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Agronomie et chimie pour lutter contre le vulpin

Dans une parcelle de blé fortement infestée, située à Saint-Pourçain-sur-Besbre, Arvalis-Institut du végétal a déployé différentes stratégies. Bilan et perspectives avec Chloé Malaval-Juéry, déléguée régionale.

© PAMAC

Quels étaient les objectifs des essais menés dans le Nord de l’Allier ?
Chloé Malaval-Juéry : Nous souhaitions mesurer l’efficacité de combinaisons de leviers agronomiques et chimiques pour lutter contre le vulpin dans une parcelle de blé très atteinte. Une partie de l’essai a été semée à une date moyenne pour la zone (12 octobre 2017). Elle a été implantée après deux faux semis ; et l’autre partie a été semée une vingtaine de jours plus tard (30 octobre) après trois faux semis. Ce protocole est également appliqué par d’autres équipes régionales d’Arvalis sur vulpin et sur ray-grass avec parfois une troisième date de semis encore plus tardive mi/fin novembre (trop tardive pour la Sologne bourbonnaise). Sur chaque partie de la parcelle, nous avons testé nos programmes d’herbicides racinaires d’automne de référence.

Comment expliquer la recrudescence des graminées ?
C.M.J. : Sur la parcelle de l’essai, la population de vulpins est très dense de l’ordre de 1 200 vulpins/m² sur le témoin non désherbé semé à la date « classique » ! Cette situation résulte de nombreuses années de rotation courte, uniquement composée de cultures d’automne (colza, blé, orge), désherbées essentiellement en sortie d’hiver avec des sulfonylurées c’est-à-dire toujours avec le même mode d’action qui a provoqué l’installation de résistances et donc la baisse de l’efficacité de ces désherbages. C’est une situation très courante en Sologne, dans le Bocage et dans toutes les zones où l’on retrouve la rotation colza-blé-orge.

Cette résistance aux herbicides couplée au retrait du marché d’un certain nombre de molécules plaident donc en faveur de nouvelles pratiques culturales…
C.M.J. : Il est clair que le contexte actuel (installation de résistances aux herbicides, retrait de molécules et difficultés d’homologations, restrictions d’usage en sols drainés, absence de nouveaux modes d’action en perspective) fait que des pratiques agronomiques parfois auparavant jugées trop onéreuses, trop risquées du point de vue des fenêtres climatiques d’intervention dans les parcelles ou trop contraignantes pour l’organisation des chantiers, retrouvent un intérêt lorsque les herbicides n’apportent plus l’efficacité et la simplicité attendue.

Pour le cas précis du vulpin, quels enseignements peut-on tirer de vos essais ?
C.M.J. : Le semis tardif accompagné de trois faux semis entraîne une réduction de 87% de la densité de vulpins, comparé à semis normal couplé à deux faux semis. Dans les conditions de cet essai, cette année, la majeure partie de la nuisibilité des vulpins est donc levée grâce au seul décalage de la date de semis.

Faut-il décaler systématiquement les semis de blé ?
C.M.J : Si l’on ne préconise pas un décalage systématique de la date de semis du blé, on propose en tout cas d’envisager cette pratique dans les parcelles les plus infestées de vulpin et ray-grass, dans lesquelles le recours aux herbicides ne peut plus suffire, ainsi que dans les parcelles où l’on souhaite réduire l’usage et le coût des herbicides. Le levier décalage de la date de semis n’est toutefois pas toujours aussi efficace, selon les milieux, les années et selon s’il est associé ou non à d’autres leviers agronomiques. Il conviendra donc de regarder la synthèse des résultats multi-sites et pluriannuelle qui sera présentée dans les guides de préconisations régionales d’Arvalis, diffusées via le site et les messageries www.arvalis-infos.fr.

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