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Bressolles : transition vers le pâturage tournant au Domaine des Roses

Au domaine des Roses, à Bressolles, Gautier Hamot a fait le choix du pâturage tournant. Pour cet éleveur de 120 mères charolaises sur 137 hectares, c’est du bon sens paysan, un choix dont il se félicite. Il explique les avantages à adopter ce système.

Le domaine des Roses, dans l'Allier

Reprenant l’exploitation familiale, Gautier Hamot a d'abord concilié pendant six ans son métier d’inséminateur et celui de chef d’exploitation, avant de s’installer pleinement en 2023. 

Face à des terres hétérogènes, à faible potentiel et soumises aux aléas climatiques, il a choisi de produire l’alimentation sur l’exploitation

« Je ne conçois pas d’élever des animaux sans être capable de les nourrir avec ce que je produis moi-même », affirme-t-il. 

Herbe et fourrages constituent ainsi la base du système, limitant le recours aux cultures (la luzerne) et aux intrants extérieurs.

 

 

Le tournant du pâturage dynamique

Le véritable virage intervient en 2015, dans un contexte contraint par une perte de surface et l’entrée en zone Natura 2000. 

Cette période marque une évolution des pratiques vers un modèle plus respectueux de l’environnement.

 « On a été amené à voir l’exploitation différemment, mais finalement, beaucoup de pratiques relevaient déjà du bon sens paysan », explique l’éleveur.

La même année, il découvre, par le biais d’une formation, le pâturage tournant dynamique

D’abord expérimenté sur un seul lot, le système est peu à peu étendu à l’ensemble du troupeau. 

Aujourd’hui, les animaux changent de parcelles tous les un à deux jours, avec un temps de retour de 21 à 27 jours. 

Résultat : une herbe consommée au bon stade, sans gaspillage ni refus. 

« Je ne mets plus d’engrais et je ne broie plus les refus. Les animaux valorisent tout », souligne-t-il. 

Ce mode de conduite permet non seulement des économies d’intrants, mais aussi une meilleure productivité à l’hectare.

 

 

Des bénéfices techniques, économiques et humains

Les effets sont positifs. 

Le pâturage tournant améliore la santé animale, notamment en limitant le parasitisme grâce à la rotation des parcelles.

« On casse le cycle des parasites naturellement, avec beaucoup moins de traitements », précise Gautier Hamot.

Le comportement des vaches évolue également, elles deviennent plus calmes et faciles à manipuler.

 « Tous les jours, je leur apporte quelque chose de bon, elles me suivent naturellement », observe-t-il. 

Un atout majeur pour un éleveur travaillant souvent seul.

Sur le plan économique, réduction des achats d’aliments, performances équivalentes voire supérieures.

La vente directe a également mis en évidence une meilleure qualité de viande issue de ce système basé sur l’herbe.

 

 

Un modèle d’avenir

Après dix ans de pratique, Gautier Hamot ne regrette pas son choix. 

« Si je devais revenir en arrière, je serais tétanisé », confie-t-il. 

Son conseil aux éleveurs hésitants ? 

Tester à petite échelle. 

« Il faut oser essayer sur une parcelle et comparer. On se rend vite compte des bénéfices ». 

Entre autonomie alimentaire, respect de l’environnement et amélioration des conditions de travail, ce système apparaît comme une voie durable pour l’élevage de demain.

 

Lire aussi : Préparer la campagne de pâturage

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