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Anticiper, préparer la transmission de son exploitation

Dernier volet d’une série d’échanges virtuels entre élus, techniciens et agriculteurs qui auront rassemblé des dizaines de participants derrière leurs écrans.

© CA03

«Si nous souhaitons encourager les installations en agriculture, il faut favoriser également les transmissions réussies et c’est l’enjeu de demain. La Chambre d’agriculture de l’Allier accompagne les cédants en les encourageant à anticiper le plus tôt possible » : c’est par ces mots que Mickael Randoin, élu à la Chambre d’agriculture de l’Allier, s’exprime.

 

Un exploitant sur trois disparaît chaque année dans l’Allier

Aujourd’hui, la France compte
448 000 exploitations agricoles.
Si l’âge moyen des chefs d’exploitation est de 49,1 ans, un tiers d’entre eux ont plus de 55 ans. Paul Abouling, employé à la Chambre d’agriculture de l’Allier, en charge des dossiers de transmissions d’exploitations agricoles précisant que « pour l’Allier, le taux de remplacement est de 61,2 % et nous constatons que, chaque année, c’est un exploitant sur trois qui disparait ».

Transmettre son exploitation est une étape de la vie professionnelle importante, qui se prépare. « Il faut organiser sa sortie, sa cessation et anticiper plusieurs années à l’avance. Il faut régler soit la succession familiale, soit une transmission en dehors du cadre familial, peut-être même à une personne que l’on connait. A partir de tout cela, il faut établir un calendrier possible et déterminer une date d’arrêt d’activité » développe Paul Abouling.

Préparer sa retraite

Vient ensuite le temps, véritablement, de la réflexion en réfléchissant sur ce que l’on veut faire de son exploitation, choisir un lieu pour sa retraite et enfin, déménager. Une retraite qui se prépare en évaluant ses besoins financiers, en connaissant ses revenus (pension, revenu foncier, épargne). La transmission, elle, doit être définie de façon détaillée à travers le foncier, les bâtiments, le cheptel vif et mort ainsi que la maison.

 

Estimer son exploitation

Par la suite, il va falloir établir une évaluation de l’exploitation à travers ce qu’elle rapporte via les revenus agricoles ou sa valeur économique (rendement, remboursement), soit la somme des actifs qui la constituent. Il peut y avoir des incidences fiscales, sociales et patrimoniales. Avec tous ces éléments en main, la transaction financière pourra avoir lieu.

 

Un accompagnement indispensable

La Chambre d’agriculture de l’Allier a activé, depuis déjà de nombreuses années, un point accueil transmission avec des permanences mais aussi des actions collectives telles « Les mardis de la transmission » sous forme de demi-journées de sensibilisation sociale et juridique. Il existe aussi un CAP retraite qui se traduit par trois jours de formation juridique, patrimoniale et humaine par des intervenants fiscalistes, des notaires et des juristes. Paul Abouloing complétant : « nous proposons des rendez-vous individualisés avec un conseiller en transmission. Une première rencontre pour mieux connaitre l’exploitation, ses points de vigilance et les enjeux. En quelque sorte, une véritable concrétisation de la transmission. Ensuite, nous pourrons réaliser un Audit de la transmission (RDI) afin d’évaluer le potentiel, déterminer des valeurs et définir une offre de cession réaliste ».

Trouver un repreneur

Une fois toutes les démarches précédentes effectuées ou en cours, il faudra trouver un repreneur. Des outils existent tel que le répertoire départemental installation-RDI, consultable sur rdi.com, sur le site de la Chambre d’agriculture de l’Allier mais aussi à travers la publication d’annonces et de photographies.

« Actuellement ce sont 28 offres qui sont publiées dont quinze inscrites depuis janvier 2021 » précise Paul Abouling.  Un stage test à l’installation transmission peut être proposé afin de professionnaliser son repreneur qui pourra alors acquérir une réelle expérience avant la reprise. Une expérience qui permettra aussi de mieux connaître son repreneur et ses réelles capacités. Ce dernier aura le statut de stagiaire de la formation professionnelle pour adulte sur une période de trois à quinze mois.

Prochain rendez-vous, le jeudi 3 juin, sur le Conseil Stratégique Phytosanitaire (CSP).


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