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« Je suis passée de conjointe collaboratrice à salariée agricole, avant de devenir associée, à mon installation dans les Pyrénées-Atlantiques »

Le conjoint ou concubin d’un chef d’exploitation peut adopter plusieurs statuts sociaux en fonction du temps consacré et de son niveau d’implication. Témoignage de Fanny Auclair, agricultrice à Domezain-Berraute, dans les Pyrénées-Atlantiques, qui nous explique ses choix.

<em class="placeholder">Mathieu Etchegaray à gauche et Fanny Auclair, à droite, associés du Gaec Hachtoya à Domezain-Berraute</em>
De conjointe collaboratrice à associée en passant par salariée agricole, Fanny Auclair est passée par plusieurs statuts sociaux sur l'exploitation de son compagnon, Mathieu Etchegaray. Ils sont désormais coassociés au sein d'un Gaec.
© N. Savin

« Dès 2018, j’étais conjointe collaboratrice de mon compagnon, Mathieu Etchegaray, céréalier (maïs, soja, méteil grain) et éleveur de Blondes d’Aquitaine et Highlands, en agriculture biologique, au sein de l’EARL Hachtoya, dans les Pyrénées-Atlantiques. Ce statut a un coût (28,5 % de l’assiette fiscale du conjoint, ndlr), mais le but était de m’assurer toute l’année en cas d’accident, quels que soient le jour et la tâche (livraison, étable, tracteur). D’autre part, je gagnais quelques points de retraite, et ça m’a également ouvert le droit à des formations Vivéa.

Un jour par semaine consacré à la ferme en tant que salariée

Durant ces années de conjointe collaboratrice, je donnais seulement des coups de main, car je travaillais aussi à temps plein comme salariée dans une organisation agricole. Puis à la naissance de notre fille, en 2022, j’ai pris un congé parental à temps partiel, dans le but de continuer à assurer les tâches que j’avais prises en main, tout en jonglant avec cette nouvelle vie de famille. Pour le justifier, l’EARL m’a signé un contrat de travail salarié d'un jour par semaine. J’ai beaucoup aimé cette journée fixe dédiée à la ferme. Notre fille était à la crèche, le matin j’enfilais la cotte pour une longue journée. J’y ai pris goût. Rien à voir avec les coups de main le soir et les week-ends, à la va-vite, pour soulager Mathieu, comme quand j’étais conjointe collaboratrice. On a pu réaliser des chantiers à deux. J’ai mieux compris et suivi à la ferme.

De l'EARL unipersonnelle au Gaec entre époux

Pendant un an et demi, inconsciemment j’ai créé mon poste de travail, en développant notamment la vente directe de colis de viande. Au bout de quelques mois, ce contrat de travail est devenu un test. Étions-nous capables de travailler ensemble ? Pouvions-nous décider sur un pied d’égalité de l’assolement, de la gestion du pâturage, de la conduite de l’élevage ?

Ces différents statuts ont correspondu à différentes étapes de mon implication dans l’exploitation. Cette progression a fait naître ma vocation. Et donc depuis novembre 2025, je suis jeune agricultrice, associée. Nous en avons profité pour transformer l’EARL unipersonnelle de Mathieu en Gaec entre époux.

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