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Lentille verte du Puy
2010 rime avec hétérogénéité

D’ici la fin du mois, les premières lentilles seront moissonnées. Didier Brenas, producteur à Solignac-sur-Loire, nous parle de cette production emblématique.

De manière générale, la culture des lentilles vertes est très influencée par les conditions météorologiques. Didier Brenas, producteur de Lentilles Lertes AOC à Concis (commune de Solignac-sur-Loire) explique que pour la Lentille Verte du Puy, l'idéal serait de « faire les semis dans une terre bien aérée, pas trop humide de manière à ne pas trop la tasser ensuite ». Par la suite, lorsque les plants sortent de terre, ils ont besoin d'un peu de pluie pour se développer. Même chose au moment de la floraison, car l'eau va jouer sur les rendements et la qualité intrinsèque de la légumineuse. En quantité adéquate, l'eau permet d'obtenir un nombre plus élevé de gousses sur un même plant. Si un sol trop sec n'est pas bon, il faut souligner que la lentille verte du Puy n'apprécie l'humidité qu'à faible dose, ce qui exclut les longues journées de pluie, les orages, la grêle... pour un rendement optimum. Or, le printemps dernier s'est distingué par la fréquence et l'abondance des précipitations, ce qui n'a pas été sans conséquences.
« Cette année, il y a une grande hétérogénéité d'une parcelle à une autre, constate Didier Brenas, avec deux grandes tendances : soit un nombre important de mauvaises herbes en particulier le bleuet, soit le jaunissement et à terme la pourriture dans les zones les plus humides des champs. L'un et l'autre problème vont  probablement entrainer une baisse des rendements.»

Des fléaux : jaunissement et présence de mauvaises herbes


« En 2009, il y avait nettement moins de mauvaises herbes, on ne voyait pas de champs aussi bleus que cette année... Le jaunissement est toujours un peu présent mais de manière accentuée les années pluvieuses. Lors de la dernière récolte, qui n'était déjà pas très bonne, on avait eu un rendement moyen de 10,5 quintaux par hectare. On espère pas plus cette année, on pourrait même avoir un peu moins. En année normale, on se rapproche des 13 quintaux par hectare en moyenne. Toujours est-il qu'on ne pourra juger des rendements qu'une fois la moisson terminée. Sur mon secteur, on devrait pouvoir commencer à moissonner vers la fin du mois de juillet. Il est arrivé que l'on moissonne plus tôt dans l'été, mais quoi qu'il en soit, on reste dans les temps !  ».
Une fois la récolte de la Lentille Verte du Puy achevée, la production est rassemblée chez les conditionneurs, pour y être mise en silo. En Haute-Loire, on compte trois conditionneurs de lentilles « conventionnels », les Ets Sabarot-Wassner, Trescarte et Eurea, ainsi qu'un conditionneur bio, Celnat. Seule exception : les producteurs fermiers de lentilles verte du Puy, qui conservent leurs stocks chez eux. Des prélèvements sont réalisés par l'ODG chez les uns et les autres, en vue d'un examen par la commission organoleptique de l'organisme. Composée d'une vingtaine de membres, cette commission a pour mission d'observer et de juger les échantillons en fonction d'un certain nombre de critères inscrits au cahier des charges de l'AOC (couleur, marbrures, diamètre, pourcentage de déchets...). Au total, près de 80 échantillons sont analysés chaque année. Chacun est noté : si la moyenne des notes attribuées par les membres de la commission organoleptique est positive, l'échantillon obtient l'agrément AOC. A partir de là, cette portion de la production peut être conditionnée, puis commercialisée en tant que tel. Dans le cas contraire, elle est déclassée et sera écoulée comme simple lentille verte, mesure qui ne concerne toutefois qu'une minorité d'échantillons.

Un produit à défendre


Produit identitaire du territoire, source de revenu, la lentille verte du Puy, Didier Brenas y tient ! « Il faut conserver la culture de la lentille verte du Puy et la défendre. On a tout de même une AOC dessus, ce qui n'est pas rien. Elle reste à mes yeux une production d'avenir. C'est sur que c'est un peu comme une loterie : la lentille est une production exigeante, avec pas mal de contraintes. Les rendements sont difficiles à évaluer étant donné que la météo joue énormément. C'est aussi une légumineuse qui coûte cher à implanter, entre les prix des semences et ceux des produits phytosanitaires. Mais en année normale, c'est une production rentable, qui amène une part de revenu non négligeable. »

Présentation de l’expoitation

Installé depuis 1988,
Didier Brenas travaille avec son épouse au sein d’une exploitation familiale située à Concis, sur la commune de Solignac-sur-Loire.
Production : lait ; céréales auto-consommées (blé et orge) ; lentilles (autour de 8 ha/an, en fonction de la rotation des parcelles) ; poulets label rouge.
SAU : environ 60 ha
Didier Brenas est administrateur du groupement des producteurs de lentilles et membre de l'Organisme de Défense et de Gestion Lentilles Vertes du Puy.

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