bancs de la tribune éponyme du stade Jean-Alric), "lancé le jour du match Aurillac-Biarritz en novembre 2016", une parution dans la presse et "le soir-même, les plus de 300 exemplaires étaient tous vendus". Au-delà du bois qui a servi pour le manche, il y avait un peu de cuir incrusté, "celui d'un des ballons qui avait servi lors de la demi-finale gagnée contre Mont-de-Marsan".

Un mix entre modernité et histoire
Cette fois, le Coq aurillacois se veut "plus moderne" selon son créateur, donnant "une image différente du couteau", mais surtout en faisant un "rappel des monuments principaux" de la cité géraldienne : l'abbaye bien sûr, mais aussi les berges de la Jordanne - "les deux choses les plus photographiées sur Aurillac" - le Pape Gerbert, que l'on retrouvera sur la lame. Pour autant, impossible pour Gérard Destannes de ne pas y apporter un côté historique et donc, une nouvelle fois, un morceau de poutre de l'abbatiale, "la plus ancienne du clocher" et, même "s'il est difficile de dater", d'un bois "qui a peut-être plus de 500 ans".
La modernité dans ce couteau tient à la fois des dessins au laser en collaboration avec une entreprise thiernoise, le Coq français, "car nous n'avons ni les moyens techniques, ni les moyens financiers d'acheter des lasers permettant de réaliser ces gravures", avoue le coutelier. Petite originalité du couteau, "c'est sa fermeture. On ne peut pas le fermer sans appuyer sur le coq. Et ce coup-là, on le voit bien, il est là-haut", pointant alors la direction du clocher de Saint Géraud.
"J'ai été le premier contributeur de ce coq, grâce à la vente de mes couteaux, qui veille sur Aurillac depuis près de deux siècles. C'était aussi un clin d'oeil", précise l'artisan, en rappelant que la découpe du coq pour le couteau a également été réalisée au laser.
Avec sa nouvelle bille de chêne, Gérard Destannes est sûr de pouvoir réaliser 200 pièces, "mais si on peut aller au-dessus, on le fera bien sûr".
Soutien aux associations liées au patrimoine
Comme pour les autres créations, la coutellerie Destannes va essayer de participer, grâce à la vente des couteaux, "au soutien d'associations aurillacoises liées au patrimoine auxquelles on reversera une partie de la somme", soit "entre 7 et 8 euros" par couteau vendu. Aux côtés du coutelier lors de la présentation du Coq aurillacois, Pierre Mathonier, maire d'Aurillac, et donc contributeur en tant que gestionnaire du patrimoine de la ville, était admiratif.
"Tu es un monument historique à toi seul. Tu parles très bien de ton métier, de l'histoire de la ville", relève l'édile, tout en vantant son attachement et "le souci de vouloir défendre le patrimoine". Très fier que "notre entreprise soit depuis 125 ans dans notre famille", d'une "image que l'on essaye de garder en faisant des produits de qualité", Gérard Destannes associe depuis près de 40 ans maintenant la transformation de la ville à sa créativité. Nul doute que celle en cours, en plein centre-ville, lui donne déjà des idées !    

(1) Tirage limité. Couteau vendu 99 EUR.
(2) 1780 d'après des recherches menées par l'historienne Claude Grimmer.
(3) Du bois du clocher de l'abbatiale.

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