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Après la cogestion, renouer avec le citoyen et le politique

Suite à deux années de conjoncture difficile et à l’occasion du renouvellement de son bureau, JA a fait le point sur ses forces historiques pour se projeter dans l’avenir, lors de son 50e congrès, les 1er et 2 juin à Mâcon.

Jérémy Decerle et son nouveau bureau.
Jérémy Decerle et son nouveau bureau.
© Actuagri

Organisée lors du congrès des Jeunes Agriculteurs, à Mâcon, le 2 juin, la table-ronde « 50 rendez-vous de débats et de propositions », a souligné l’importance de la cogestion dans le développement d’une agriculture française forte, véritable projet de société qui a permis au syndicalisme agricole jeune de prendre toute sa place. « Après la guerre, ces jeunes marquent la volonté d’être nouveaux, dans la réalité, de relever le pari historique », précise Jean-Luc Mayaud, historien. En se faisant l’interface entre les politiques et les agriculteurs sur le terrain, le syndicalisme agricole a aussi offert à ses acteurs un formidable apprentissage de la communication. « Avant la cogestion, c’était un syndicalisme de notables », ajoute encore Jean-Luc Mayaud. Et c’est cet apprentissage qui a permis « l’émergence de l’élite agricole, d’un cadre qui structure aujourd’hui la profession », considère Joseph d’Auzay, ancien directeur du CNJA.

JA, une école de formation
En guise d’illustration, une douzaine d’anciens présidents avaient fait le déplacement, rejoignant sur scène le nouveau tandem président/secrétaire général (voir encadré) pour une photo de groupe. Parmi eux, le sénateur Marcel Deneux, et le député Christian Jacob (LR). Si ces derniers ont pu acquérir chez les Jeunes Agriculteurs une expérience qu’ils ont poursuivie en politique, d’autres ont choisi de continuer sur la voie du syndicalisme agricole, à l’exemple de Jérôme Despey ou de Christiane Lambert, aujourd’hui élus à la FNSEA. Mais les échanges et le travail en groupe, inhérents au syndicalisme, ont aussi fait de JA un instrument de formation au métier, d’amélioration de pratiques et un support d’accompagnement dans le parcours professionnel, comme a voulu en témoigner Xavier Beulin, président de la FNSEA : « j’ai repris l’exploitation familiale à 17 ans, et un groupe de jeunes que je ne connaissais pas et qui sont devenus aujourd’hui des amis, est venu me voir et m’a dit « viens avec nous, ne reste pas tout seul. » Je ne serai pas devant vous s’il n’y avait pas eu le CNJA ».

Le citoyen, nouvel acteur du jeu syndical
« Aujourd’hui, les intervenants qui pensent avoir un droit de regard sur l’agriculture sont de plus en plus nombreux. Tout ne se passe plus que rue de Varenne, le ministère de l’Écologie a pris beaucoup de place, celui de la Santé aussi, le lien avec la société devient de plus en plus important. La cogestion n’existe plus », résume Céline Imart, vice-présidente de JA. L’irruption du citoyen/consommateur dans les débats qui ont trait à l’agriculture modifie l’action du syndicalisme, qui joue désormais son efficacité sur sa capacité à s’adresser au grand public. Avec également des aspects positifs : c’est aussi l’occasion pour les paysans d’exprimer la fierté de leur métier, comme le montre le clip vidéo réalisé sur une chanson de Florent Dornier, « Fiers d’être paysans », qui restera le véritable tube de ce congrès. Mais dans un monde où les décisions se prennent autant aux niveaux européen que national ou régional, le lobbying syndical se doit aussi d’être « pluriel, un changement pour les syndicats mais aussi pour les politiques », souligne Damien Abad, député de l’Ain. Devant l’absence du ministre de l’Agriculture, en Chine pour le G20, Jérémy Decerle le reconnaît : « on se doit de retrouver la reconnaissance et la considération du monde politique, pour continuer à faire en sorte que les agriculteurs et notamment les jeunes se sentent bien dans leur métier », estime le nouveau président. Le défi est d’autant plus important pour la nouvelle équipe que les élections présidentielles de 2017 seront une occasion à ne pas manquer pour faire passer des idées aux candidats.

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