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Au coeur d’une intervention nocturne pour détruire du sanglier

Immersion au coeur d’une action de Tir de nuit conduite par les gardes de l’ONCFS à Vernassal. Objectif : éliminer un maximum de sangliers.

L’ONCFS pratique des tirs de nuit sur 3 communes.
L’ONCFS pratique des tirs de nuit sur 3 communes.
© HLP

Sale temps pour les sangliers ! Dans la nuit du 30 au 31 mai, les inspecteurs de l’environnement de l’ONCFS ont parcouru la campagne avec pour mission de détruire du sanglier. Ce soir-là, ils étaient accompagnés du Préfet Yves Rousset et son directeur de Cabinet Franck Christophe et du directeur de la DDT, François Gorieu. Une opération de «Tir de nuit» organisée dans le cadre des mesures administratives décidées dernièrement en concertation entre la profession agricole, les chasseurs et l’association des maires.

Grains de maïs très appétents
À la nuit tombée, au moment où les animaux sauvages reprennent leurs activités nocturnes en toute quiétude,  les agents de l’ONCFS se préparent à intervenir. Cette nuit-là, c’est à Vernassal, commune classée «sensible» très impactée par les dégâts de sangliers, qu’ils vont intervenir. Après avoir minutieusement repéré les lieux et observé les habitudes des populations de sangliers quelques jours auparavant, les inspecteurs se dirigent vers une parcelle de maïs fraîchement semée et qui reçoit régulièrement la visite des sangliers. Avec leur groin, les sangliers ont soigneument creusé en ligne (telle une machine !) pour dévorer leur gourmandise. Les grains de maïs, visiblement très appétents, n’auront pas eu le temps de sortir de terre... 
«Sur les 20 ha de maïs cultivés pour nourrir les 150 vaches laitières de cette exploitation, ce sont 11 ha qui ont été détruits. Une lourde perte pour cette ferme» indique David Charre adjoint au chef de services ONCFS qui confie toutes les difficultés à intervenir de nuit. «Les sangliers ont un odorat développé et une ouïe très fine. Le manque de lumière nous handicape malgré nos équipements et les sangliers peuvent très bien  passer en notre absence». Équipés de lampes longue portée, de jumelles, de casque infrarouge, de caméra thermique et de carabines 300 winchester magnum, les agents se postent en toute discrétion et attendent l’éventuel passage de sangliers.

3 tirs, 2 abattus
Après avoir repéré une compagnie de 8 sangliers au loin, c’est finalement sur une laie et ses marcassins que les inspecteurs interviennent. Trois coups de feu retentissent dans la nuit ; deux sangliers sont touchés, une laie qui n’a pas été retrouvée le soir-même et un marcassin tombé à terre au milieu d’une parcelle. Il s’agissait-là des deux premières bêtes tuées depuis le début de l’opération,  il y a 4 jours, sur cette commune.
Mais la soirée n’est pas terminée pour eux. Tandis que deux d’entre eux restent postés à l’affût sur ce secteur, les autres décident de jeter un oeil aux parcelles environnantes, au volant de leur véhicule 4x4. Les agents ont fait suivre leur carabine de manière à pouvoir intervenir si nécessaire sur leur trajet. Cette fois-ci, ils ne croiseront pas la route de sangliers mais ils comptaient bien y retourner plus tard, de nuit comme de jour. 
David Charre fait le même constat que les agriculteurs : «la population de sangliers augmente et les dégâts perpétrés sont plus importants.Toutefois, le maïs est une culture qui se développe en Haute-Loire et les sangliers en sont très friands». Mieux nourris, les sangliers prolifèrent.
Si dans le secteur de Vernassal, les inspecteurs ne signalent aucun site d’agrainage illégal, cela n’est pas le cas partout. Très controversé, l’agrainage de dissuasion «n’est pas tout bon, tout mauvais» explique le Préfet et cette pratique devra désormais faire l’objet d’un accord local. Si aucun accord n’est trouvé, les points d’agrainage seront supprimés.

D’autres élevages illégals de sangliers ?
Après le démantèlement d’un élevage illégal de sangliers à Bas-en-Basset et l’abattage consécutif de 71 sangliers, les inspecteurs de l’ONCFS soupçonnent encore l’existence d’autres élevages de ce type dans notre département. Affaire à suivre. Ces derniers constatent aussi une recrudescence des actes de braconnage de nuit et bénéficient parfois de l’arrivée de renfort grâce aux brigades mobiles.
Les Tirs de nuit se poursuivront à Vernassal et sur deux autres communes dont les inspecteurs n’ont pas tenu à révéler le nom pour donner encore davantage de chance de réussite à leur action. En parallèle à ces actions nocturnes, 11 communes du département vont faire l’objet de battues administratives.

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