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Alexis Phelut, l'athlète vachement déterminé sur 3 000 m steeple

L'Auvergnat s'apprête à disputer ses premiers J.O. Une belle étape pour ce passionné d'agriculture et partie prenante de la ferme familiale.

À 23 ans, le natif de Beaumont va faire son entrée aux J.O. de Tokyo, vendredi (2 heures). L'athlète, qui vit sa première olympiade et dont l'objectif est d'atteindre la finale du 3 000 m steeple, nous raconte sa vie partagée entre la piste, la salle de musculation... et la ferme ! 
Si je te dis "Jeux Olympiques", quel est le premier souvenir qui te vient ? 
Alexis Phelut : "Premier souvenir... Je me rappelle avoir regardé les J.O. de Pékin (en 2008, NDLR). Mon premier souvenir marquant, c'est Alexis Vastine, quand il se fait "voler" à Pékin justement (une décision arbitrale controversée empêcha le boxeur français d'aller en finale, NDLR)."

Tu es au Japon depuis quelques jours, tu ressens une ambiance spéciale dans la délégation d'athlétisme ? 
A. P. : "Franchement, pas plus que ça. Je ne réalise pas vraiment que dans quelques jours, je vais être en séries des J.O. Je sais qu'on prépare une compétition, mais pour le moment, ça ne change pas vraiment de d'habitude. On a l'impression d'être en stage, on est qu'entre athlètes. C'est une fois que l'on va entrer dans le village olympique, que l'on va vraiment se rendre compte. Pour l'instant, pas grand-chose ne change par rapport à d'habitude."

L'échéance pour toi, elle est vendredi avec les séries du 3 000 m steeple, à 9 heures du matin (2 heures heure française) ! Un horaire inhabituel... 
A. P. : "C'est assez tôt. Je pensais que le matin, il ferait un peu moins chaud que l'après-midi, mais en fait, c'est l'inverse. Ici, le soleil se lève super tôt, vers 
4 heures, donc à 9 heures, ça tape beaucoup. Mais ça ne me dérange pas, j'ai l'habitude de le faire en stage d'entraînement au Kenya. Les conditions ne seront pas faciles, mais je m'y suis préparé. J'ai passé dix jours dans la thermo room (cabine conçue pour l'entraînement et chauffée entre 37 et 42°) pour m'habituer aux conditions de Tokyo." 

Une de tes particularités est que tu donnes un coup de main régulier dans la ferme familiale. Tu nous parles un peu de cette exploitation ? 
A. P. : "J'ai un papa qui est agriculteur, il fait du saint-nectaire. J'ai toujours grandi en lui filant un coup de main, en étant avec lui à la ferme. C'est vrai que j'aime ça, c'est quelque chose qui m'intéresse. Beaucoup. Dès que j'en ai l'occasion, j'aime bien y retourner. Mais c'est clair que c'est de plus en plus compliqué avec l'entraînement et tous les à-côté qui prennent beaucoup de temps. En plus, ce n'est pas au même endroit que mes entraînements, pour lesquels j'ai besoin de certaines infrastructures. Dès que je peux, c'est clair que j'y vais. Ces derniers temps, un petit peu moins, avec la préparation pour les Jeux. Mais clairement, après ma carrière, j'ai vraiment l'idée de reprendre la ferme et de continuer l'exploitation. À l'heure actuelle, c'est vraiment impossible. C'est un métier qui demande beaucoup d'investissement et de temps, ma pratique en athlé aussi. Pour plus tard, c'est clairement dans mes projets de reprendre la ferme."

La ferme est située loin de Clermont-Ferrand, là où tu t'entraînes ? 
A. P. : "Mes parents sont à une heure de Clermont. Ce n'est pas si loin que ça. Pour courir, on peut le faire un peu partout. Mais il y aussi des séances où j'ai besoin de la piste, de la musculation. Je vois cinq fois par semaine mon kiné, sur Clermont aussi. J'ai vraiment besoin d'être régulièrement sur Clermont. Mais les week-end, quand je sais que j'ai un jour ou deux où je n'ai pas la nécessité d'y être, j'essaie de rentrer et de faire un petit tour à la ferme. Mais ce n'est pas facile d'y aller très très souvent non plus." 

L'agriculture, c'est quelque chose que tu apprécies depuis tout petit et qui restera après ta carrière ? 
A. P. : "C'est clair que j'ai toujours baigné dedans quand j'étais petit, j'ai toujours bien aimé le contact avec les animaux. Là où j'ai passé un vrai grand moment à la ferme, c'était pendant le premier confinement parce que j'étais blessé, j'avais une grosse entorse qui a mis longtemps à guérir. En fait, trois jours après le confinement, mon père a eu des petits problèmes de santé et je me suis retrouvé à faire le boulot à sa place. J'ai vu à ce moment-là que j'aimais vraiment ça. Entre y passer deux, trois heures par jour et y être H24, ce n'est pas du tout la même chose." 

Quels objectifs t'es-tu fixé pour ces Jeux ? 
A. P. : "Je procède vraiment étape par étape, comme pour ma saison. Mon objectif initial était de faire les minima, après les championnats de France. Maintenant, l'objectif c'est d'aller en finale des J.O. Je serais très déçu de ne pas y arriver. Je pense que j'ai les capacités, il n'y a pas de raison que ça ne le fasse pas. L'étape d'après serait la finale et en finale de championnat, je sais qu'il peut se passer beaucoup de choses. Dans le déroulement de la course, je pense que ça ressemblera aux championnats de France. Ça me correspond plutôt bien : j'ai la capacité de finir les courses relativement vite. Je ne dis pas que je vais gagner, mais je ne m'interdis vraiment rien."

On imagine que chez toi, dans ton village, ta présence aux Jeux doit créer une émulation ! 
A. P. : "C'est clair ! J'ai la chance d'avoir mes parents qui me suivent beaucoup sur mes compétitions et qui m'ont toujours soutenu dans mon projet. Je suis content aussi de faire parler de ma région. De nos jours, dans les campagnes il n'y a plus grand monde et il ne s'y passe plus grand-chose. Ça rend les gens heureux et fiers, donc c'est cool !"

Du coup beaucoup de gens vont se lever très tôt pour te voir ! 
A. P. : "Ou se coucher très tard ! (rires). Je pense qu'il y a pas mal de monde qui va suivre ça malgré l'horaire. Ça aide de se sentir soutenu comme ça."

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