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Altitude - Des adaptations impératives, déjà entamées

De la recherche, de l'innovation, de l'investissement : la recette de l'union des coops pour être toujours au plus près des marchés qui génèrent de la plus-value.

Le président et le directeur du groupe Altitude, MM. Boussaroque et Coyas, face à une salle pleine, jeudi 17 mars à la Vidalie d'Arpajon-sur-Cère.
Le président et le directeur du groupe Altitude, MM. Boussaroque et Coyas, face à une salle pleine, jeudi 17 mars à la Vidalie d'Arpajon-sur-Cère.
© R.S.-A.

C ette année, l'assemblée plénière du groupe Altitude ne ressemblait à aucune autre. D'abord parce que, pour la première fois, elle était présidée par Didier Boussaroque, élu le 18 novembre dernier par un conseil d'administration électif. Ensuite, parce que le rapport d'activités et le rapport moral traités, la majeure partie de la réunion était consacrée à un hommage rendu à Jean-Pierre Chateau, président fondateur de l'union de coopératives, après avoir présidé longtemps Centrelait.

Sortir des sentiers battus
Auparavant, le directeur, Stéphane Coyas, a présenté l'exercice 2020-2021 (arrêté fin septembre) comme celui du changement, essentiellement lié aux adaptations que le contexte sanitaire a imposées, dont de nouvelles habitudes de consommation, de nouvelles méthodes de travail... "Mais les coops et les équipes ont su s'adapter et jouer le jeu." Changement aussi au niveau de la gouvernance, avec un comex(1) qui tient à animer des réunions de
secteur, au plus près des adhérents. Changement enfin, sur le plan règlementaire, avec la préparation d'Égalim 2, aujourd'hui entrée en vigueur, ou de l'obligation de séparer le conseil de la vente pour tout ce qui relève de la "santé végétale".
Des bouleversements, les coopérateurs adhérents en ont aussi vécus sur leurs exploitations, subissant une hausse exponentielle des coûts de productions, dans des marchés chamboulés. À leurs côtés, le groupe s'engage à conquérir de nouveaux marchés, captant la plus-value, plus que jamais le fer de lance de l'union de coopératives. C'est ainsi que Stéphane Coyas justifie les investissements permanents dans les outils  au bénéfice de nouveaux produits, aidés par le plan de Relance gouvernemental : atelier de piéçage sur le site Covial ou accompagnement sur la filière TJB, primeurs mâles et femelles salers, engraissés. En tout, 4 millions d'euros investis, soutenus à hauteur de 40 %.
C'est également la réactivité et la capacité à s'adapter qui ont motivé la création d'une "cellule d'innovation" qui a entamé ses premiers travaux autour de deux sujets : le projet pilote d'engraissement de génisses à l'herbe (en partenariat avec l'Inrae et Agrosup) d'une part et, d'autre part, la collecte de colostrum, "un signal positif sur la mise en place de filières de valorisations alternatives". À ce jour, 161 apporteurs ont permis la collecte de 70 tonnes.

Amont et aval
"Un point fondamental de notre action, c'est d'aller chercher la valeur là où elle existe", a résumé le président Boussaroque lors de son rapport moral. Il précise qu'Altitude a conforté sa place parmi les leaders des viandes sous label rouge (aubrac, salers et limousine). Un succès qu'il met sur le compte des synergies entre les coopératives en amont et les filières construites en aval. À cet égard, quelques nouveautés viennent encore s'ajouter : volonté d'accompagner tout le parcours des filières bio (en bovins les apports sont passés de 100 à 600), valorisation des veaux naissants (Créavo), etc. Des opportunités et quelques audaces qui sont récompensées sur le plan comptable. Le chiffre d'affaires non consolidé est en forte hausse et l'EBE est passé de 39 000 euros en 2019 à 2,7 millions d'euros. Une dynamique qui ne doit pas s'arrêter là, puisque l'objectif à cinq ans est de parvenir à 6 millions "pour continuer d'investir au bénéfice de nos adhérents et rembourser les crédits bancaires déjà contractés". Il faudra cependant faire face à quelques pressions nouvelles ; une agrodistribution qui devra composer avec des ruptures de chaînes d'approvisionnement, des fluctuations de cours ; une branche porcine particulièrement touchée et fragile ; l'acceptation d'une hausse des prix à la consommation... "C'est le consommateur qui aura le dernier mot ; nous verrons s'il accepte ou non de payer sa viande un peu plus cher", lâche Didier Boussaroque, convaincu du bien fondé de la répercussion des coûts de production sur le panier de la ménagère.    
Des prises de position assumées et encouragées par les invités présents. Le préfet félicite aussi Altitude d'aller "au-delà des circuits courts qui ne peuvent pas suffire, car nous n'avons pas la population suffisante, mais vous savez valoriser nos races et spécificités sur d'autres marchés". Une manière pour le département de participer à cette "souveraineté alimentaire" que le président de la Chambre d'agriculture, Patrick Escure, appelle de ses voeux. Et en ce sens, selon le député Vincent Descoeur, "l'outil coopératif est une chance".   

(1) Le comité exécutif est composé de Didier Boussaroque, président, Guillaume Metz et
Benoît Julhes, vice-présidents, et Stéphane Coyas, directeur général.

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