Aller au contenu principal

À Berbezit, les Denis prennent la relève des Saby

À Berbezit, un couple venu du nord de la France a repris la ferme de Bernard et Thérèse Saby qui cherchaient des repreneurs depuis 2 ans. Exemple d'une transmission-reprise réussie.

Ludivine et Sébastien Denis avec leur petit dernier dans les séchoirs de la ferme.
Ludivine et Sébastien Denis avec leur petit dernier dans les séchoirs de la ferme.
© HLP

En août 2017, la commune forestière de Berbezit accueillait une nouvelle famille : Ludivine (37 ans), Sébastien (38 ans) Denis et leurs 2 enfants (leur 3ème enfant est né au printemps 2018). Le couple avait pour projet la reprise de l'Earl "Les Salaisons Fermières" de Bernard et Thérèse Saby ; une exploitation en production porcine avec transformation et vente directe, dans le village de Sauron.
Après leur BTS "Production Animale" obtenu dans l'Aisne, et une expérience professionnelle en tant que salariés, dans des exploitations agricoles pour Sébastien, et  dans l'industrie chez un sous-traitant d'Airbus pour Ludivine, qui n'a trouvé aucun débouché dans le domaine agricole malgré sa licence agro-alimentaire, les Denis portent le projet de s'installer. Dès 2015, ils partent à la recherche d'une exploitation à reprendre après avoir identifié 3 critères majeurs : la montagne car Ludivine tenait à se situer à proximité d'une station de ski, le cochon et la transformation, pour Sébastien. «Le porc est une production moins coûteuse à l'installation et dont les cycles courts permettent d'obtenir de la trésorerie assez rapidement. Quant à la transformation, je connaissais bien» explique Sébastien.
Visite de 4 fermes
C'est avec ces critères en poche, que le couple s'est mis à éplucher, depuis Amiens, les offres de reprises sur l'ensemble du territoire national rassemblée dans le RDI (Répertoire Départ installation).  4 offres répondaient à leurs critères et se situaient dans la Drôme, le Jura, la Saône et Loire et la Haute-Loire. Après la visite des 4 fermes, c'est celle de Bernard et Marie-Thérèse Saby qu'ils ont choisie. «Les installations étaient fonctionnelles et le laboratoire très professionnel. Côté montagne, on se situe près du Lioran...» expliquent-ils.
À leur arrivée en Haute-Loire en août 2017, la mairie de Berbezit leur a réservé un très bon accueil : «le maire nous a proposé un logement et le ramassage scolaire a été remis en place pour nos enfants» explique Ludivine.  Et pour mener à bien la transmission-reprise de l'exploitation porcine des Saby, le couple a bénéficié de l'accompagnement du service installation-transmission de la Chambre d'agri- culture de Haute-Loire. «La conseillère Catherine Bapt nous a proposé la mise en place d'un stage parrainage avec les cédants. Même si pour nous, ce stage a été trop long (d'octobre 2017 à décembre 2018), il nous a permis de faire nos démarches à l'installation, d'apprendre à connaître et à travailler avec les cédants et de nous faire connaître auprès de la clientèle de la ferme». Ludivine ajoute : «Grâce au stage parrainage, j'ai appris beaucoup de choses notamment en matière de découpe de la viande. Les éleveurs nous ont par ailleurs conseillé de suivre des formations sur la transformation de la viande à l'ENILV d'Aurillac».
La Roulotte des Salaisons
Sébastien et Ludivine se sont tous deux installés en hors cadre successoral et avec la DJA le 1er janvier 2019. Entre les Denis et les Saby, le contact est tout de suite passé et après le stage et le départ en retraite de Thérèse, Bernard, qui n'avait pas encore obtenu la totalité de ses trimestres pour la retraite, est devenu salarié de la ferme renommée "La Roulotte des Salaisons".
Le couple a l'intention de poursuivre sur la même voie que les Saby en continuant à fournir des produits de qualité (sans conservateur ni additif et séchés à l'ancienne) renommés depuis de longues années (charcuterie, viande fraîche et conserves en bocaux). Ils ont récemment investi dans une remorque frigo pour les livraisons sur les marchés et réfléchissent (sans aucune certitude) à agrandir l'atelier de transformation, ce qui nécessitera l'ambauche d'un boucher... 
«Notre objectif c'est de pouvoir travailler à deux sur la ferme et de profiter  de notre vie de famille avec nos enfants».

L'Earl en chiffres
L'Earl La roulote des Salaisons dispose d'une SAU de 17ha et d'un cheptel porcin de 11 truies, 1 verrat et leur suite.
L'élevage naisseur-engraisseur, transforme et assure la vente directe à la ferme, sur 3 marchés (Brioude - samedi matin, Brassac les Mines -dimanche matin- et Paulhaguet - lundi matin) et dans le point de vente "Le chemin des fermiers" au Puy.
L'Earl dipose d'un corps de ferme avec une porcherie,  un atelier de transformation, des séchoirs et une grange de stockage. Sébastien et Ludivine Denis accueillent un troupeau de vaches Aubrac en estives d'avril à novembre dans le but d'entretenir les pâtures. Les Denis ont ouvert un site internet (laroulottedessalaisons.fr) qui  sert de vitrine à l'Earl.

Rédaction Réussir

Les plus lus

En 2010 et 2015, les éleveurs avaient déjà bloqué les sites du groupe Bigard.
Les éleveurs de viande bovine vont bloquer les abattoirs du groupe Bigard

Trop c'est trop. Face à la baisse continue des cours en viande bovine, les éleveurs ont décidé de passer à l'action. Ils…

Portrait Mickaël Clarissou : l’éleveur limousin qui sculpte l’avenir de son troupeau

Éleveur passionné au GAEC Clarissou situé à la Croix du Don près de Saint-Paul, Mickaël perpétue avec son frère Jérôme un…

fromages saint-nectaire
La filière AOP saint-nectaire progresse, mais l’idée d’une régulation des volumes reste d’actualité

Rejeté au printemps par les producteurs, le projet de maîtrise des volumes de l'AOP saint-nectaire reste indispensable pour…

Plus de 80 % des Cuma ont une activité récolte.
Agriculture : comment bénéficier du crédit d'impôt CUMA ?

Le dispositif s'adresse directement aux agriculteurs et agricultrices membres d'une CUMA. Le calcul se base sur le montant des…

Les cultures de maïs consommation et semence ont souffert davantage des fortes chaleurs que du manque d'eau avec une grosse problématique de fécondation.
La production de maïs semoulier en chute libre en Auvergne, Limagrain contraint aux importations

La filière maïs en Limagne est face à un défi historique. Pour Limagrain, 2026 s'annonce d'ores et déjà comme une année noire,…

Les démarches administratives et réglementaires autour des concours équins se renforcent.
Chevaux de trait : les concours 2026 changent de règles

Entre migration numérique, nouvelles règles sanitaires et formation de la relève, l’Association des Éleveurs de Chevaux de…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière