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SYNDICAT
Arnaud Rousseau remobilise les troupes puydômoises

Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, était le grand invité de ce congrès puydômois durant lequel il a distillé la position du syndicat national sur les sujets de l'eau, de la décarbonation, des phytos ou encore de la prédation.
 

En visite dans le Puy-de-Dôme, Arnaud Rousseau a réaffirmé la ligne de la FNSEA.
© ©Réussir

Arnaud Rousseau était l'invité d'honneur du congrès de la FNSEA 63 (à lire également le bilan d'activité du syndicat puydômois : ICI). Pour cette première visite dans le Puy-de-Dôme, le président du syndicat national a échangé avec les agriculteurs sur le thème « Entre transition écologique et souveraineté alimentaire : quelle stratégie pour notre agriculture ?» et rappeler les positions du syndicat majoritaire.

Planification écologique

Sur la décarbonation, Arnaud Rousseau a rappelé que « le changement climatique impose à tous, collectivement, la décarbonation des activités économiques». Il a poursuivi en rappelant que les agriculteurs sont les premiers à constater et subir ces changements : « depuis 30 ans, les fenaisons, les moissons... nous avons tous observé un avancement des dates ». Selon le patron de la FNSEA, un seul mot d'ordre pour atteindre les objectifs de réduction de 13 millions de tonnes, des émissions de CO2 d'ici 2030 « c’est-à-dire en six ans faire un effort équivalent au double de ce qu’on a fait depuis 25 ans (...) la pente est raide» c'est « produire (...) ce mot est central dans la planification écologique». Cet engagement nécessite de ce fait des moyens massifs avec « son corollaire qu'est le sujet du revenu des agriculteurs »

« (...) on peut faire toutes les planifications écologiques de la Terre, si les gens qui sont sensés les mettre en œuvre n'ont pas le revenu, ils ne pourront pas tenir le rythme ».

Surtout, Arnaud Rousseau a insisté sur la cohérence des messages et des politiques notamment concernant l'élevage

« Il y a deux grands piliers de la décarbonation : l’utilisation de l'azote par le végétal et les émissions de gaz entériques des ruminants. Ce sont deux leviers importants. Sur l’élevage, le débat sempiternel de plus de vaches, moins de vaches… Avec un calcul simpliste qui consiste à affirmer que moins d'élevage égale moins d'émissions. Mais si on veut tenir ces objectifs, on nous demande aussi d’avoir plus de prairies. Alors, comment on fait ? » 

Le président de la FNSEA a également évoqué l'augmentation de l'importation « de viandes brésiliennes provenant de feed-lots, nourri au soja produit sur des zones déforestées... », conséquence de l'érosion de la production bovine française.

L'agriculture biologique

Sur le sujet de l'objectif d'augmenter à 21% les surfaces en agriculture biologique en France, le patron de la FNSEA donne « une position corrélée au marché » rappelant que : 

« le bio traverse actuellement une crise majeur (en raison de l'inflation) avec une difficulté à maintenir les entreprises, dans un certain nombre de domaines (...) l'heure est davantage à soutenir les entreprises qui existent (...) dire qu'on va augmenter (les surfaces) c'est de la politique à la petite "paupaule", ce n'est pas sérieux  ».

Eau, phyto, prédation


Arnaud Rousseau a affirmé « un soutien sans faille » aux projets de gestion de la ressource en eau partout en France « la question du stockage est centrale car sans eau pas d’agriculture ». Le président de la FNSEA ménage tout de même le débat en rappelant : « le stockage ne doit pas être réalisé de n’importe quelle manière et qu’il doit être envisagé de manière multi-usages »

Le cas des Agences de l’Eau, plus ou moins restrictives sur le développement de l’irrigation suivant les régions, a été abordé. Arnaud Rousseau n’a pas mâché ses mots: 

« j’ai une incompréhension du rôle politique joué par les Agences de l’eau et de leur gouvernance » 


Sur les phytos et les interdictions en cascades, « la FNSEA est attachée à la réciprocité (...) nous comprenons qu’une matière active peut être retirée parce qu’elle est dangereuse; mais on ne peut pas expliquer aux consommateurs français qu’une matière active interdite en France ne le soit pas dans d’autres pays (y compris au sein de l’Europe) et qu’elle puisse rentrer sans problème sur notre territoire par l’alimentation ». Arnaud Rousseau défend également de principe de « pas d’interdiction sans solution au risque de mettre des filières dans l’impasse ». Enfin, il rappelle les difficultés face « aux combats idéologiques alors que nous vivons entourés de chimie» sans nier toutefois « la part de responsabilité de l’agriculture sur les sujets de pollution notamment de l’eau mais elle n’est pas seule responsable»
Enfin sur la prédation, Arnaud Rousseau appelle « à l’arrêt des comptages militants (...) 20% d’erreur sur entre deux comptages (...) il faut arrêter de nous prendre pour des zozos ». Concernant le quota de loups à abattre « qui encore une fois n’est pas atteint », le président de la FNSEA s’interroge sur « l’efficacité des services de l’État (...) clairement le sujet (du loup) n’est plus maîtrisé, nous sommes passés d’une face de préservation à une phase de pullulation et il y a le feu ».

 

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