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Sécheresse
Ça se joue maintenant !

Herbe ou céréales, les cultures souffrent du manque d'eau en ce début d'année. Faisons un point sur la situation actuelle avec Mathias Déroulède de la Chambre d'agriculture.

« Aucune région n'est épargnée. Chaque jour qui passe, on voit des sols se craqueler», a déclaré à l'AFP, Christiane Lambert.
« Aucune région n'est épargnée. Chaque jour qui passe, on voit des sols se craqueler», a déclaré à l'AFP, Christiane Lambert.
© © Adobe Stock

Malgré des orages annoncées, la pluie tarde à venir, et déjà sur l'ensemble du département les sols et les cultures souffrent de sécheresse.
Mathias Déroulède, technicien spécialisé en cultures à la Chambre d'Agriculture et ses collègues, ont fait un rapide bilan de la situation. "Pour les secteurs en dessous de 700 m, la situation est préoccupante" résument-ils. Mais, tout va se jouer dans les tout prochains jours. "Si nous n'avons pas de précipitations abondantes dans les 15 jours, la situation va nettement se tendre…" note Mathias.
Suivant les secteurs, les précipitations sur ce début d'année 2022 atteignent entre 50 et 68 % des précipitations normales enregistrées ces dernières années (voir tableau). Sans surprise, les secteurs de Fontannes, Saugues et Landos sont les plus secs. Loudes a été un peu plus arrosé tout comme les zones plus en altitude. Notons aussi que l'hiver 2021/2022 n'a pas été très chaud, ni très arrosé. Une situation gênante pour les réserves des nappes phréatiques et pour les rivières. Soulignons aussi que les réserves collinaires n'ont pas pu se recharger en intégralité.
Mathias Déroulède nous fait un rapide débrief en terme de quantités et qualités des récoltes à venir. Alors qu'on est en plein ensilage, les quantités semblent plutôt correctes sur les secteurs au dessus de 700 m avec à la clé une bonne qualité. «Les rendements des 1ères coupes ray-grass vont de 2 TMS/ha dans les zones basses et séchantes et jusqu’à 4 TMS/ha pour les secteurs en altitude mieux arrosés». À cette bonne nouvelle, on peut ajouter que les éleveurs peuvent aussi s'appuyer sur des stocks de fourrage de l'an dernier. Par contre, le technicien s'interroge sur les 2èmes coupes et la pousse des prairies tardives s'il ne pleut pas.
Concernant les céréales, le technicien a constaté des signes de sécheresse avec des feuilles qui flétrissent. "On entre en phase critique, c'est la période de remplissage des grains. Pour les orges d'hiver, c'est la floraison et on a de la paille. Pour les triticales, on est à mi-épiaison ; si le peuplement des épis est à peu près assuré, quid du remplissage des grains. Quant aux blés, ils sont en retard, et le manque d'eau pourrait nuire au peuplement des épis et au remplissage des grains". Mathias note quand même une bonne nouvelle : "Côté maladies, ce n'est pas le sujet du moment à quelques exceptions près".
Les spécialistes de la Chambre d'agriculture ne veulent pas alarmer les éleveurs, mais ils restent vigilants quant à l'évolution de la situation dans les jours à venir.
 

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