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Acclimater la forêt du Parc des Volcans au siècle à venir

Le parc naturel des Volcans d’Auvergne et l’ONF renforcent leur partenariat pour “sauver” la forêt auvergnate du changement climatique.

Préserver la forêt et ses multiplies usages contraint les partenaires à anticiper sur l’évolution climatique et ses conséquences sur la nature.
© b.parret

Partenariat

Lundi 13 octobre dans la forêt domaniale des gorges de la Rhue sur la commune de Montboudif, le parc naturel régional des Volcans d’Auvergne et l’Office national des forêts (ONF) signaient une convention de partenariat. Il est ainsi question de renforcer et d’intensifier une 
collaboration en faveur d’une gestion durable de la forêt publique située dans le périmètre du Parc. Cette convention triennale est signée pour favoriser une diversification des essences forestières entreprise par l’ONF grâce au contrat Vert et Bleu des Volcans d’Auvergne. Celui-ci est financé par la région Auvergne-Rhône-Alpes. L’objectif n’est plus dans la définition simple du durable mais, bien de l’urgence à sauver le milieu forestier des conséquences du changement climatique, cet espace de biodiversité aux multiples usages et vertus. Ce changement climatique, qui se caractérise notamment par une récurrence des périodes de fortes chaleurs, impacte désormais lourdement les écosystèmes. Pour preuve : depuis les gorges de la Rhue dans le Nord-Cantal, entre 700 et 900 mètres d’altitude, la route sinueuse pour atteindre le site de la signature laisse percevoir au voyageur les effets réels.  Des dizaines d’arbres morts sur pied et des îlots entièrement dévastés parsèment le paysage. Au sol, la mousse est totalement sèche, en ce milieu de mois d’octobre, habituellement propice à la cueillette des champignons. 
 

30 % de la surface du Parc


L’enjeu est de taille pour les deux partenaires. Tout d’abord, les surfaces forestières couvrent 130 000 ha soit 30 % de la surface du PNR des Volcans d’Auvergne. Un quart de cette forêt est publique, c’est-à-dire sectionale, communale ou domaniale. “Elle a beaucoup augmenté depuis le XIXe siècle du fait de la déprise agricole et de l’arrivée des énergies fossiles, rappelle Pauline Duwe, chargée de mission “forêt” au Parc. Dans la chaîne des Puys, elle couvre 50 % des surfaces contre 10 % il y a un siècle. Aujourd’hui, nous sommes à une stabilisation même si on note encore une légère croissance.”
La forêt constitue un réservoir de biodiversité, de continuité écologique pour de nombreuses espèces et de préservation des paysages, si important pour les visiteurs du PNR. Enfin, la forêt cumule des usages variés parfois sources d’incompréhension voire de conflits entre l’exploitation économique du bois, terrain de jeux et de loisirs, de la randonnée à la chasse. “Notre but est de préserver une richesse pour toute une filière et ses emplois, mais pas seulement”, conçoit Eike Wilmsmeier, directeur de l’agence montagnes d’Auvergne de l’ONF. C’est aussi un patrimoine naturel commun. 


Forêt de séquoia sur les monts d’Auvergne ? 


Aujourd’hui, la forêt auvergnate est-elle adaptée à une hausse des températures pouvant entraîner son asphyxie ? “Il y a urgence à agir pour notre propre forêt, anticiper lesévolutions pour dans 100 ans, argumente Eike Wilmsmeier.  Et peut-être en plantant des espèces plus résilientes comme du séquoia ou du cèdre du Liban, pourquoi pas, c’est aussi sauver ces espèces de leur milieu naturel également en danger car le changement climatique est mondial.”  
Ce partenariat consiste à la mise en place de nouvelles expérimentations. “Nous avons encore beaucoup à apprendre pour éviter certaines erreurs du passé, connaître l’adaptabilité des essences et évoluer en tenant compte de la pression des cervidés, les invasions de scolytes ou encore les effets du vent ou du soleil sur la croissance des plants”, prévient Jean Obstancias, chargé de mission à l’ONF. 

C’est le gage de la résilience des écosystèmes forestiers avec l’introduction d’une variété d’espèces, dont des essences plus méridionales."
 

Aider la nature en accélérant sa mutation


Dans la forêt domaniale des gorges de la Rhue (430 hectares), le programme consiste à passer d’une forêt mono-espèce à un patchwork d’essences, avec des arbres d’âges différents, à même de se protéger les unes les autres. On le voit aujourd’hui, les plantations d’épicéa, sensible aux fortes chaleurs, périssent sans alternative tout comme le sapin pectiné qui souffre lui de plus en plus d’un manque d’eau.
Depuis 2023, de petites parcelles, de quatre à huit ares, entourées d’un rideau d’arbres environnants, sont protégées des cervidés parfois par des clôtures de 2,5 mètres de haut ou des répulsifs, comme le présentait sur le terrain, lundi dernier, Lydia Morzières, responsable du secteur ONF de la Rhue. Les parcelles, dégagées et préparées, sur un sol très drainant dans ce secteur, accueillent des plants de pins sylvestres, d’érables, de chênes pubescents ou encore des douglas. “Nous sommes sur des essences qui poussent à plus basses altitudes mais nous pourrions en venir à des essences de régions plus chaudes pour véritablement anticiper pour dans 100 ans”, confie Eike Wilmsmeier. Le mixte avec de la régénération naturelle est aussi à l’étude avec le rôle que pourra jouer la nature, elle-même, et les oiseaux en particulier en favorisant l’ensemencement. Ces arbres une fois adultes deviendront aussi des “semenciers” donc source de diversité pour élargir à grande échelle, repiquer sur d’autres massifs forestiers... Et aider la nature à accélérer sa mutation. 

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