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INSTALLATION
Benoît Julhes, nouveau président des JA Auvergne

Installé en gaec familial dans le Cantal depuis 2011, Benoît Julhes vient d'être élu à la présidence des Jeunes agriculteurs d'Auvergne.

Benoît Julhes (à gauche) succède à Jérémy Leroy, à la tête des JA Auvergne. S.Chatenet-Giraud
Benoît Julhes (à gauche) succède à Jérémy Leroy, à la tête des JA Auvergne. S.Chatenet-Giraud
© S.Chatenet-Giraud

En deux mots, quel a été votre parcours ?


Benoît Julhes : A la sortie de mes études, j'ai occupé un poste d'animateur aux Jeunes agriculteurs du Cantal pendant six mois, puis j'ai travaillé dans une coopérative. Mon projet d'installation s'est ensuite concrétisé. En mars 2011, j'ai rejoint mon père sur l'exploitation de Badailhac dans le Cantal où nous produisons des bovins allaitant de race salers et des porcs (naisseur-engraisseur). Je suis actuellement vice-président des JA du Cantal.

Quel sera le fil conducteur de votre action au sein des JA Auvergne ?


B.J. : Je souhaite m'inscrire dans la continuité du travail qui a été engagé par mon prédécesseur Jérémy Leroy, qui reste par ailleurs très impliqué dans la structure en occupant le poste de trésorier. L'installation, l'avenir du métier d'agriculteur demeure notre priorité. Mais pas à n'importe quel prix. Nous souhaitons voir émerger des projets à la fois viables économiquement et vivables socialement. Nous nous donnons comme objectif de faire progresser les revenus et les conditions de travail des jeunes qui s'installent.

En 2014, l'installation va désormais être gérée au niveau régional. De quelle manière appréhendez-vous cette évolution ?


B.J. : Au niveau des Jeunes agriculteurs, nous partons avec un certain nombre d'acquis à la fois sur le fond et la forme. En 2009, les JA ont bâti un nouvel accompagnement à l'installation plus personnalisé (PPP), qui a été expérimenté dans plusieurs départements. L'an dernier, les assises de l'installation dans leurs phases régionale et nationale ont plébiscité cet accompagnement. Cela nous donne donc une légitimité sur ce sujet central. Ce socle va continuer. Cette nouvelle étape de régionalisation va faire bouger certaines choses, mais globalement on devrait aller vers une évolution mais pas vers une révolution.

La régionalisation a donné naissance au Comité régional installation transmission (CRIT), qui s'est réuni pour la première fois fin avril. Cette nouvelle instance statuera sur quoi ?


B.J : Le Conseil régional et la DRAAF copilote ce comité avec beaucoup de gens autour de la table. Il a été décidé dernièrement de créer un comité plus restreint impliquant notamment la profession de manière à avancer plus vite et mieux, pour moins se disperser. Trois thèmes de discussion sont sur la table : la pré-installation et la transmission ; l'accompagnement à l'installation et les financements et ses modalités. Pour nous, il est impératif que les critères d'attribution des aides à l'installation soient en phase avec les réalités des territoires. La feuille de route définitive devrait être connue au plus tard fin septembre.

Qu'attendez-vous des pouvoirs publics ?


B.J. : Avant tout, nous souhaitons de la continuité dans ce qui est fait. Les changements brutaux ne sont pas faciles à gérer sur le territoire et peuvent au final décourager les porteurs de projets. Il nous semble essentiel de donner confiance aux jeunes, d'entretenir cette confiance, et cela implique de ne pas les trahir. Parallèlement, nous mettons un point d'honneur à la formation, pour permettre aux jeunes de se donner les moyens de réussir. Enfin, nous estimons que certains freins, comme la surcharge administrative, méritent aujourd'hui d'être levés, il en va de l'attractivité de notre métier.

Au-delà des aides à l'installation, quels leviers souhaitez-vous actionnez pour accompagner les jeunes ?


B.J. : Apporter un revenu décent à chaque jeune cela passe par la valorisation des produits. Nous souhaitons ainsi mener des actions au sein des filières pour que l'installation soit une priorité, un combat de tous les jours. L'Auvergne participera, par ailleurs, du 4 au 7 septembre prochains, à l'opération les Halles de Jim, organisée près de Bordeaux dans le cadre de la finale mondiale de labour et de l'année mondiale de l'agriculture familiale. Le projet ambitieux des JA consiste à créer un supermarché alternatif de produits agricoles où les consommateurs pourront avoir accès à toute l'agriculture française dans sa diversité à son juste prix. Il s'agit pour nous de communiquer à la fois sur les coûts réels de production et sur la qualité de nos produits. Chaque région devrait proposer une vingtaine de produits. Entre 200 000 et 300 000 visiteurs sont attendus pour cet évènement qui entend se situer dans la lignée d'une manifestation comme la Grande Moisson, qui s'est tenue à Paris en 1990.

Propos recueillis par Sophie Chatenet-Giraud

Rester vigilant sur la PAC

S'il se félicite de la pérennisation des crédits installation dans le second pilier de la PAC et de la majoration des aides destinées aux JA dans le premier pilier, Benoît Julhes estime qu'il faudra rester vigilant.

« Il ne faudrait pas que l'augmentation des crédits installation dans le premier pilier entraîne une baisse dans le second pilier ». L'enjeu est évidemment d'amener une réelle plus-value en faveur des jeunes agriculteurs.

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