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Commerce mondial de grains
Récolte argentine : au moins 14 Mt de blé pourraient être disponibles pour l’export dès janvier 2021 

Avec une moisson de blé argentine 2020/2021 prévue de 21 Mt, le solde exportable du pays sud-américain pourrait être volumineux et partirait comme cette année surtout au Brésil et en Indonésie. 

© Sandra_M_H (Pixabay)

Consultées en Argentine sur les prévisions de production de blé de la campagne 2020/2021, au moment où deux tiers des surfaces sont emblavées, nos sources confirment le pronostic de l’USDA autour de 21 millions de tonnes (Mt). « Un volume énorme qui dégagerait un solde exportable de 14 Mt, voire supérieur à 15 Mt », commente Leandro Pierbattisti, ancien de France Export Céréales et actuel gérant du cabinet Le Pier Solutions. 

La deuxième partie de campagne d’exportation des blés argentins récoltés en décembre et janvier derniers n’est même pas conclue, et les industriels basés sur les rives du fleuve Paraná ont déjà acheté, au 18 juin dernier, 12,2 Mt de la future moisson et inscrit près de 2 Mt devant être embarquées à partir de 2021, selon Gustavo Idígoras, le président du Centre des exportateurs de céréales. « La levée des restrictions gouvernementales limitant auparavant le volume des exportations de céréales depuis 2015 a donné de la visibilité aux opérateurs et les marchés se dessinent toujours plus à l’avance », décrypte Leandro Pierbattisti. 

Notons que la remise en place de telles restrictions n’est pas à exclure dans le contexte actuel de grave crise économique que traverse l’Argentine dirigée par un gouvernement péroniste. (lire aussi /ladepeche/intervention-expropriation-nationalisation-le-plan-du-gouvernement-argentin-pour-vicentin)

L’affirmation du débouché indonésien comme deuxième destination à l’export du blé argentin, derrière le Brésil qui capte encore le tiers des envois, essentiellement des farines, aura marqué cette campagne finissante 2019/2020. Celle à venir devrait confirmer cette tendance qui concerne le Sud-est asiatique en général avec Singapour comme hub. 

Ainsi, la concurrence du blé argentin sur les marchés nord-africains devrait rester hypothétique malgré son flux traditionnel quoique erratique vers l’Algérie qui fut, cette année, quasiment nul. Le coût du fret océanique, en effet, pénalise l’origine sud-américaine en Afrique du Nord face aux blés français et ceux de la Mer Noire. 

Avec une sole de blé argentine en cours d’implantation prévue de 6,7 millions d’hectares (Mha), selon la Bourse aux céréales de Buenos Aires, qui l’a réduite de 200 000 ha la semaine dernière, et un rendement historique moyen de 3,1 t/ha aisément dépassable au vu de conditions pédoclimatiques somme toute favorables dans la région pampéenne centrale et au sud de la province de Buenos Aires suite aux mois pluvieux de mars, avril et mai, « une grosse moisson de blé est attendue en Argentine, laquelle débutera au nord du pays sud-américain dès octobre prochain », atteste le consultant Ernesto Ambrosetti, ex directeur du service économique de la Société rurale argentine. 

Faute de classification préalable des lots de blé argentin en fonction de leur taux de protéine, ceux-ci seraient mal valorisés à l’export par rapport aux origines nord-américaines notamment. « Certes, il n’y a pas de book des blés argentins, mais les lots sont bien sûr sélectionnés et mélangés au sein des silos portuaires et font l’objet d’un grading rigoureux dans les OS au niveau du gluten, avertit Leandro Pierbattisti. Le blé argentin s’exporte dans une soixantaine de pays à des taux de protéine variant de 11% à 13% », précise-t-il.

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