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Anticiper la mise en place des mesures de protection dans les élevages

Suite aux attaques classées "Loup non exclu" sur le secteur de Saugues, les services de l'État et la profession agricole se sont réunis sur le terrain le 3 juillet pour évoquer le plan loup et les mesures récemment mises en place dans le département.

En territoire prédaté

Après 5 attaques subies du 15 mai au 11 juin par des troupeaux ovins sur les communes de Saugues, Venteuges et Chanaleilles et dont les analyses ont conclu que le loup était non exclu, la FDSEA, les JA et la Chambre d'agriculture ont demandé à rencontrer le Préfet sur ce territoire prédaté. Ce temps d'échange organisé par la Préfecture de Haute-Loire à Saugues s'est déroulé le jeudi 3 juillet en présence du Préfet Yvan Cordier, du Sous-Préfet de Brioude, Mathias Régnierdes services de l'État (DDT, OFB), des lieutenants de Louvèterie et de la profession agricole. Cette rencontre a débuté en salle pour se poursuivre sur une parcelle d'un éleveur dont le troupeau a subi les assauts du prédateur en mai dernier.

Des éleveurs exaspérés et épuisés

Un éleveur a exprimé son exaspération et a fait part de son épuisement personnel en raison de la pression de prédation. La mise en place de mesures de protection (ndlr : qui conditionnent le déclenchement des tirs de défense simple en cas d'attaque du troupeau) induit du travail supplémentaire pour l'éleveur et demeure parfois impossible selon les parcelles. Sans compter qu'elles sont souvent inefficaces de l'avis des éleveurs présents. En effet, il ne semble pas très compliqué pour un loup de sauter une clôture composée d'un filet électrifié d'une hauteur de 90 cm, pour venir rejoindre un lot de brebis... 

Le Préfet Yvan Cordier a de son côté confirmé l'efficacité de ces mesures avec des chiffres à l'appui : « Sur 80 départements prédatés, nous avons constaté une diminution des attaques (-5%) et des victimes (-15%) ».

Les éleveurs n'ont pas manqué de rappeler que le loup leur coûte de l'argent. Car certes, la mise en place de mesures de protection est assortie d'aides de l'État (à hauteur de 80% de la facture d'achat), mais il y a un reste à charge (de 20%.) qui est supporté par la trésorerie de l'exploitation.

À cette pression de prédation permanente, s'ajoute celle des associations locales de défense du loup qui n'hésitent pas à s'introduire illégalement dans les exploitations agricoles pour faire des photos ou autre. Des comportements inappropriés et jugés inacceptables par la profession, qui ont fait l'objet de dépôts de plaintes et ont déclenché des enquêtes de la part de la gendarmerie, a confirmé le Préfet.

Des éleveurs félicités pour leur professionnalisme

Très compréhensif, ce dernier a rappelé tout le soutien de l'État aux éleveurs sur ce dossier tout en indiquant que la situation a été correctement gérée jusqu'à présent : « Nous avons agi rapidement et dans le respect de la loi. Dès la première attaque le 17 mai, nous avons fait évoluer le classement de 7 communes, en les faisant passer du cercle 3 au cercle 2, puis nous avons pris 2 arrêtés préfectoraux autorisant des tirs de défense simple qui peuvent intervenir dès lors que l'une de ces trois mesures de protection est effective (clôture électrifiée nuit et jour ; présence de chien de protection ; présence d'un berger) ». Le Préfet a par ailleurs ajouté qu'un quatrième arrêté était ce jour en cours d'instruction. 

« Je vous remercie de respecter les règles. Bravo pour votre professionnalisme. Vous pouvez compter sur le soutien des services de l'État ». 

Yvan Cordier a par ailleurs ouvert des perspectives positives en rappelant la procédure de déclassement de cette espèce qui a débuté il y a déjà plusieurs années au sein de l'Union européenne. Cette évolution de statut, qui doit être validée par chacun des États membres, « devrait offrir de nouvelles possibilités aux éleveurs » selon le Préfet. Autre bonne nouvelle relatée par le représentant de l'État : la disposition contenue dans la PPL Entraves présentée par le sénateur Duplomb et qui vise à atténuer la responsabilité de l'éleveur en cas d'attaques perpétrées par des chiens de protection.

 

Du côté des louvetiers, chaleureusement remerciés par les services de l'État pour leur travail bénévole, la motivation est là, même si intervenir  « par des tirs de nuits n'est pas simple. Nous avons rencontré les éleveurs touchés dès les premières attaques et nous sommes très attentifs à la situation. J'assure aux agriculteurs tout notre soutien » a indiqué Alain Chateauneuf, président des Louvetiers de Haute-Loire. François Longuespé, correspondant loup pour la Haute-Loire à l'OFB, a insisté sur « la nécessité de mettre en place des mesures de protection dans les élevages en vue d'accéder à des mesures de défense ». 

Et pour gagner du temps dans la procédure et obtenir plus rapidement les tirs de défense simple, le président de la FDSEA, Nicolas Merle, a invité les éleveurs à anticiper en installant les mesures de protection et en les faisant constater dans la foulée par l'OFB. 

C'est justement ce qu'a choisi de faire une éleveuse du territoire qui vient d'acheter 5 chiens de protection pour surveiller ses 100 brebis et a installé des clôtures électriques autour de ses lots de brebis.

 

 

 

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