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Cif
Bruno Clouet : “Il faut rester sur les fondamentaux de l’AOP”

Directeur industriel chez Lactalis, Bruno Clouet a été élu mardi à la présidence du Comité interprofessionnel des fromages. Un mandat dans la continuité des chantiers engagés, annonce-t-il.

Bruno Clouet se définit lui-même comme “un vétéran du Cif” au sein duquel il siège depuis une dizaine d’années.
Bruno Clouet se définit lui-même comme “un vétéran du Cif” au sein duquel il siège depuis une dizaine d’années.
© PO

C’est en moins de six mois le troisième représentant de la filière à prendre les rênes du Cif, comité interprofessionnel des fromages en charge des appellations cantal et salers. Mardi 10 décembre, Bruno Clouet, directeur industriel du groupe Lactalis, a ainsi été élu président par le conseil d’administration de l’interprofession, un siège vacant depuis plusieurs semaines après que Bruno Vincent-Genod a quitté le groupe 3A et de fait son poste au Cif. Sachant que la réforme des statuts du Cif impose une présidence tournante qui revient actuellement au collège des transformateurs. “Pour un certain nombre de raisons, notamment du fait de l’évolution de 3A et son rapprochement avec Sodiaal, on m’a demandé d’assumer la présidence pour les deux prochaines années”, explique Bruno Clouet, “un des vétérans du Cif” selon ses propres termes.

Du mieux sur les ventes

Si les hommes ont changé à la présidence, les enjeux et défis restent, précise immédiatement le nouveau président, qui affiche sa volonté de s’inscrire “dans la double continuité de Michel Lacoste et Bruno Vincent-Genod”. Avec des chantiers déjà entamés qui vont être poursuivis, à commencer par la réforme statutaire dont l’achèvement verra la distinction officielle entre le Cif en tant qu’ODG, organisme de défense et gestion, et le CSI, Cantal salers interprofession, l’instance interprofessionnelle des deux appellations. Ces évolutions, a priori internes, offrent néanmoins de nouvelles perspectives à la filière, “avec la possibilité pour le CSI de prendre des accords interprofessionnels favorables au développement des AOP”. Un développement qui reste le cœur des enjeux et préoccupations de la filière cantal. Car si le Cif a bon espoir de voir les volumes de cantal commercialisés se maintenir au niveau de 2012 sur l’exercice 2013 soit autour de 13 500 tonnes(1), avec un redressement des ventes ces derniers mois, on est loin encore de l’euphorie et la filière a dû composer avec un effritement de ses volumes les années antérieures. “Les effets de la communication significative que nous avons engagée depuis le nouveau décret de 2007 tardent à être mesurés. Les retombées de toute communication sont toujours longues à se manifester, observe Bruno Clouet. Cela dit, on réfléchit aux éléments qui font ou qui feraient que le consommateur ressent encore des freins à la consommation du cantal que ce soit dans la région ou à l’extérieur.” À l’issue d’un séminaire début septembre, le Cif, en lien avec ses partenaires, a donc lancé un certain nombre de pistes d’actions pour améliorer l’économie globale de la filière, parmi lesquelles cette réflexion sur la perception du cantal par le consommateur. “C’est un impératif pour orienter la politique du Cif tant en termes de communication que d’interventions techniques de nos équipes”, estime le nouveau président.

“Les marges de manœuvre sont serrées”

 

Conscient de l’impatience des producteurs, acteurs de la filière et partenaires, de voir l’appellation enclencher une dynamique positive génératrice de valorisation économique accrue, il rappelle “que beaucoup de choses ont été faites en peu de temps. C’est vrai qu’on a du mal encore à en retirer les fruits, mais il faut voir aussi que les marchés sont difficiles, notamment en France, que le cantal n’est pas tout seul, que tout le monde se bat pour tirer son épingle du jeu. Les marges de manœuvre sont serrées.” Un environnement compliqué qui pour lui oblige à ne pas s’écarter des fondamentaux - chers à Vincent Moscato  : “Travailler à améliorer la qualité du fromage, à une bonne promotion et communication pour justifier la confiance des consommateurs avec à la clé des quantités achetées et un prix. Il n’y a pas d’autre salut. Il faut avoir une gestion fine, ça vaut pour les exploitations laitières, les ateliers de transformation et d’affinage.”

 

(1) Lactalis représente 2 300 tonnes.

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

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