Aérodrome Saint-Flour-Coltines : prendre de la hauteur au service de tous
Nouveau président du conseil syndical de l’aérodrome Saint-Flour-Coltines, Matthieu Dubreuil veut dépoussiérer cet équipement public et envisager son avenir.
Nouveau président du conseil syndical de l’aérodrome Saint-Flour-Coltines, Matthieu Dubreuil veut dépoussiérer cet équipement public et envisager son avenir.
Une image peu favorable ?
Ça coûte depuis trop longtemps aux contribuables et cela ne sert qu’à quelques personnes pas toujours compatibles entre elles. Et, quand il y a de l’activité, cela fait du bruit. Voilà l’image que se “traîne” depuis fort longtemps l’aérodrome de Saint-Flour-Coltines... quand les gens en connaissent son existence et savent le situer sur une carte. Les rares fois où il y a eu beaucoup de monde sur le tarmac, ce fut pour une rave party en 2001 et de trop peu nombreux meetings aériens. Cependant, la fréquentation ne se mesure pas au nombre de personnes mais à l’activité d’engins dans le ciel pour cet équipement, le seul de ce type dans le Cantal avec celui d’Aurillac-Tronquières.
Quelle place pour l’aérodrome?
Alors, de l’inutilité supposée à l’intérêt réel pour le territoire, pour Matthieu Dubreuil le choix est déjà fait en portant son doigt sur la seconde option. Successeur de Bernard Niocel, à qui il rend hommage pour avoir porté avec Christine Bachellerie les destinées de l’aérodrome de Saint-Flour-Coltines pendant plusieurs années, le nouveau président issu des rangs de la municipalité sanfloraine dit avoir pris la fonction “en connaissance de cause des responsabilités importantes”. Il fait en même temps part de son “envie de faire vivre cet équipement public qui ne doit pas servir les intérêts de quelques-uns mais bien le territoire et ses
habitants”(1). Et de préciser pour poser les choses : “Je ne suis pas pilote, je n’ai aucun intérêt personnel sur place. J’ai voulu simplement servir, quand le maire de Saint-Flour, Philippe Delort, m’a proposé de prendre la présidence car lui-même voit l’aérodrome comme un atout.”
Un projet de développement partagé
Matthieu Dubreuil émet plusieurs souhaits : travailler en équipe, faire cohabiter les activités déjà présentes sur place, fédérer les collectivités, faire venir et former les jeunes à l’aéronautique, dessiner un projet en mesure
de répondre aux attentes économiques, touristiques, d’éducation, de patrimoine. Il y a un certain nombre
d’équipements mais qui ne sont plus forcément adaptés pour l’accueil ou le stockage des aéronefs. Les deux hangars sont complets. La couverte en amiante de l’un d’eux pose d’ailleurs problème.
La première action de la nouvelle équipe est de réduire les budgets, afin de donner “confiance aux partenaires”.
Travailler dans la transparence
“Si nous avons un projet de nouvelle construction, ce qui est sur la table depuis quelques années avec un hangar de 3 000 m2, nous devons l’étudier dans une logique d’espace avec l’existant, d’utilisation à long terme avec de nouvelles activités, un intérêt économique à susciter auprès d’entreprises, souligne Matthieu Dubreuil. Ce qui suppose aussi de revoir l’existant hétéroclite avec des Algéco® à faire disparaître. Nous avons aussi à travailler l’événementiel sur place et à mettre en valeur les archives. L’aérodrome est un bien public et pour cela, nous nous devons de respecter l’engagement de nos prédécesseurs et d’être transparent.” Il y a donc du travail et pour la gestion, comme pour l’accueil, le conseil syndical souhaite recruter une personne en secrétariat.
(1) Élu le 19 avril, le conseil d’administration se compose de Didier Amarger et Jean-Luc Perrin, vice-présidents, Jean-Jacques Monloubou, Lydie Perrier, Mathieu Delaine, Laurent Bachelard, Didier Sergent.
REPÈRES
Créé en 1982, l’aérodrome de Saint-Flour-Coltines est porté financièrement par le Département, la Ville de Saint-Flour et des communes de la Planèze au prorata de leur population. Il représente un patrimoine de
2 M€, 100 000 € d’investissement et 250 000 € de fonctionnement annuels. Il bénéficie d’une emprise foncière de 30 hectares avec une piste de 1,3 km de long et 30 m de large bitumée, qui en fait sa particularité. Elle peut accueillir pour les plus gros engins des jets privés de huit places. Il reçoit 3 000 visiteurs et enregistre 6 000 mouvements (atterrissages et décollages) par an. C’est sur place plusieurs associations de pilotes ou de constructeurs amateurs, d’aéromodélisme, l’hébergement d’aéronefs, une entreprise de mécanique aéronautique, une d’instruction et de baptêmes ULM, une activité de char à voile, une autre de vols avec les oies et de vols en montgolfière (une quinzaine de salariés). Le tout alimenté par une station de carburants aéronautiques.