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Pourquoi les ports français sont de plus en plus appréciés sur la scène internationale ?

L’édition 2022 du Baromètre de perception des chargeurs sur le transport maritime a été réalisé dans le cadre du Maritime Day, qui s'est déroulé le 29 mars au SITL 2023.

Inauguré le 30 mars 2006, Port 2000 sur la place portuaire du Havre d'Haropa Port est un port en eau profonde dédié au trafic de conteneurs, qui accueille les plus gros porte-conteneurs en monde, 7 jours/7, 24 heures/24, sans contrainte de marée.
© Haropa Port

L’édition 2022 du Baromètre de perception des chargeurs sur le transport maritime, réalisé par l’AUTF et le cabinet Eurogroup Consulting, confirme la place d’Haropa Port, GMP Marseille-Fos et Port d’Anvers sur le podium des places portuaires concernant les flux au départ ou à destination de la France. Ces trois ports sont davantage utilisés que l’an dernier avec respectivement +4 points (à 74 %), +13 points (à 70 %) et +9 points (à 74 %) par rapport au baromètre de 2021. On peut noter que le port de Dunkerque a pris une place plus importante d’un an sur l’autre, avec une progression de 34 points (à 52 %).

Les coûts, premier critère de choix d’un port

Concernant les principaux critères de choix d’un port par le panel, les deux premiers demeurent les coûts – coûts du fret maritime puis coûts du pré/post acheminement – mais dans l’ordre inverse par rapport à l’édition 2021 du baromètre. Si les taux de fret maritime ont atteint des sommets en 2021, ils n’ont cessé de diminuer depuis mars 2022, revenant à des niveaux proches de 2019 (soit avant la crise du Covid-19) pour les trajets trans-Pacifique et Asie-Europe, les taux de fret maritime sur les trajets trans-Atlantique restant à un nouveau élevé. « Nous sommes repassés à des marchés acheteurs », commente Anne-Sophie Fribourg, présidente de la commission maritime de TLF et directrice fret maritime de Zencargo. Et d’ajouter : « Nous allons, de mon point de vue, vers une stabilisation des taux de fret maritime, un juste prix tenant compte des coûts de transport et d’un service de qualité ». Un avis qui n’est pas entièrement partagé par Claus Ellemann-Jensen, directeur général d’Hapag-Lloyd : « Les armateurs construisent beaucoup de navires dans un marché maritime en baisse : cela ne va pas dans le sens d’une stabilisation des taux de fret, à mon avis. Si nous pouvons trouver une stabilité des coûts de transport avec notre clientèle sur le moyen et long terme, le marché du spot restera volatile ».

Le troisième critère de choix concerne la fluidité des opérations (manutention, douane…), paramètre qui n’apparaissait pas dans le top 5, l’an dernier. « La congestion des ports français, qui était la problématique la moins importante lors de l’édition précédente (marquée par un contexte particulier avec la Covid-19), devient la deuxième problématique la plus prégnante [en 2022] », indique l’enquête d’opinion. La congestion des ports en Europe prend, quant à elle, la cinquième place des problématiques rencontrées en 2022. « A la congestion maritime, il faut ajouter la congestion des opérations de manutention », souligne Stéphane Raison, directeur général et président du directoire d’Haropa Port. Et d’expliquer : « Pour y remédier, il faut faire du report modal car on ne pourra pas passer de 1500 camions par terminal à 3000 ! Par ailleurs, le report modal a du sens dans la stratégie bas carbone des chargeurs. C’est une question de temps, il faut être patient mais c’est la seule solution ».

Il faut souligner que « près de la moitié du panel (44 %) a dû trouver des alternatives pour 30 % ou plus de ses opérations de transport en 2022 ». Dans l’édition 2021, qui prenait en compte l’année 2020 et le premier semestre 2021, la situation était « plus dégradée avec plus de la moitié du panel dans cette situation ».

Amélioration de la notoriété des ports français

Si 63 % du panel se dit « satisfait » ou « très satisfait » des places portuaires françaises (+6 points d’une édition sur l’autre), il existe de fortes disparités. Le port de Dunkerque reste le port le plus plébiscité, avec 94 % du panel qui se dit « satisfait » (56 %) à « très satisfait » (38 %), soit un gain de 6 points entre les éditions 2021 et 2022. Le port de Marseille-Fos gagne également en notoriété (+18 points), avec 80 % du panel qui se déclare « satisfait » (70 %) à « très satisfait » (10 %).

En revanche, Haropa Port chute dans le sondage, avec une perte de 15 points de satisfaction : seuls 28 % des chargeurs sont « satisfaits » (23 %) à « très satisfaits » (5 %). « Il faut bien prendre en compte qu’il s’agit d’un baromètre de perception, c’est-à-dire du sentiment des chargeurs à un moment donné dans un contexte donné », tempère Jean-Michel Garcia, délégué aux transports internationaux de l’AUTF. Et d’expliquer : « Haropa Port a enregistré une baisse de sa qualité de services car des évènements avant l’été ont dégradé la situation ». Le syndicat général des travailleurs portuaires du port du Havre a de fait déposé, le 31 mars 2022, un préavis de grève reconductible pour une entrée en vigueur le 5 avril. Le syndicat s’opposait à la direction portuaire sur la question des emplois et la suppression des heures supplémentaires, selon un article en ligne du média Le Marin, publié le 6 avril 2022.

Des axes de progrès en nombre

Si les trois principaux axes de progrès des ports français sont similaires à ceux de la précédente édition du baromètre, leur classement varie : l’ "Offre d’escale", en troisième position dans le baromètre 2021, passe en première place, en lieu et place de la "Fluidité du passage de la marchandise" qui passe en deuxième position d’un an sur l’autre ; la "Transparence des coûts" descend de la deuxième à la troisième marche du podium. La "Transparence sur le déroulement des opérations" monte d’un cran et atteint la quatrième place du top 5, avec la notion complémentaire de "Mise à disposition d’informations aux chargeurs". Le "Traitement des marchandises" se retrouve ainsi en cinquième position, perdant une place.

Au-delà de ces cinq principaux axes de progrès, « les enjeux de la RSE et les évolutions du contexte énergétique constitueront des critères clés pour le choix de transport maritime en 2023 et au-delà », indique le baromètre. Ainsi 30 % du panel déclare que les enjeux de la RSE pourraient influencer le choix du mode maritime dans les années à venir. Sur le top 4 des facteurs d’évolution pouvant décider les chargeurs à privilégier le fret maritime, les "Enjeux de la RSE" occupe la première place, suivi par l’"Evolution du contexte énergétique (prix et disponibilité des énergies)" et les "Facteurs géopolitiques". La "Relocalisation et la réindustrialisation" apparaissent en dernière position.

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