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SNCF
Capdenac-Aurillac sacrifié

Suppression de deux nouveaux trains dans le Cantal. La CGT, FO et Sud solidaires sont désappointés.

La gare d’Aurillac ressemblera-t-elle bientôt à un désert ? C’est en tout cas la question que se posent les syndicats et les cheminots après cette nouvelle suppression de train.
La gare d’Aurillac ressemblera-t-elle bientôt à un désert ? C’est en tout cas la question que se posent les syndicats et les cheminots après cette nouvelle suppression de train.
© J-M.A
La nouvelle est tombée comme une énième épée de Damoclès sur la tête des agents SNCF du Cantal. Le train Capdenac-Aurillac de 7 h 29 est supprimé (tous les jours), tout comme celui du ­vendredi dans le sens Aurillac-Capdenac à 18 h 30. Une décision prise par la direction de la SNCF la semaine dernière et que les agents n’ont découvert que vendredi. Visiblement, la communication était aux abonnés absents en ce lundi matin. “Nous avons dû mettre en place, au dernier moment, un bus pour per­mettre aux usagers du train de ­rallier Capdenac à Aurillac. Mais beaucoup ne devaient pas être au ­courant de cette dernière ­suppression car certains sont ­restés à quai aujourd’hui. Le bus était archi plein”, se lamente Éric Debuire, secrétaire du syndicat CGT-Cheminots.

“Plumer Aurillac pour habiller Clermont”

 

Mais la colère du syndicaliste ne s’arrête pas là. Au nom de l’intersyndicale CGT, FO et Sud rail, lui et ses collègues distribuaient des tracts à l’entrée de la gare d’Aurillac lundi matin. “Après avoir supprimé deux trains de nuit pour Paris et le direct Aurillac-Paris, les usagers du Cantal ont dû subir plusieurs mois de travaux pour la rénovation des lignes depuis trois ans. La direction se félicite du ­cadencement 2012 alors que celui-ci aura supprimé cinq trains pour les voyageurs de notre département.” Et d’enchaîner : “Ce même cadencement entraîne des conditions et horaires déplorables (rupture de correspondance), retards des trains... La SNCF, par manque de matériel sur la région, choisit une nouvelle fois de toucher le Cantal en supprimant aujourd’hui un train qui transporte des lycéens, des étudiants, des salariés et des voyageurs en correspondance avec les trains de nuit via Figeac.” Pour les syndicats, “la SNCF continue de se saborder en méprisant les usagers cantaliens qui voyagent aujourd’hui dans des conditions lamentables”. Selon Thierry Bonhoure, secrétaire général CGT Cantal, “on dégrade la desserte d’Aurillac au lieu d’essayer de l’améliorer. On se demande vraiment si nous ne sommes pas pris pour des citoyens de deuxième, voire troisième zone”. Pour Éric Debuire, l’analyse est plus simple : “On plume Aurillac pour habiller la périphérie de Clermont.” Les syndicalistes ont donc immédiatement sensibilisé les élus sur ce nouveau chapitre concernant l’aménagement du territoire. Lundi, la Région n’était même pas au courant de la décision de la SNCF. Quant au maire d’Aurillac, il a été le premier à dégainer. “Sous prétexte de cadencement, le déménagement de notre territoire continue. Le matériel qui assurait la ligne Aurillac-Capdenac est réquisitionné au profit de l’agglomération clermontoise. C’est une nouvelle fois le Cantal et les Cantaliens qui servent de variable d’ajustement à des décisions prises sans concertation et au mépris de toute politique d’aménagement du territoire.” Au-delà du maire d’Aurillac, le sénateur Mézard, le député Descœur et le préfet Bayle ont été mis au courant de la situation.

 

 

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

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