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« Faire du lait dans le Puy de Dôme »
Adapter son fourrage aux besoins du cheptel

Le Contrôle laitier du Puy-de-Dôme aide les producteurs à trouver l’équilibre entre les stocks fourragers et les besoins des animaux.

Optimiser son système fourrager à travers la réalisation d'un bilan est un des services techniques proposés par le Contrôle laitier du Puy-de-Dôme à ses adhérents. Pour  Guillaume Laudat, technicien dans les Combrailles, « c'est un outil indispensable pour optimiser l'utilisation des fourrages présents sur l'exploitation et améliorer ainsi la valorisation des surfaces ».

L'objectif du bilan fourrager est d'adapter l'utilisation des stocks de l'exploitation aux besoins des animaux. Techniquement cela consiste d'une part, à évaluer les stocks en foin et en enrubannage et, d'autre part, à calculer les besoins du cheptel sur une année complète. L'éleveur et le technicien établissent ensuite la répartition des quantités par catégorie d'animaux. A l'issue  de cette évaluation, deux solutions s'imposent : soit  l'exploitation est à l'équilibre avec une marge de sécurité qui lui permet de faire face à un imprévu (conditions climatiques...), soit le rapport stock/besoin est déséquilibré, l'éleveur doit alors compenser le manque de fourrage par un achat extérieur. Il peut aussi anticiper la réforme de certaines vaches.

Le bilan fourrager permet également à l'éleveur d'établir la ration hivernale. « Mais pour cela, il est important de connaître la vraie valeur de ses fourrages en les soumettant à des analyses auprès de l'EDE. C'est plus parlant et on peut travailler avec plus de précision » explique Guillaume Laudat

Au-delà de la gestion annuelle des fourrages, le bilan est aussi l'occasion d'engager une réflexion sur les solutions à mettre en place pour optimiser le système fourrager d'une exploitation et «es-sayer d'être le plus autonome possible ». « C'est un aspect essentiel qui conduit à améliorer la cohérence entre les surfaces et le cheptel, c'est-à-dire à produire la quantité et la qualité de fourrages nécessaires en fonction des besoins du cheptel et des contraintes de l'exploitation » complète le technicien. Techniquement, cela pas-se par une redéfinition des surfaces récoltées et pâturées et par des modifications dans les pratiques de fertilisation.

«Concrètement, la recherche de l'équilibre surface/cheptel peut conduire à revoir l'ensemble du système d'exploitation via une nouvelle utilisation des parcelles et une nouvelle conduite » commente Guillaume Laudat.

Il témoigne...

« Quand la ration de base est de qualité, le reste suit ! »

Sylvain Murat est un jeune agriculteur installé depuis février 2003, en Gaec avec son père et son frère sur la commune de Manzat. En attente de quotas supplémentaires, le Gaec devrait atteindre prochainement une production de 430 000 litres pour 70 vaches laitières Prim'Holstein.

Adhérent au Contrôle laitier du Puy-de-Dôme, Sylvain a pris l'option Bilan fourrager «afin de mettre toutes les chances de mon côté pour valoriser au mieux l'herbe et produire plus de lait à moindre coût » explique -t-il. « Notre exploitation est située en semi-montagne,  dans une zone à dominance herbagère. Nous avons donc intérêt à optimiser les prairies en les travaillant régulièrement. Mis à part quelques parcelles que l'on ne peut pas labourer, toutes ont été renouvelées. Et chaque année, nous réalisons  la rotation des parcelles avec la culture de triticale». Sur les conseils du technicien du Contrôle laitier, Sylvain a planté plus de légumineuses dans ses pairies afin de donner plus d'azote aux fourrages. Cette année, en raison des conditions climatiques, l'éleveur a été contraint de compléter son fourrage avec de la mélasse de sucre de canne pour améliorer l'appétence.

Pour Sylvain, l'amélioration de la production laitière dépend d'une conduite d'ensemble sur les prairies, la génétique et la technique. Trois points sur lesquels il travaille et qui ont permis au Gaec de passer d'une production de 5 500 kg/v à aujourd'hui près de 7 000 kg. « Quand la ration de base est de qualité au départ, le reste suit ! » conclut-il.

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