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Autoportraits : quand la caméra redonne la confiance perdue

À la fois devant et derrière l’objectif, six "acteurs de leur vie" se confient sur leurs parcours et leurs aspirations.

Une projection publique du film “Autoportraits”, réalisé par et avec les participants d’un atelier de remobilisation sociale par la pratique de l’audiovisuel s’est déroulée en présence des assistantes sociales partie prenante du projet, des professionnels de la communication, des élus départementaux...
Une projection publique du film “Autoportraits”, réalisé par et avec les participants d’un atelier de remobilisation sociale par la pratique de l’audiovisuel s’est déroulée en présence des assistantes sociales partie prenante du projet, des professionnels de la communication, des élus départementaux...
© UC

Voilà un film pas comme les autres. “Autoportraits” est né de l’aboutissement d’un atelier de remobilisation socioprofessionnelle, cofinancé par le conseil départemental du Cantal et le Fonds social européen (FSE). Sa réalisation a eu pour objectif de remettre en confiance un certain nombre d’individus suivis par les services d’actions sociales. Un travail qui débute par une écriture sur soi, qui réclame de parler devant le micro, d’affronter la caméra... “Savoir être et savoir-faire, dans un dépassement de soi qui force l’admiration”, était-il relevé lors de la projection de ce court métrage, mardi 10 décembre dans l’atrium de l’Hôtel du département.

Encadrement pro

Cet atelier a été confié à l’association Regards inédits, représenté par Joseph Boilon(1) et Michel Fort(2), tandis que le groupe était aussi encadré par Christine Martial et Magali Bouillin, assistantes sociales, “particulièrement investies dans ce projet”, a tenu à préciser Sylvie Lachaize, première vice-présidente en charge des Affaires sociales. Elle se souvient aussi qu’elles avaient déjà travaillé en 2016 à la réalisation d’une exposition de portraits photos. C’est aujourd’hui une suite logique avec l’image animée, quoi que plus difficile à mettre en œuvre.Cet atelier vidéo a en effet duré pas moins de sept mois. Un temps suffisamment long pour qu’entre les différents protagonistes se créent des liens de solidarité forts. Une réussite encore, selon Sylvie Lachaize, qui y voit une belle complémentarité de l’accompagnement social individuel. En impulsant la reprise d’un rythme de vie et une revalorisation de soi, l’idée est bien d’accéder à une nouvelle étape dans le parcours personnel et à plus long terme, une insertion professionnelle.

Ils se racontent

Dans le film “Autoportraits”, ils se racontent. Victorien a été manœuvre, livreur, cuisinier... Puis il est monté à Paris, où la vie urbaine ne lui convenait vraiment pas. Il est revenu dans le département où il a fondé une famille. Sa fierté. Hafid aussi était à Paris, à l’université. Mais des problèmes l’empêchent de soutenir sa thèse de doctorat. Très vite, il sombre, connaît la rue avant d’être hébergé chez les compagnons d’Emmaüs... “La dernière communauté, c’était celle d’Aurillac.” Reconnu travailleur handicapé, aujourd’hui, celui qui voue une “admiration pour l’Abbé Pierre, Gandhi et Charles de Gaulle”, assure des petits boulots en qualité de traducteur.Originaire de Drugeac, Olivier a choisi d’être filmé au muséum des Volcans. Il aime la nature et a besoin de s’y évader. “Je ne tiens pas en place”, reconnaît-il. Bénévole au Secours catholique, il cherche un travail dans la sous-traitance. Et songe parfois ouvrir, avec sa compagne, une entreprise de gardiennage d’animaux, lui qui les aime tant. Autre parcours, celui d’Amandine, qui connaît le Cantal depuis qu’elle a 7 ans. Très enthousiaste, elle a suivi des cours de théâtre qui lui ont donné une certaine faculté d’adaptation. Ce qu’elle a mis en œuvre dans sa vie professionnelle, comme correctrice, secrétaire, ou marchande de fromages... Elle conclut son témoignage par cette phrase : “Il faut se rappeler ce par quoi on est passé et être fière d’être toujours debout.”

Touchants

Frédéric, lui, dit avoir déménagé 50 fois. “Et j’ai quasiment fait autant de métiers différents.” En 2000, il veut aller en Irlande. Sa formation de serveur lui permettra d’y être embauché, dans un pub. Mais c’est lors d’un autre séjour, au Luxembourg, qu’un cuisinier ne cesse de lui parler d’Aurillac. Curieux, Frédéric s’y rend. Depuis, il est résident de la cité géraldienne et habite à deux pas d’un lieu qui le fait rêver : le théâtre.Franck est natif des Yvelines. Sa passion, c’est la moto. C’est donc en deux roues qu’il se rend à Maurs où il trouve un job en qualité d’animateur de la commune. Quand il passe le Bafa, c’est en Aveyron qu’il est embauché. Mais il aimerait travailler toute l’année. Alors il tente sa chance et revient sur Aurillac. Avis aux recruteurs : il se définit comme “calme, débrouillard et toujours de bonne humeur”. Ce qui est un bel atout, partagé par les différents participants de ces autoportraits, chacun très touchant.

(1) Designer, vidéaste et photographe qui a eu la chance de réaliser des portraits de  stars du grand écran (voir son site joseph-boilon.com). (2) Professeur d’arts appliqués en retraite.


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