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AOP d’Auvergne : elle est où la transparence ?

En moins de cinq ans, le taux de transformation du lait AOP cantal est passé de 70 % à moins de 50 % , tandis que les volumes collectés ont baissé. Les producteurs de lait du Cantal réclament des explications.
 

Groupe d'éleveurs dans une stabulation
Opacité, concurrence avec d’autres produits sous marque...  les entreprises de la filière AOP pointées du doigt.
© Patricia Olivieri

Lors d'une journée laitière à laquelle FDSEA et Jeunes agriculteurs du Cantal avait convié Yoann Barbe, nouveau président de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait), a participé, les deux syndicats ont dénoncé l'opacité qui continue de régner dans la filière AOP cantal
Jean-Noël Fau, qui accueillait Yoann Barbe en matinée, a repris l’exploitation de son père à Ladinhac (Châtaigneraie cantalienne) en 2017 : 65 hectares intégralement en herbe, avec une quarantaine de montbéliardes dont les 300000 l de lait sont destinés à l’AOP cantal. À son installation, il a investi dans un bâtiment dédié aux génisses et taries et au stockage de fourrage. Un bâtiment dimensionné pour accueillir, un jour, un système de séchage en grange. “Ça me trotte dans la tête mais aujourd’hui, l’investissement est trop important par rapport à ce que rapporte le lait AOP”, tranche le vice-président de la section laitière de la FDSEA et du Cif (Comité interprofessionnel des fromages). Ce dernier a lui aussi dénoncé le manque de transparence dans la filière AOP cantal notamment sur le taux de transformation

Opacité sur les volumes transformés en AOP

“Avant le Covid, on était à 70 % de taux de transformation, on est retombé à 48 ou 49 % alors que les volumes collectés en AOP ont diminué”, a abondé Patrick Escure, président de la Chambre d’agriculture. Pourtant en 2011, avait été actée l’obligation pour les transformateurs de communiquer au Cif leurs données, mais celles-ci restent anonymes et déclaratives. “Il faut un contrôle par l’État comme c’était prévu”, revendique Joël Piganiol. “On a des analyses de lait dignes d’analyses de sang d’un diabétique et pour les entreprises, c’est toujours l’opacité !”, s’indigne Valentin Delbos, président des JA. 

Il faut un contrôle par l’État comme c’était prévu”, Joël Piganiol, président de la FDSEA


Le soutien de la FNPL a aussi été sollicité sur un tunnel de prix pour  le lactosérum (un des paramètres du prix du lait AOP) que souhaitent imposer les industriels.
Dans l’assistance, on pointe d’autres stratégies : celles d’acteurs des filières AOP qui lancent des produits fromagers proches des appellations officielles, souvent mieux valorisées, hormis pour les producteurs. Des produits comme le bleu de Saint-Flour, le Saint-Agur... qui viennent directement concurrencer les AOP. De quoi motiver que cette question de la transparence figure au sein de la nouvelle loi Egalim, estime Yoann Barbe. 

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