Kafékap : le café d'orge made in Cantal
À 29 ans, Flora Kapala torréfie et commercialise depuis son petit atelier en Val d’Arcomie du “café” d’orge torréfié, une alternative bio, saine et locale au petit noir caféiné.
À 29 ans, Flora Kapala torréfie et commercialise depuis son petit atelier en Val d’Arcomie du “café” d’orge torréfié, une alternative bio, saine et locale au petit noir caféiné.
Voilà qui pourrait faire partie de vos bonnes résolutions pour 2026 : remplacer votre petit noir par un café... d’orge, garanti sans un gramme de caféine. Cette boisson, Flora Kapala l’a adoptée il y a une paire d’années, après que sa “mamie de cœur” portugaise auprès de laquelle la jeune femme a grandi le lui a fait découvrir. Au pays des Oeillets - comme sur la botte
italienne d’ailleurs - l’água de cevada ou cevada, issue de grains d’orge torréfiés, est une boisson populaire, prisée dans les tabernas de Lisbonne. “Chaque fois que j’allais au Portugal, j’en mettais dans mes valises car il est très difficile d’en trouver en France”, explique Flora Kapala, qui, après des études de commerce à Strasbourg et un début de carrière à Paris dans le marketing, a décidé de revenir s’installer en Val d’Arcomie, où son père, horticulteur, a implanté des champs de lavande et de plantes aromatiques. Un retour aux sources avec un projet entrepreneurial qu’elle vient tout juste de lancer : produire et commercialiser ce fameux substitut de café.
Quand la pause café devient toxique
Chargée des relations médias chez Dailymotion, elle qui a poussé entre Puy-de-Dôme et Margeride, a très vite compris que la capitale ne serait pas pour elle un terreau fertile. Trop de bruit, de béton... de caféine aussi ! “Au bureau, comme je ne fume pas, la pause cigarette se transformait en pause café... Si bien que j’en suis arrivée à sept-huit tasses par jour...”, relate Flora Kapala. Une addiction avec son lot de maux : migraine, anxiété, problèmes d’estomac. Verdict du médecin : stopper vin, bière, café... “Or, autant on peut réduire sa consommation d’alcool avec des boissons soft, de la bière sans alcool, autant pour le café, il n’y avait pas vraiment d’alternative”, poursuit la jeune femme. Et faire la pause café avec une verveine ou un thé vert... très peu pour elle. Sauf à imaginer une alternative. Pourquoi pas la cevada ?
Kafékap : inspiré par la cevada
De retour dans le Cantal après cette séquence parisienne, l’idée germe chez Flora Kapala, qui
rapidement, prend la direction du Portugal pour s’équiper d’un torréfacteur à café et se former durant une semaine à la technique. Après avoir acquis un moulin, la jeune entrepreneuse fait ses premiers essais et ses adaptations, les grains d’orge étant un peu plus gros que ceux de café avec en outre la particularité de gonfler au contact de l’eau. Ses premiers sachets sortent du petit atelier installé dans la ferme florale familiale en octobre dernier, parallèlement à la conception d’un site internet, d’étiquettes, du packaging de ce produit estampillé Kafékap.
Orge auvergnat
La matière première, bio, est pour l’heure achetée à un groupement de producteurs auvergnats mais Flora souhaiterait développer une relation partenariale avec un producteur d’orge cantalien. “Pour le moment, j’utilise de l’orge de semence car c’est la plus propre, j’ai essayé avec de l’orge pour animaux mais c’est trop impur et la moindre impureté donne vite du goût à la boisson”, expose la jeune cheffe d’entreprise, qui a tout juste commencé à démarcher des points de vente. Son objectif : être référencée prioritairement dans des épiceries fines et des coffee shops, dans le Cantal et bien au-delà, “pour faire rayonner le département !” Cette prospection sera son chantier prioritaire pour 2026, avec l’ambition de doubler le nombre de ses distributeurs en visant 30 points de vente. Actuellement, son café d’orge peut être commandé sur son site internet, acheté à la petite boutique de la ferme florale de Margeaubrac, au Localou à Saint-Flour, ainsi que sur Pantin (93) et Gannat (03).
Bio, local, sain
Les amateurs et puristes d’expresso y trouveront-ils leur compte ? Énergisant mais pas excitant, le café d’orge dégage un goût proche du café, avec des notes de pain grillé, caramel et noisette, une palette d’arômes variant selon l’intensité de la torréfaction et son dosage. “L’idée, c’est d’avoir une boisson proche du goût du café avec tout le rituel qui va avec : la préparation, le faire couler dans la tasse. Il faut vraiment le voir comme un substitut pour ceux qui veulent réduire leur consommation de café”, plaide Flora. Sachant que le café d’orge a plusieurs vertus à faire valoir : dépourvu de caféine, l’orge est en revanche riche en fibres, sels minéraux - comme le fer, le phosphore, le zinc, la magnésium... - et vitamines (B2, B3, E) qui améliorent la digestion. Sa consommation est associée à la réduction du cholestérol et des risques cardiovasculaires, ainsi qu’à des propriétés anti-inflammatoires et anti-oxydantes. Autre atout : contrairement aux grains de café importés, au lourd bilan carbone, le café d’orge est une production locale.
Kafékap primé par Auverboost
Autant d’éléments qui, associés à une entreprise originale, ont convaincu le 17 décembre dernier le jury de la 26e session Auverboost, un dispositif mis en œuvre par Auvergne-Rhône-Alpes Orientation visant à soutenir les jeunes créateurs ou repreneurs d’entreprises (entre 18 et 30 ans) qui participent au développement économique du territoire régional. Avec Kafékap, Flora Kapela fait partie des 26 jeunes talents innovants primés.