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Ambiance électrique après la douche froide d'une facture multipliée par huit

C'est, au dire des chefs d'entreprises du Cantal et d'ailleurs, une vraie "bombe à retardement" : le prix de l'électricité risque de plomber l'économie du pays d'ici peu.

La Scierie du Milieu, à Vabres, un spécialiste de la transformation de bois en palettes, consomme 1 million de kW tous les ans, facturés 60 000 euros en 2021, 360 000 EUR en 2022 ; 480 000 EUR en 2023.
La Scierie du Milieu, à Vabres, un spécialiste de la transformation de bois en palettes, consomme 1 million de kW tous les ans, facturés 60 000 euros en 2021, 360 000 EUR en 2022 ; 480 000 EUR en 2023.
© R. S.-A.

A rrivées en fin de contrat avec leur fournisseur, des entreprises ont de très mauvaises surprises au moment de resigner pour l'approvisionnement électrique : des augmentations sont promises jusqu'à... 700 % ! (NDLR : vous avez bien lu, ce n'est pas une faute de frappe...). Car la plupart des entreprises, contrairement aux particuliers et quelques TPE-PME(1), ne bénéficient pas du fameux "bouclier tarifaire". Le prix est libre. Et il flambe vraiment. Même si "tout augmente", l'électricité est sans conteste l'énergie qui connaît la plus forte hausse en si peu de temps. De quoi fragiliser les trésoreries au point de devoir penser parfois à des solutions radicales. D'autres, pour lesquelles le contrat est toujours valide, redoutent la date anniversaire du renouvellement (souvent triennal). Du côté de Vabres, voici un exemple parlant.

De 60 000 à 480 000 EUR...
Quand il a repris fin 2021 la Scierie du Milieu, José Brunet, du groupe Foresterra, s'attendait à tout, sauf à ça : en deux ans, le prix de l'électricité aura été multiplié par huit ! De quoi déstabiliser les beaux projets qu'il nourrissait pour le développement de la petite entreprise de 13 salariés. "Nous consommons 1 GigaWatt par an, facturé 60 000 EUR en 2021 ; 360 000 EUR en 2022 ; 480 000 EUR pour 2023", témoigne le chef d'entreprise. Car il se trouve que lors de la reprise d'activité, le contrat arrivait à échéance, il fallait se réengager. "EDF n'est revenu vers nous que quelques semaines avant la fin du contrat", se souvient José Brunet, occupé par une multitude d'autres dossiers liés à la reprise. Alors quelle ne fut pas sa surprise quand on lui présente un engagement déjà six fois plus cher. "Alors qu'à ce moment, la guerre n'était pas encore déclarée, nous espérions que le marché allait se retourner, on patiente, on reste attentif et finalement, le 31 décembre à 17 heures, l'entreprise se réengage mais pour un an seulement." Une prudence logique qui, finalement, n'aura pas été de bon conseil : fin 2022, ce qu'on lui propose est pire encore.

Pas de baguette magique
"On a beau se tourner vers la concurrence, comme tout le monde achète l'énergie au même fournisseur, les prix se valent." Pour le principe, José Brunet quitte EDF au profit d'un autre distributeur, mais il lui faudra bien débourser 480 000 EUR pour alimenter les machines de manutention hydraulique, de découpe, d'aspiration... Sachant le problème partagé par de nombreuses autres entreprises, il est convaincu qu'on est à cette heure au chevet de l'économie française.
"On tue l'outil industriel français. Nous sommes condamnés. On peut s'attendre à une récession très dure, la pire depuis les années 1900. Notre compétitivité passe par un coût de l'énergie maîtrisé. Si ce que l'on subit ce sont  les effets de la mondialisation, c'est très néfaste !", analyse José Brunet. Il considère que l'heure est aux "solutions palliatives". Et d'ailleurs, il l'admet : "J'avais de l'ambition, c'est terminé. On se contente de chercher à s'en sortir."

(1) Le bouclier tarifaire qui plafonne la hausse à 15 % n'est accordé qu'à des entreprises dont le chiffre d'affaires est inférieur à 2 MEUR, dont la puissance maxi ne dépasse pas 36 kilovoltampères et qui comptent moins de dix salariés.

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