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Pastoralisme
3,6 M€ pour soutenir le pastoralisme dans le Parc des volcans

Le Parc des volcans d’Auvergne attire l’attention de ses éleveurs puydômois sur l’existence du Plan pastoral territorial d’Auvergne, qui subventionne les projets en lien avec le pastoralisme.

Troupeau ovin en estive dans le Sancy.
« Les estives permettent de valoriser les espaces qui ne le sont pas, de réduire la charge de travail des éleveurs et constituent un apport fourrager non négligeable » résume Élodie Mardiné, chargée de missions au Parc des volcans d'Auvergne.
© ©MélodieComte

Avec le réchauffement climatique, l’activité pastorale fait face à de nouveaux défis : difficulté d’accès à l’eau, chaleur, sècheresse, tourisme de fraîcheur... C’est dans ce contexte que le Plan pastoral territorial (PPT) des volcans d’Auvergne, lancé en 2022 pour cinq ans, entend accompagner le développement de l’élevage extensif sur l’ensemble du territoire du Parc Régional des volcans. Ce dispositif dispose d’une enveloppe de 3,6 millions d’euros, financée par l’Europe (Feader) et la Région Auvergne-Rhône-Alpes, pour subventionner à hauteur de 70 % les projets collectifs d’éleveurs cherchant à s’organiser, se former, s’équiper et aménager leurs parcelles en espaces pastoraux, mais aussi pour mieux communiquer sur leurs activités auprès des divers usagers.

Porté par le syndicat mixte du Parc naturel régional des volcans d’Auvergne, et animé par l’association Auvergne estives, le PPT est entré dans sa phase effective de soutien en 2023. Toutefois, s’il rencontre un vif succès dans le département du Cantal, il semble encore mal connu des éleveurs puydômois. « Sur 26 projets financés, 22 sont cantaliens et seulement quatre puydômois » rapporte Baptiste Deguin, directeur du Parc des Volcans. Cette différence, notamment due au fait que les locaux d’Auvergne Estives se situent côté Cantal, pousse le Parc à booster la promotion du dispositif côté Puy-de-Dôme. « Nous souhaitons que les agriculteurs du Puy-de-Dôme soient mieux informés et profitent eux aussi de ce plan très bien doté ».

Caractérisation et structuration des collectifs

Entre 2020 et 2021, le Parc régional des volcans d’Auvergne, le plus grand parc naturel en France métropolitaine, mène un vaste projet de caractérisation du pastoralisme au sein des Volcans d’Auvergne. 

« Nous avons découvert que 23 % du territoire faisait l’objet d’estives, soit environ 100 000 ha sur 400 000 ha » rapporte Élodie Mardiné chargée de missions au Parc.

 « 95 % de ces estives sont bovines, principalement allaitantes. Environ 115 000 animaux, toutes races confondues, y pâturent chaque année » précise-t-elle. L’étude a également révélé qu’une grande majorité des estives se déroulent sur des propriétés privées et sont initiées par des collectifs d’agriculteurs. « Seuls 15 % des collectifs sont structurés juridiquement (associations, syndicats, coopératives…) » détaille Élodie Mardiné. Si les éleveurs n’ont pas besoin d’une structure officielle pour bénéficier des subventions, « un de nos objectifs est d’accompagner ces collectifs informels dans l’obtention d’un statut officiel (association de loi 1901 par exemple), à des fins d’organisation et de gestion ».

Abreuvoirs et zones humides

Parmi les travaux d’aménagement subventionnables, on retrouve la création de points d’abreuvement, plus économes et respectueux des cours d’eau, comme c’est le cas des abreuvoirs gravitaires par exemple.

 « L’installation de tels abreuvoirs améliore le confort des bêtes et des éleveurs » estime Baptiste Deguin. « Ça peut passer pour du détail, mais au quotidien, cela fait toute la différence ».

Par ailleurs, le Parc s’attèle à redorer l’image des zones humides et subventionne le rebouchage des drains qui s’y trouvent, afin de les préserver. « Ces zones s’avèrent très utiles dans un contexte de réchauffement climatique, car elles agissent comme des éponges pour les abreuvoirs et les ruisseaux » souligne Élodie Mardiné, chargée de missions au Parc, spécialisée en abreuvement, franchissements et mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC). Les projets de captage, forage et autres adductions d’eau, font également partie du Plan.

Cabanes, dessertes et contention

Parmi les autres projets réalisables, la création et l’amélioration de cabanes pastorales fixes ou mobiles « participent à fidéliser les bergers présents 7j/7 lors des estives, quelles que soient les conditions météorologiques » ; l’installation de matériels de contention « facilite la réalisation de soins sur place » ; l’installation de clôtures sécurise les troupeaux et les systèmes de franchissement permettent aux randonneurs et chasseurs de circuler ; le broyage des friches et la création de chemins pastoraux.

Signalétique uniformisée et spécificités locales

Un autre objectif du PPT est d’améliorer l’interconnaissance entre les différents usagers du Parc, notamment entre les éleveurs et les promeneurs. Pour simplifier le travail pédagogique autour du pastoralisme, « nous souhaitons adopter la même signalétique que celle utilisée dans les massifs alpins et pyrénéens, afin de garder une homogénéité en termes de pictogrammes et de discours auprès des promeneurs » explique Élodie Mardiné.

En parallèle, le Parc travaille à la mise en œuvre d’une animation et d’une gouvernance locale adaptée à son territoire de moyennes montagnes. La création d’un label « Coup de cœur du Parc » est également en cours de réflexion, afin de valoriser la typicité des produits et services proposés sur le territoire.

 

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