2026, l'année qui a redessiné les vendanges des Côtes d'Auvergne
Alors que les vendanges 2026 s’achèvent dans le vignoble des Côtes d’Auvergne, le bilan provisoire témoigne de la précocité exceptionnelle imposée par le climat. Adaptation des cépages, irrigation et révision des zonages, le vignoble va devoir s'adapter pour survivre.
Alors que les vendanges 2026 s’achèvent dans le vignoble des Côtes d’Auvergne, le bilan provisoire témoigne de la précocité exceptionnelle imposée par le climat. Adaptation des cépages, irrigation et révision des zonages, le vignoble va devoir s'adapter pour survivre.
Les vendanges 2026 dans le vignoble des Côtes d’Auvergne touchent à leur fin, marquées par une précocité « jamais vue » et une organisation dictée par les caprices du climat.
« Les premières parcelles ont été vendangées autour du 17 août, et le gros du travail a démarré la semaine suivante, du 24 août au 4 septembre », explique Benoît Fesneau, animateur de la Fédération viticole.
Comme à son habitude, le Chardonnay a ouvert le bal, suivi de près par le Pinot. Ce sont toutefois les dates qui surprennent avec un calendrier avancé de 15 jours à trois semaines par rapport aux dernières années voire un mois par rapport à une année normale. « Les années normales, on ne sait plus trop ce que ça signifie », souligne d'ailleurs l'animateur avec une pointe d’ironie, rappelant que les repères traditionnels sont désormais brouillés par le dérèglement climatique.
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Canicule et sécheresse ont eu des impacts dévastateurs sur les vendanges des vins d'Auvergne
La géographie variée du vignoble, s’étendant de Riom à Boudes, engendre toujours des disparités dans les stades de maturité, accentuées cette année par la sécheresse. « Là où il y a eu de l’eau avec les orages, là où il y en a eu moins, ça change tout » précise Benoît Fesneau. Certains secteurs, comme Boudes ou le Crest, terminent encore leurs vendanges, tandis que d’autres les ont déjà achevés.
Les rendements, encore difficiles à estimer précisément, s’annoncent en baisse mais avec « une excellente qualité » pour les vins rouges qui représentent 80 % de l’appellation. Il faudra attendre les sorties de cuve, aux alentours de la fin septembre, pour y voir plus clair sur les volumes exacts.
« On peut avoir de bonnes ou de mauvaises surprises sur la quantité de jus dans les raisins, surtout en rouge » explique l'animateur.
Outre la sécheresse, la canicule de juin a joué un rôle clé. « Elle a tout grillé », résume Benoît Fesneau. Les fortes chaleurs ont provoqué des brûlures sur les baies, réduisant directement les rendements. Elles ont aussi stressé les vignes entraînant un effeuillage prématuré. « Comme n'importe quelle plante, la vigne ne supporte pas les chaleurs extrêmes. Elle se bloque », explique-t-il. Ce coup de chalumeau a rudement entamé l’enthousiasme des vignerons et viticulteurs du département qui, durant le printemps, avaient observé « une magnifique sortie de raisins ». La poursuite des fortes chaleurs durant l’été n'a pas amélioré les choses.
Le vignoble puydômois pari sur l'adaptation pour assurer son avenir
Face à ces défis, la fédération viticole travaille sur plusieurs fronts. L’irrigation, actuellement interdite en AOC Côtes d’Auvergne, est l’un des sujets prioritaires. « Le but est de pouvoir laisser la possibilité de le faire », indique Benoît Fesneau. Une modification du cahier des charges est en cours auprès de l’INAO pour intégrer cette pratique ainsi qu'une révision du zonage de l’appellation.
« L'idée est d'aller chercher des parcelles orientées plus au nord, avec un peu plus de sol », explique-t-il.
Plusieurs vignerons ont d'ailleurs d'ores et déjà arraché plusieurs parcelles de Pinot Noir implantées historiquement au sud. « Cette année encore, elles n'ont rien donné. Le cépage, en coteau sud, ne correspond plus aux réalités climatiques » À la place, la Syrah, cépage plus résistant à la chaleur, gagne du terrain.
« On a demandé une intégration plus large de la Syrah dans le cahier des charges de l’appellation pour conserver ces beaux terroirs plein sud » détaille Benoît Fesneau.
Une évolution qui pourrait, à terme, redessiner la carte des cépages dans le vignoble.
Désormais, les vignerons et viticulteurs puydômois attendent une réponse rapide de l’INAO pour préserver la qualité et la pérennité de leurs vins, malgré la multiplication des anomalies climatiques.
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