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Agricultrices : journée d’échanges sur une exploitation viticole

La commission régionale des agricultrices de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine s’est retrouvée le 8 juin chez Danielle Moncla, viticultrice à Capian (33). Accompagnées par Jacqueline Cottier, présidente de la CNA, et de Sophie Buffeteau, déléguée régionale aux droits des femmes, les agricultrices ont échangé sur les projets de la commission. Jacqueline Cottier et Pascale Durudaud reviennent sur cette journée.

Installée depuis 9 ans avec son frère sur l’exploitation de ses parents, c’est un retour sur les terres familiales pour Danielle Moncla. Sur ses 35 ha de vignes elle produit sous appellation Cadillac coteaux de bordeaux.
Installée depuis 9 ans avec son frère sur l’exploitation de ses parents, c’est un retour sur les terres familiales pour Danielle Moncla. Sur ses 35 ha de vignes elle produit sous appellation Cadillac coteaux de bordeaux.
© P. Dumont

Pascale Durudaud, Jacqueline Cottier quels étaient les objectifs de cette journée de travail ?
PD : Avant tout, il s’agissait de se retrouver entre agricultrices et d’aborder plusieurs sujets qui nous concernent ou encore nos projets pour l’année en cours. Nous avons également parlé de l’égalité hommes-femmes, et pour ça la commission régionale des agricultrices avait invité la déléguée régionale aux droits des femmes et à l’égalité. Cette question est d’autant plus d’actualité que les élections aux chambres d’agriculture se dérouleront début 2019. Pour la deuxième fois, les listes devront intégrer 30 % de femmes. Au final, 30 % des élus sont des femmes mais elles n’ont pas forcément la possibilité de siéger au bureau ou dans des commissions. Or, beaucoup voudraient s’investir plus.
JC : Nous avons besoin d’une parité effective dans l’agriculture et même si nous avons progressé, ce n’est pas encore le cas. Pour ça, il faut favoriser l’engagement des femmes. Le premier frein est souvent la femme elle-même car elle a peur de ne « pas être capable ». La commission des agricultrices est un tremplin, un lieu où l’on peut commencer à s’investir en étant plus à l’aise et gagner en assurance. Pour encourager cet engagement, je salue l’initiative des agricultrices néo-aquitaines qui ont réalisé un livret de témoignages, « Pourquoi j’ai osé ! ».

Le congé maternité est aussi un sujet important sur lequel vous avez beaucoup échangé ?
PD : Aujourd’hui, nous bénéficions de la même durée de congé maternité que les femmes salariées et avons la possibilité de faire appel au Service de remplacement pendant celui-ci. Pourtant, actuellement près de 40 % des agricultrices ne prennent pas ce congé auquel elles ont droit, pour diverses raisons.
JC : Certaines disent ne pas être au courant du dispositif de remplacement, d’autres ne veulent pas déléguer ou ne trouvent personne de qualifié. Enfin, le reste à charge pour se faire remplacer va jusqu’à 300 euros et tout le monde ne peut pas se le permettre… Fin 2017, Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a annoncé vouloir un congé maternité identique pour toutes. Mettre en place une indemnité au lieu du remplacement est une mauvaise idée. On sait que les femmes n’utiliseront pas forcément cet argent pour ça. Il ne faut pas que les agricultrices perdent ce qu’elles ont eu du mal à obtenir. Nous en avons également parlé aux deux sénatrices présentes lors de la visite de l’exploitation de Mme Moncla.

Vous aviez invité Sophie Buffeteau, directrice régionale aux droits des femmes à participer à vos débats, était-elle au fait de toutes ces questions ?
PD : Non, pas du tout. Cette rencontre a été riche en échanges et nous avons pu lui présenter notre action et nos projets. Nous espérons pouvoir collaborer dans l’avenir.
JC : Beaucoup de projets de la commission pourrait être menés en collaboration. Cela est déjà le cas dans d’autres régions. Des guides pour l’accès à la formation des femmes et jeunes filles, des chartes de bon voisinage ont été réalisés. La délégation aux droits des femmes peut nous aider à financer ces opérations de communication qui sont nécessaires pour recréer du lien avec le grand public.

Quel est votre bilan de la journée ?
JC : J’apprécie toujours de venir à la rencontre des collègues en région. J’ai été très contente de voir une commission motivée, dynamique et impliquée, ça fait du bien. Bien sûr, s’impliquer n’est pas toujours facile dans une grande région comme celle-ci mais on peut trouver des moyens d’agir différents. La Commission nationale est très attachée à l’écoute du réseau. Tout ne se fait pas à Paris !
PD : Les échanges ont été très positifs et de même que la visite chez Mme Moncla. C’est quelque chose qu’il nous faut reconduire, et c’est, je l’espère le début d’une collaboration avec la délégation régionale aux droits des femmes.
Propos recueillis par Pascale Dumont

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