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Aubrac : “La famille, il n’y a que ça qui compte !”

Avec 47 exposants et près de 400 animaux, la manifestation a démontré dimanche la capacité de résistance des éleveurs qui n’ont pas annulé leur participation.

Quarante-sept exposants, 383 animaux exactement : les chiffres étaient positifs pour ce Départemental.
Quarante-sept exposants, 383 animaux exactement : les chiffres étaient positifs pour ce Départemental.
© CJ/PAP

Ne pas se fier à leurs vaches aux doux yeux de biche ourlés de noirs, eux ont l’œil du tigre : les éleveurs aubracs  sont des combattants déterminés, des durs à cuire. Sécheresse, rats taupiers, FCO auraient dû les mettre KO, à terre, mais non, ils tiennent toujours debout et ils sont venus malgré tout à leur concours départemental, dimanche 27 septembre à Chaudes-Aigues.  Et nombreux, avec ça ! Quarante-sept exposants, 383 animaux exactement (lire le palmarès ci-dessous), un seul éleveur de Cassaniouze absent, coincé en zone sensible. “Dans ces circonstances, l’organisation du concours a été particulièrement compliquée, a reconnu Jean-Marie Vidalenc, président du syndicat aubrac. Mais on a bien fait de maintenir la manifestation, c’est une réussite. Les éleveurs aubracs ont toujours été considérés comme des résistants, ils le prouvent encore aujourd’hui !” Une journée de rassemblement, d’échanges, une journée pour se serrer les coudes, comme un pied de nez au mauvais sort qui s’acharne depuis quelques mois sur le monde de l’élevage.

Éleveurs résistants...

“Des coups durs, on en a connus, on ne va pas baisser les bras !, affirme le Gaec Modenel de Buzert, de Saint-Martin-sous-Vigouroux. Et puis il y a de quoi être optimiste : on a beaucoup de jeunes qui poussent derrière.” Des jeunes comme Thomas Gras de Cézens. Même s’il s’avoue préoccupé - il pense notamment à ses 80 % de pertes fourragères -, il n’a pas songé à annuler sa participation. “On doit jouer le jeu, confie-t-il. Et puis même si le moral n’est pas au top, je ne regrette pas d’être venu. Il faut sortir de nos fermes.” Solidarité, réconfort, les éleveurs en ont bien besoin. “Pour nous, c’est sûr, l’année 2015 est une catastrophe, résume Hervé de Conquand, du Gaec de la Boyle à Brezons. Mais aujourd’hui, il ne faut pas s’arrêter à ça. Le cœur y est : il faut être là, pour la race, pour la famille aubrac, il n’y a que ça qui compte.” L’année prochaine, les éleveurs se retrouveront à nouveau en famille, cette fois pour le National aubrac organisé dans le Cantal. Dans une meilleure conjoncture, tout le monde l’espère

... mais soucieux

Car la FCO était dans tous les esprits. “Je suis motivé pour le Départemental, mais Cournon, je n’y serais pas allé ! La FCO, c’est une maladie politique”, considère Hervé de  Conquand. Ses 16 broutards en partance pour l’export sont revenus sur sa ferme suite au classement de l’Auvergne en zone contaminée.  “On a du mal à comprendre la situation, renchérit Jean-Pierre Besson, juge et éleveur dans le Nord-Aveyron. Les éleveurs devraient davantage se rebeller…” “Il y a urgence à ce que le commerce prime sur cette folie sanitaire”, a averti de son côté Patrick Bénézit, président de la FDSEA.

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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