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« Beaucoup de synergies entre l’agriculture et la forêt »

Auteur d’un livre récemment paru sur la bioéconomie, Claude Roy, ancien conseiller au ministère de l’Agriculture et à Matignon, souligne la nécessité pour les agriculteurs et les forestiers de travailler coude-à-coude.

© agra presse

À chaque page de votre livre, vous parlez en même temps des agriculteurs et des forestiers, des surfaces agricoles et des surfaces forestières. Cela pour l’alimentation, la chimie, les matériaux de construction et l’énergie. L’agriculture serait-elle en train de se faire doubler par la forêt ?
Non, pas le moins du monde ! Il n’y a pas d’opposition entre l’agriculture et la forêt, mais au contraire, beaucoup de synergies possibles. L’une et l’autre sont ou seront nécessaires pour fournir les produits alimentaires, les produits chimiques, les matériaux de construction, les biocombustibles ou les carburants biosourcés dans une économie post-pétrolière contrainte par le climat telle qu’elle s’annonce. De plus, grâce à l’activation de la photosynthèse, agriculture et sylviculture sont les seules pompes à carbone sur Terre, avec les océans, permettant d’amortir la menace climatique qui pèse lourdement sur notre avenir.
Et même, bientôt, les biocarburants et la chimie biosourcée de deuxième génération, qui seront élaborés à partir de la cellulose du bois et des pailles, viendront solidariser simultanément les métiers et les intérêts des sucriers, des amidonniers et des opérateurs de la filière bois. Grâce aux biotechnologies et aux enzymes, on peut en effet désormais « débobiner » la cellulose en molécules primaires de sucres pour produire ensuite toute une gamme de molécules recombinées, du biéthanol-carburant à la chimie, et même à l’alimentation. Autant de raisons, donc, pour lesquelles on ne peut pas, et on ne doit pas, dissocier l’agriculture et la sylviculture, ni les agriculteurs et les forestiers.

Vous mentionnez l’éthanol à partir du bois. Est-on vraiment près de la phase d’industrialisation ?
La phase de recherche est achevée en France, grâce au programme Futurol. La phase pilote également. Maintenant, il faut passer à la phase industrielle, et les enjeux sont importants, surtout après la publication de la directive européenne Red II sur la promotion des énergies renouvelables dans les transports. Mais il subsiste toujours, bien entendu, des questions auxquelles nous devrons répondre avec les industriels et les financiers avant de se lancer. D’autres pays sont aussi dans la course : États-Unis, Roumanie, Italie. D’après ce que j’en sais, les Français, avec le programme Futurol qui fut développé de 2008 à 2018 dans la Marne, au sein de la bioraffinerie de Pomacle-Bazancourt, puis à Compiègne, se sont posé les bonnes questions technologiques, avec les bonnes réponses. Et déjà, les licences du procédé Futurol sont ainsi mises en vente au niveau international par la société Axens, une filiale de l’Institut français du pétrole.

Suite de l'article à lire dans le Réveil Lozère n°1523, du 29 août 2019, en page 9.

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